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RÉCIT : Le nucléaire iranien — 60 jours pour résoudre ce que 20 ans de diplomatie ont échoué à faire
Crédit: Adobe Stock

Du JCPOA au chaos : une chronologie de l’échec

Pour comprendre pourquoi les 60 jours sont si ambitieux, il faut mesurer ce que vingt ans de diplomatie nucléaire iranienne ont produit. En 2015, le JCPOA (Plan d’action global commun) avait semblé résoudre le problème : l’Iran réduisait ses capacités d’enrichissement et acceptait des inspections intrusives de l’AIEA en échange de la levée des sanctions. La signature du JCPOA avait été saluée comme une victoire diplomatique de premier ordre. En 2018, Trump (première administration) avait retiré les États-Unis de l’accord et réimposé les sanctions — décision qu’il avait justifiée par les insuffisances du texte sur les missiles balistiques et les activités régionales iraniennes.

Depuis le retrait américain de 2018, l’Iran a méthodiquement reconstitué et dépassé ses capacités d’enrichissement. Des centrifugeuses avancées ont été installées. Le niveau d’enrichissement de l’uranium est monté bien au-delà des limites du JCPOA. L’AIEA a perdu l’accès à plusieurs sites clés, notamment après les frappes israélo-américaines sur les installations nucléaires iraniennes lors du conflit de l’été précédent. À l’été 2026, l’Iran dispose de stocks d’uranium hautement enrichi stockés dans des installations souterraines dont certaines ont été partiellement endommagées. La supervision internationale avait été suspendue. C’est ce contexte-là, pas celui de 2015, que les négociateurs de Bürgenstock cherchaient à corriger.

Les frappes de l’été 2025 et leurs conséquences

Le récit de la situation actuelle ne peut pas faire l’impasse sur les frappes israélo-américaines sur les installations nucléaires iraniennes de l’été 2025. Ces frappes ont partiellement endommagé certaines installations mais n’ont pas éliminé la capacité iranienne — une réalité que les experts en non-prolifération avaient anticipée. Elles ont conduit l’Iran à suspendre sa coopération avec l’AIEA. Elles ont provoqué la fermeture temporaire du détroit d’Hormuz par l’Iran, entraînant une envolée des prix pétroliers à plus de 100 dollars le baril. Et elles ont, paradoxalement, créé la pression qui a poussé les deux parties à revenir à la table des négociations — la détresse économique iranienne et la pression américaine sur les marchés énergétiques.

Le directeur général de l’AIEA a confirmé que l’accord accorde à l’agence l’accès aux sites d’enrichissement iraniens. Mais il a précisé que «des discussions difficiles restent à mener» sur l’accès aux sites bombardés — dont certains contiennent potentiellement des stocks d’uranium hautement enrichi dans des installations partiellement effondrées. Des images satellites captées en juin 2026 semblent montrer des camions transportant des conteneurs d’uranium enrichi vers le complexe souterrain d’Esfahan — un mouvement qui complique précisément l’inventaire que l’AIEA voudrait établir.


Le paradoxe de cette situation est vertigineux. Les frappes sur les installations nucléaires iraniennes — censées réduire la menace — ont créé une situation dans laquelle il est maintenant plus difficile de savoir où se trouve l’uranium enrichi iranien qu’avant les frappes. On a frappé pour compliquer le programme, et on a surtout compliqué le contrôle du programme. C’est une leçon sur les effets non-linéaires des frappes préventives que les stratèges militaires auraient dû intégrer bien avant d’appuyer sur le bouton.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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