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ENQUÊTE : L’équipe secrète des drones ukrainiens qui frappe à 2000 km dans la Russie
Crédit: Adobe Stock

De la nécessité à la stratégie : 2022-2024

La campagne de frappes profondes ukrainiennes n’est pas née ex nihilo. Elle a émergé d’une nécessité opérationnelle brutale : comment répondre aux frappes russes sur les infrastructures civiles ukrainiennes quand on n’a pas d’aviation de combat capable d’atteindre les lanceurs de missiles sur le territoire russe ? La réponse ukrainienne a été pragmatique : développer des drones longue portée capables de frapper à des distances que les armées conventionnelles atteignent avec des chasseurs-bombardiers.

Les premiers drones longue portée ukrainiens, en 2022 et 2023, étaient relativement rudimentaires — capables d’atteindre les régions frontalières russes mais limités en portée et en précision. En 2024, les frappes atteignaient régulièrement 500 à 1 000 km en profondeur. En 2025, des cibles à Kazan, en Tatarstan, à plus de 1 200 km, ont été frappées. En 2026, la gamme opérationnelle dépasse régulièrement les 1 500 km, et le Flamingo FP-5 revendique une portée théorique de 3 000 km. Cette progression exponentielle est le fruit d’un investissement national massif dans la recherche-développement et la production industrielle de drones.

Le modèle hybride public-privé ukrainien : une innovation institutionnelle

L’une des caractéristiques les plus remarquables de la campagne de frappes profondes ukrainienne est son modèle organisationnel. Contrairement aux programmes d’armement occidentaux, qui suivent des cycles d’acquisition bureaucratiques pouvant durer des années, l’Ukraine a développé un modèle hybride où des entreprises privées collaborent en temps réel avec les structures militaires. Des startups comme Fire Point (concepteur du Flamingo), des équipes universitaires en génie aérospatial, et des volontaires de la diaspora ukrainienne ont contribué aux développements technologiques qui alimentent aujourd’hui la campagne.

Ce modèle a une contrepartie évidente : les usines privées sont des cibles. La Russie a frappé à deux reprises les installations de Fire Point, détruisant deux ateliers de production et causant d’importantes pertes financières. La réponse de l’entreprise a été de disperser sa production sur de multiples sites, de développer une logistique résiliente, et de continuer à produire malgré les destructions. Denis Shtilierman, co-fondateur de Fire Point, a confirmé dans des interviews que de nouveaux moteurs seraient en production de masse d’ici octobre 2026, et qu’une usine de carburant pour fusées au Danemark attend ses dernières autorisations. La guerre a forcé l’entreprise à se mondialiser.


Fire Point qui installe une usine de carburant pour fusées au Danemark pour échapper aux frappes russes — c’est l’histoire parfaite de cette guerre industrielle dispersée, résiliente, impossible à détruire complètement. Poutine peut frapper une usine. Il ne peut pas frapper simultanément une usine ukrainienne, un atelier danois et une équipe d’ingénieurs dispersée sur trois pays.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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