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BILLET : L’Amérique expulse des Iraniens vers l’un des pays les plus dangereux au monde
Crédit: Adobe Stock

Un pays classé niveau 4 par son propre partenaire

La République centrafricaine est l’un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde. Depuis la guerre civile de 2013 — déclenchée après un coup d’État contre le président François Bozizé l’année précédente — le pays n’a jamais retrouvé une stabilité durable. Le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra entretient depuis une décennie des liens étroits avec les paramilitaires russes du groupe Wagner — présents dans le pays depuis 2018 et accusés de nombreux abus contre la population civile. Le département d’État américain lui-même a reconnu que partout où le groupe Wagner opère, il y a une forte hausse des morts civiles.

Ce paradoxe est saisissant : les États-Unis déportent des ressortissants iraniens vers un pays sous l’influence du groupe Wagner — les mercenaires russes que Washington dénonce par ailleurs comme une menace pour la sécurité mondiale. Ces femmes iraniennes qui fuyaient un régime lié à la Russie se retrouvent dans un pays contrôlé par des paramilitaires russes. C’est une cohérence politique qui mérite qu’on s’y arrête. La politique étrangère américaine, dans toute sa complexité contradictoire, a abouti à envoyer des opposants au régime iranien dans le giron de Wagner.

L’accord opaque entre Washington et Bangui

L’accord migratoire entre les États-Unis et la République centrafricaine a été conclu discrètement. Christian Jové Ehrhardt, Deputy Assistant Secretary au Bureau of Population, Refugees, and Migration du département d’État, a effectué une visite discrète à Bangui le 18 mai pour finaliser cet accord. Les termes sont restés confidentiels — ni la présidence centrafricaine ni le département d’État n’ont répondu aux demandes de commentaire du Le Monde, qui a révélé l’affaire le 13 juin 2026.

Ce que l’on sait : le groupe d’environ vingt migrants doit être logé dans des appartements. L’Organisation Internationale pour les Migrations doit fournir une aide humanitaire à la demande du gouvernement centrafricain. Les États-Unis ont versé à l’OIM 85 millions de dollars en mars pour des « activités d’assistance humanitaire à l’étranger au profit des réfugiés, victimes de conflits ». L’argent américain finance donc l’accueil dans un pays que les États-Unis eux-mêmes classent au niveau de danger maximum. La cohérence n’est pas le fort de cette politique.


Un accord migratoire secret avec l’un des pays les plus dangereux du monde, finalisé lors d’une visite discrète, avec des termes confidentiels. Quand la transparence est ainsi absente, c’est généralement parce que ce qu’on fait ne supporte pas la lumière.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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