EO 14154 : « Unleashing American Energy » — le coup d’envoi fossile
Le 20 janvier 2025, dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump a signé l’Executive Order 14154, intitulé « Unleashing American Energy ». Ce décret a ordonné aux agences fédérales de démanteler les restrictions sur la production de pétrole, de gaz et de charbon, d’accélérer les permis d’extraction de combustibles fossiles, et d’identifier les réglementations liées au climat pour les éliminer. Il a également annulé des mesures de la précédente administration Biden en matière d’énergies propres et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
En termes concrets, ce décret représente un renversement complet de la politique climatique fédérale américaine. Des mandats du Congrès — certains adoptés dans la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act) et dans la loi sur les infrastructures — exigeaient des agences fédérales qu’elles développent les énergies renouvelables et réduisent les émissions. Ce décret a donné aux agences la liberté de minimiser ou d’ignorer ces mandats législatifs, ce que les plaignants ont qualifié d’ultra vires — agissant au-delà de l’autorité constitutionnelle du président face aux lois du Congrès.
EO 14156 et EO 14261 : urgence énergétique et renaissance du charbon
Le EO 14156, « Declaring a National Energy Emergency », a invoqué des pouvoirs d’urgence pour accélérer les permis d’extraction de combustibles fossiles, contournant des processus réglementaires normaux qui permettent une évaluation environnementale. Cette déclaration d’urgence énergétique — dans un pays qui est déjà le premier producteur mondial de pétrole et de gaz — a été critiquée comme une manipulation politique de la notion d’urgence pour court-circuiter les protections environnementales.
Le EO 14261, la « renaissance de l’industrie américaine du charbon propre », a ordonné aux agences fédérales d’identifier et de supprimer les restrictions sur la production de charbon, de soutenir les centrales électriques au charbon, et de promouvoir l’exportation de charbon américain. Dans un contexte où la plupart des analystes économiques constatent que le charbon est structurellement en déclin face aux énergies renouvelables moins coûteuses, ce décret a été analysé comme une décision politique plutôt qu’économique — une promesse tenue à des circonscriptions électorales spécifiques dans des États comme la Virginie-Occidentale et le Wyoming.
Je ne comprends pas l’économie du charbon en 2026. Je veux dire : je ne comprends pas comment, à une époque où l’énergie solaire est moins chère que presque toutes les autres sources, un président peut signer un décret pour « réinvigorer » l’industrie du charbon et prétendre que c’est de la bonne politique. Ce n’est pas de l’énergie. C’est de la politique électorale déguisée en politique énergétique. Et les jeunes qui en paieront le prix n’ont pas voté pour ça.
La décision du 9e Circuit : raisonnement et fondements juridiques
La qualité pour agir — le verrou juridique infranchissable
Le motif principal du rejet par le 9e Circuit est l’absence de qualité pour agir (standing) des plaignants. Pour avoir qualité pour agir devant les tribunaux fédéraux américains, un plaignant doit démontrer trois éléments : une blessure concrète et particularisée, un lien de causalité entre la conduite contestée et cette blessure, et la possibilité que la décision judiciaire demandée redresse effectivement la blessure. C’est le troisième élément — la redressabilité — qui a été jugé insuffisant.
La cour a conclu que le lien entre les trois décrets exécutifs et les blessures climatiques spécifiques alléguées par les plaignants était « trop spéculatif ». Les agences fédérales pourraient ou non agir de telle ou telle façon en réponse aux décrets. Les actions des agences pourraient ou non affecter les émissions de CO2 de telle façon précise. Les émissions pourraient ou non se traduire en telles blessures spécifiques pour ces plaignants particuliers. À chaque étape de la chaîne causale, la cour a trouvé trop de spéculation et pas assez de certitude pour satisfaire aux exigences constitutionnelles de la qualité pour agir.
La séparation des pouvoirs et le refus de superviser la politique énergétique
Le deuxième motif du rejet concerne la séparation des pouvoirs. Le panel a conclu que l’injonction demandée par les plaignants — bloquer les trois décrets et des centaines d’actions d’agences fédérales prises en application de ces décrets — exigerait un « contrôle judiciaire étendu » de la politique énergétique fédérale. La cour a établi un parallèle avec l’affaire Juliana v. United States, une longue bataille judiciaire climatique que le même 9e Circuit avait rejeté en 2024 pour des raisons similaires, concluant que le judiciaire ne peut pas remplir le rôle d’un organe de surveillance de la politique climatique nationale.
La cour a qualifié la demande des plaignants de « sans précédent » : « En contestant effectivement des centaines d’actions actuelles et anticipées des agences dans un seul recours, les plaignants cherchent à contourner les règles de compétence et de procédure que le Congrès a établies pour les contestations des actions des agences. » C’est un argument procédural plutôt que substantiel — la cour ne dit pas que les décrets sont constitutionnels. Elle dit que cette façon de les contester n’est pas recevable.
Il y a quelque chose de profondément frustrant dans cette décision. La cour dit : vous ne pouvez pas contester des centaines d’actions d’agences dans un seul recours. Mais si vous les contestez une par une, vous aurez besoin de centaines de recours et de décennies de procédures. Pendant ce temps, le changement climatique continue. La logique procédurale écrase la réalité temporelle du problème. Et personne ne semble inconfortable avec ça.
La réaction des plaignants et de leurs avocats : critique cinglante
Our Children’s Trust : la cour a failli à sa mission
Our Children’s Trust, l’organisation juridique de Portland, Oregon qui représente les plaignants, a réagi à la décision avec une condamnation sans appel. Dans un communiqué de presse, l’organisation a déclaré que la cour avait « claqué la porte aux visages des enfants qui se battent pour leurs vies » et leur avait dit de « déposer des centaines de recours contre chaque action d’agence portant les ordres présidentiels inconstitutionnels ». Cette critique met le doigt sur la contradiction fondamentale de la décision : si des poursuites individuelles contre chaque action d’agence sont la seule voie acceptable, alors la voie judiciaire pour contester une politique climatique présidentielle coordonnée est pratiquement fermée.
L’organisation a également fait valoir que la cour avait ignoré des décisions récentes de la Cour suprême et de son propre circuit qui auraient soutenu la position des plaignants. Elle a souligné que la cour n’avait pas décidé si les décrets exécutifs étaient constitutionnels ou non, ni nié que les plaignants étaient blessés par la conduite du gouvernement fédéral ou que le changement climatique causait une urgence de santé infantile. Elle a simplement rejeté l’affaire sur des motifs procéduraux.
Le juge de district Christensen : un rejet « à contrecœur »
Le contexte du rejet par le juge de district Dana Christensen — dont la décision d’octobre 2025 a été confirmée par le 9e Circuit — est particulièrement révélateur. Christensen avait lui-même qualifié son rejet de « à contrecœur », déclarant que les plaignants avaient présenté « des preuves accablantes que le climat change à un rythme vertigineux, et que ce changement résulte de l’augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique, causée par la production et la combustion de combustibles fossiles. » Le tribunal avait dit qu’il était « troublé par les préjudices très réels du changement climatique ».
Un tribunal qui reconnaît les preuves, reconnaît les préjudices, et rejette quand même — « à contrecœur » — parce que la loi telle qu’il la comprend ne lui permet pas de remédier à ces préjudices : c’est là que se situe la tension fondamentale entre le droit existant et l’urgence climatique. Le 9e Circuit a ensuite confirmé cette position, ajoutant que le lien causal était trop spéculatif. La réalité climatique vécue par les plaignants et la réalité juridique évaluée par les tribunaux semblent exister dans des univers parallèles.
Un juge qui dit « je rejette à contrecœur, les preuves sont accablantes, mais la loi ne me permet pas de remédier à ça » — c’est la définition même d’un système juridique qui a atteint sa limite. Ce n’est pas une critique du juge. C’est une constatation que le droit, tel qu’il est conçu, n’est pas dimensionné pour répondre à l’échelle et à l’urgence de la crise climatique. Et cette constatation devrait nous alarmer.
Lighthiser v. Trump dans le contexte de la jurisprudence climatique américaine
De Juliana à Held : une trajectoire d’espoirs et de déceptions
Pour comprendre la signification de Lighthiser v. Trump, il faut la replacer dans le contexte plus large de la jurisprudence climatique américaine. Tout a commencé ou presque avec Juliana v. United States, le « procès du siècle » climatique initié en 2015 par 21 jeunes plaignants qui accusaient le gouvernement fédéral d’avoir soutenu pendant des décennies un système énergétique basé sur les combustibles fossiles, violant ainsi leurs droits constitutionnels. Après des années de procédures, le 9e Circuit a rejeté l’affaire en 2024, concluant que le redressement demandé dépassait les pouvoirs du judiciaire.
La victoire de Held v. Montana en 2023 a représenté un tournant : des jeunes Montanais ont gagné contre leur État sur des bases constitutionnelles étatiques — non pas fédérales. Cette victoire, obtenue dans le cadre étroit du droit constitutionnel du Montana qui protège explicitement le droit à un environnement sain, a inspiré Lighthiser v. Trump. Mais la transposition au niveau fédéral s’est heurtée à un mur : la Constitution fédérale américaine ne contient pas de droit environnemental explicite, et les tribunaux fédéraux ont une jurisprudence restrictive sur la qualité pour agir dans les affaires climatiques.
La différence entre l’État et le fédéral : une contrainte structurelle
La distinction entre le succès au niveau étatique (Held v. Montana) et l’échec au niveau fédéral (Lighthiser v. Trump, Juliana) illustre une réalité structurelle importante : les constitutions des États peuvent contenir des protections environnementales explicites que la Constitution fédérale ne contient pas. Des États comme le Montana, mais aussi la Pennsylvanie, le Massachusetts, le New York et d’autres, ont des dispositions constitutionnelles qui reconnaissent un droit à un environnement sain — une base sur laquelle les tribunaux d’État peuvent agir.
Au niveau fédéral, les plaignants doivent trouver leurs droits dans des dispositions générales comme le 5e Amendement (droit à la vie et à la liberté) — des droits plus abstraits et dont l’application aux dommages climatiques est plus difficile à établir selon la jurisprudence actuelle. Cette limite structurelle ne disparaîtra pas tant que la Constitution fédérale ne sera pas amendée ou tant que la Cour suprême n’interprétera pas ces droits existants d’une manière plus favorable aux demandes climatiques — ce qui, en 2026, est une perspective très lointaine.
La stratégie d’Our Children’s Trust de passer des États au fédéral était logique et courageuse. Mais elle s’est heurtée à une réalité que le droit constitutionnel américain impose : les protections environnementales sont plus solides au niveau étatique parce que les États les ont explicitement inscrites dans leurs constitutions. Le fédéral n’a pas fait ce travail. Et tant qu’il ne le fera pas, les tribunaux fédéraux auront du mal à agir même face à des preuves accablantes.
L'administration Trump et le DOJ : une victoire célébrée comme une évidence
Le DOJ salue une victoire annoncée
Le Département de Justice de l’administration Trump a salué la décision du 9e Circuit dans un communiqué qui n’a laissé aucun doute sur la satisfaction de l’administration. Le DOJ a déclaré que le 9e Circuit avait « confirmé à l’unanimité ce que le tribunal de district avait dit des mois auparavant — que les plaignants n’avaient pas qualité pour agir dans ce recours parce qu’ils n’avaient pas établi que les décrets exécutifs causaient une quelconque blessure ou qu’une blessure pouvait être réparée par les tribunaux. »
Cette formulation est révélatrice : l’administration Trump présente le rejet comme une victoire de principe juridique — les plaignants n’avaient tout simplement pas de cas. Mais la réalité est plus nuancée. Les deux tribunaux qui ont examiné l’affaire ont reconnu les preuves des dommages climatiques. Ils ont rejeté sur des questions de procédure et de remèdes judiciaires, pas sur des questions de fond. La distinction est importante : Trump n’a pas gagné parce que ses décrets sont constitutionnels. Il a gagné parce que les plaignants ne pouvaient pas prouver que ce tribunal pouvait y remédier de la façon dont ils le demandaient.
Les 19 États républicains en soutien à Trump
Dans cette affaire, 19 États contrôlés par les républicains avaient fait une intervention en soutien à l’administration Trump — une coalition d’États producteurs de combustibles fossiles et d’États idéologiquement opposés aux politiques climatiques fédérales. Cette intervention illustre l’aspect géopolitique intérieur de la bataille climatique américaine : ce n’est pas seulement le gouvernement fédéral contre des jeunes militants. C’est une coalition d’États et d’industries dont les intérêts économiques immédiats sont dans la production et la consommation de combustibles fossiles, face à une génération montante dont l’avenir dépend de la transition énergétique.
Des organisations comme la Pacific Legal Foundation ont également déposé des mémoires d’amicus curiae en faveur du rejet, argumentant que les affaires climatiques des jeunes « n’ont pas de base constitutionnelle ». La convergence entre l’administration fédérale, des États républicains, et des organisations de contentieux conservateurs représente une force juridique et politique considérable en face de laquelle les 22 jeunes plaignants se trouvaient.
Dix-neuf États qui s’unissent pour défendre le droit de Trump à maximiser la production de combustibles fossiles contre 22 jeunes qui plaident pour leur droit à la vie. C’est l’Amérique de 2026, nue. D’un côté, des intérêts économiques immédiats et des calculs politiques électoraux. De l’autre, une génération entière dont l’avenir dépend de décisions que les adultes au pouvoir aujourd’hui refusent de prendre. La disproportion est saisissante.
Les options restantes : Cour suprême, voies législatives, et alternatives
Un appel à la Cour suprême : probable mais difficile
Our Children’s Trust a déclaré après la décision que ses avocats examinaient « toutes les options légales disponibles » pour protéger les plaignants. La voie la plus directe serait un appel à la Cour suprême — une demande de certiorari qui serait presque certainement rejetée par la majorité conservatrice actuelle, sauf si les avocats peuvent formuler des questions juridiques suffisamment précises et importantes pour qu’au moins quatre juges acceptent de les examiner.
En alternative, Our Children’s Trust a évoqué des contestations ciblées contre des actions individuelles d’agences — plutôt qu’une attaque frontale contre les trois décrets dans leur ensemble. Cette stratégie plus granulaire serait plus conforme à ce que le 9e Circuit a suggéré être la voie acceptable. Mais elle serait aussi infiniment plus longue, plus coûteuse, et moins susceptible de produire un effet systémique. C’est précisément le problème que la cour n’a pas voulu résoudre.
La voie législative et les alternatives non judiciaires
Dans le contexte du Congrès américain de 2026, où les républicains sont majoritaires dans les deux chambres, une action législative pour reverser ou neutraliser les décrets exécutifs climatiques de Trump est politiquement impossible. La voie législative ne redeviendra praticable qu’en cas de changement de contrôle du Congrès et/ou de la Présidence. Des élections intermédiaires de 2026 pourraient modifier l’équilibre à la Chambre, mais même dans ce scénario, les obstacles au Sénat et le veto présidentiel rendraient l’adoption d’une législation climatique ambitieuse très difficile.
Ce qui reste comme options actives : les États peuvent adopter et renforcer leurs propres politiques climatiques. Les entreprises énergétiques peuvent continuer à investir dans les énergies renouvelables pour des raisons économiques, indépendamment des incitatifs gouvernementaux. Et les organisations comme Our Children’s Trust peuvent continuer à poursuivre des stratégies de contentieux multi-voies — à l’échelle des États, aux niveaux international, et dans des affaires plus ciblées au niveau fédéral. Ces voies sont insuffisantes face à l’urgence, mais ce sont celles qui restent ouvertes.
L’impuissance que je ressens en analysant cette affaire est précisément ce que l’administration Trump cherche à induire. Si le judiciaire ne peut pas agir, si le législatif est bloqué, si l’exécutif est hostile, que reste-t-il pour les jeunes générations ? Le mouvement des droits civiques a répondu à cette question en 1965 : la mobilisation de masse, la pression politique directe, et l’obligation morale de changer les institutions. C’est probablement là que se trouve la réponse en 2026 aussi.
Held v. Montana : le contraste saisissant avec la victoire étatique
Pourquoi le Montana a réussi là où le fédéral a échoué
La victoire de Held v. Montana en 2023 reste le point de référence de ce que la justice climatique peut accomplir dans le système judiciaire américain — dans les bonnes conditions. La Constitution du Montana contient l’Article IX, qui garantit explicitement le droit à un environnement propre et sain. Cette disposition constitutionnelle explicite a donné aux juges montanais une base textuelle claire pour agir. La juge Kathy Seeley a pu statuer que la loi montanaise interdisant aux régulateurs de considérer les impacts climatiques violait ce droit constitutionnel explicitement protégé.
Le succès au niveau étatique et l’échec au niveau fédéral dans Lighthiser illustrent une leçon stratégique importante : les batailles judiciaires climatiques ont plus de chances de succès dans les États où les droits environnementaux sont constitutionnellement protégés que devant les tribunaux fédéraux qui n’ont pas de base textuelle similaire. Our Children’s Trust a maintenant engagé des procédures similaires à Held dans plusieurs autres États — dont le Wisconsin, où une action vient d’être lancée. Cette stratégie multi-États est peut-être la seule voie judiciaire réaliste à court terme.
Les dix plaignants qui ont réussi dans les deux affaires
Le fait que 10 des 22 plaignants de Lighthiser avaient aussi participé à Held v. Montana crée une continuité humaine frappante dans cette saga judiciaire climatique. Ces jeunes ont goûté à la victoire dans leur État. Ils savent que les tribunaux peuvent agir. Ils voulaient montrer que la même logique pouvait s’appliquer au niveau fédéral contre les décrets d’un président qui démontait systématiquement les protections climatiques fédérales. Ils ont été arrêtés non pas parce que leurs preuves étaient insuffisantes — le tribunal a reconnu les preuves — mais parce que le cadre juridique fédéral ne permet pas aux tribunaux de superviser la politique énergétique nationale de la manière dont ils le demandaient.
Cette distinction entre la validité de leurs preuves et l’inadéquation du cadre juridique est peut-être le message le plus important de Lighthiser v. Trump. Les faits scientifiques sont là. Les dommages sont réels. Mais le droit, tel qu’il est structuré actuellement aux États-Unis, ne peut pas traiter ces dommages de la façon dont les plaignants le demandent. Ce n’est pas une défaite scientifique. C’est une défaite procédurale. Et les procédures peuvent être changées — par le Congrès, par des amendements constitutionnels, ou par l’évolution de la jurisprudence.
Ce qui me touche profondément dans cette affaire, c’est la continuité de ces jeunes. Ils ont gagné à l’État en 2023. Ils ont perdu au fédéral en 2026. Ils continuent. À 19 ans, à 22 ans, face au système judiciaire américain le plus puissant du monde. Ils ne renoncent pas. Et cette persistance, cette weillance à continuer malgré les défaites, est peut-être la contribution la plus importante qu’ils peuvent faire à leur propre futur et à celui de tous.
La dimension internationale : ce que ce refus judiciaire dit à la planète
Un signal aux États qui regardent les États-Unis
La décision dans Lighthiser v. Trump n’est pas seulement un événement judiciaire américain. C’est un signal envoyé à la planète entière sur la capacité — ou l’incapacité — du système judiciaire américain à répondre à la crise climatique. Les États-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre et le premier émetteur historique. Leurs politiques climatiques ont des conséquences globales. Quand leurs tribunaux refusent de contrôler les décrets exécutifs qui maximisent les combustibles fossiles, cela a des implications au-delà des frontières américaines.
Dans le contexte géopolitique de 2026, où l’Occident cherche à maintenir sa crédibilité comme défenseur de valeurs universelles face à la Russie de Poutine et la Chine, l’abandon judiciaire de la politique climatique américaine envoie un signal contradictoire. La Chine — qui investit massivement dans les énergies renouvelables tout en maintenant une production de charbon élevée — peut aisément pointer les contradictions américaines comme preuve que l’Occident ne peut pas se faire le gardien des valeurs environnementales globales.
L’Europe et la frustration de voir les États-Unis reculer
Les partenaires européens des États-Unis, qui ont maintenu et renforcé leurs politiques climatiques malgré les pressions économiques, observent avec une frustration croissante la trajectoire américaine sous Trump. L’Union européenne a mis en place des mécanismes d’ajustement carbone aux frontières précisément pour ne pas être désavantagée par des concurrents qui n’ont pas de prix sur le carbone. Quand les États-Unis abandonnent leurs engagements climatiques par décrets exécutifs confirmés par les tribunaux, ils créent des tensions commerciales avec leurs alliés les plus proches et affaiblissent les coalitions multilaterales nécessaires pour aborder le changement climatique à l’échelle qu’il requiert.
Pour les générations futures qui hériteront des conséquences de ces décisions — y compris les 22 jeunes plaignants de Lighthiser v. Trump — la dimension internationale de cette affaire n’est pas abstraite. C’est la différence entre un monde à +1,5°C et un monde à +2,5°C, entre des côtes inondées ou préservées, entre des événements climatiques extrêmes gérables ou dévastateurs. Les décrets exécutifs contestés dans Lighthiser ne font pas partie d’une politique étrangère dans le vide. Ils s’inscrivent dans un contexte global où chaque tonne de CO2 supplémentaire compte.
Il y a une ironie profonde dans le fait que les États-Unis, qui ont été les pionniers de la jurisprudence climatique mondiale dans les années 2000, soient maintenant le pays où les tribunaux rejettent systématiquement les recours climatiques des jeunes sur des bases procédurales. L’Amérique que je soutiens est l’Amérique qui peut innover, s’adapter, et montrer la voie. Cette Amérique-là est absente de la décision Lighthiser. Elle doit revenir.
Les prochaines étapes pour les plaignants et pour Our Children's Trust
L’évaluation des options : certiorari, États, ou abandon
Après la décision du 2 juin 2026, les avocats de Our Children’s Trust ont annoncé qu’ils examinaient leurs options. La décision a été rendue comme « non publiée » — ce qui signifie que le 9e Circuit lui-même ne voulait pas qu’elle serve de précédent vinculant pour les affaires futures. Ce détail est significatif : même la cour qui rejette l’affaire semble hésitante à faire de son raisonnement une règle générale. Une pétition de certiorari à la Cour suprême est possible, mais les chances d’être acceptée par la majorité conservatrice actuelle sont très faibles sur un sujet aussi politiquement chargé.
La voie la plus prometteuse reste peut-être la stratégie multi-États. Our Children’s Trust est engagée dans des affaires dans plusieurs États avec des protections constitutionnelles environnementales explicites. En juin 2026, elle a obtenu une victoire dans une affaire au Montana sur un sujet connexe, et lancé une nouvelle campagne de financement pour soutenir 15 jeunes plaignants au Wisconsin. Cette persistance à travers des défaites fédérales importantes est remarquable et représente une stratégie à long terme cohérente.
Ce que cette défaite change et ce qu’elle ne change pas
La défaite dans Lighthiser v. Trump ne change pas les faits scientifiques sur le changement climatique. Elle ne change pas les dommages réels subis par les plaignants. Elle ne change pas l’urgence de la transition énergétique. Ce qu’elle change, c’est la disponibilité d’une voie judiciaire particulière pour forcer cette transition au niveau fédéral. Et ce qu’elle révèle, c’est que le système judiciaire américain tel qu’il est actuellement configuré n’est pas la bonne porte pour cette demande spécifique.
Mais l’histoire du droit américain est pleine d’exemples où des demandes jugées non-recevables à une époque ont fini par être acceptées quand les conditions politiques, sociales et jurisprudentielles ont évolué. Les droits des travailleurs, les droits civiques, le droit à l’avortement — tous ces droits ont d’abord été refusés par les tribunaux avant d’être reconnus. La question n’est pas si les droits climatiques seront un jour reconnus. La question est combien de temps ça prendra. Et pendant ce temps, les émissions continuent.
Je terminerai cette section par une pensée pour Eva Lighthiser et ses 21 co-plaignants. Ils ont 19, 20, 22 ans. Ils ont fait tout ce que le système leur demandait : ils ont apporté des preuves, ils ont plaidé, ils ont fait appel. Et le système leur a dit non. Pas parce qu’ils ont tort. Mais parce que le droit n’est pas encore prêt à les accueillir. Cette injustice temporelle — les preuves sont là, le droit n’est pas prêt — est peut-être la définition même de l’urgence climatique que le droit n’a pas encore appris à traiter.
L'urgence climatique et les limites du droit : un constat amer mais nécessaire
Le droit comme outil insuffisant face à l’urgence climatique
L’affaire Lighthiser v. Trump force à une conclusion difficile mais nécessaire : le système judiciaire américain, tel qu’il est actuellement structuré, n’est pas conçu pour répondre à l’urgence climatique. Les exigences de la qualité pour agir — des blessures concrètes, des liens causaux précis, des remèdes redressables — sont conçues pour des contentieux entre parties individuelles dans des situations spécifiques. Elles s’adaptent mal à des dommages diffus, progressifs, globaux, et souvent irréversibles comme ceux du changement climatique.
Cette limite n’est pas unique aux États-Unis. Des tribunaux dans de nombreux pays ont été saisis de demandes climatiques similaires, avec des résultats variables. Les succès les plus significatifs — comme Urgenda v. Netherlands en 2015-2019, qui a forcé le gouvernement néerlandais à réduire ses émissions — ont généralement été obtenus dans des systèmes juridiques différents du système américain, avec des droits constitutionnels formulés différemment et des traditions judiciaires différentes. L’espoir que les tribunaux américains trouveraient une voie similaire s’est heurté aux spécificités du droit constitutionnel et administratif américain.
Ce qui doit changer pour que le droit devienne un outil climatique efficace
Pour que le système judiciaire américain devienne capable de traiter l’urgence climatique, plusieurs changements structurels seraient nécessaires. Un amendement constitutionnel reconnaissant explicitement un droit à un environnement sain — comme celui du Montana — fournirait une base textuelle aux tribunaux pour agir. Une évolution de la jurisprudence sur la qualité pour agir dans les affaires climatiques — peut-être initiée par une décision courageuse de la Cour suprême dans une composition future différente — permettrait aux plaignants de franchir le premier obstacle. Et une action législative du Congrès créant des droits d’action climatiques explicites donnerait aux tribunaux les outils statutaires pour agir.
Aucun de ces changements n’est imminent en 2026. Mais ce ne sont pas des impossibilités historiques. L’Amérique a déjà réformé ses institutions en réponse à des crises morales. La crise climatique est la plus grande crise morale de notre siècle. La question est si les institutions répondront à temps — avant que les conséquences des décisions d’aujourd’hui deviennent irréversibles pour les générations qui les subissent déjà.
Je ne crois pas que le droit puisse seul résoudre la crise climatique. Mais je crois que le droit peut créer les conditions qui permettent aux solutions politiques et économiques de s’imposer. Quand le droit protège le droit à un environnement sain, il force les décideurs politiques à rendre compte de leurs choix énergétiques. C’est cet effet de levier institutionnel que Lighthiser cherchait à créer. Et l’absence de cet effet de levier aujourd’hui est précisément ce qui rend l’urgence climatique si difficile à gérer démocratiquement.
Ce que Lighthiser v. Trump dit de l'Amérique de Trump en 2026
Une administration qui maximise les combustibles fossiles dans un monde qui brûle
L’administration Trump a accueilli la décision dans Lighthiser comme une victoire de principe. Mais quelle est cette victoire, exactement ? Elle confirme que le président peut signer des décrets pour maximiser la production de combustibles fossiles, bloquer les énergies renouvelables, et supprimer les programmes climatiques — sans que les tribunaux puissent intervenir. Dans un monde où 2025 est l’année la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire instrumentale, où les phénomènes météorologiques extrêmes s’intensifient, où les coûts économiques du changement climatique augmentent — c’est une victoire dont les conséquences dépassent largement les bénéfices politiques immédiats.
L’Amérique de Trump en 2026 est une Amérique qui fait le choix délibéré de maximiser sa production de combustibles fossiles dans la décennie la plus critique pour l’avenir climatique de la planète. Ce choix est confirmé par les tribunaux, soutenu par les États républicains, et légitimé par le système juridique. Il est aussi contesté par 22 jeunes qui ont eu le courage de dire publiquement : ce n’est pas notre choix, et vous ne parlez pas en notre nom.
Trump comme mal nécessaire — et les limites de cette équation
Ma doctrine éditoriale sur Trump est celle du mal nécessaire — un président aux politiques souvent destructrices, mais dont la réalection reflète des forces politiques auxquelles l’Occident doit répondre plutôt que d’ignorer. Sur la politique étrangère, sur l’Ukraine, sur certains aspects de la politique économique, cette équation peut fonctionner. Mais sur le climat, il m’est difficile de trouver la nécessité du mal. Quand les décrets exécutifs contestés dans Lighthiser accélèrent des dommages dont les victimes sont précisément les jeunes Américains les moins responsables de ces choix énergétiques, la notion de « mal nécessaire » atteint sa limite morale. Il y a des politiques qui peuvent être mauvaises et nécessaires. Et il y a des politiques qui sont simplement mauvaises.
Je maintiens ma position que Trump est un mal nécessaire sur de nombreux fronts. Mais sa politique climatique représente pour moi la limite de cette équation. Quand des jeunes de 19 ans doivent plaider devant les tribunaux fédéraux pour que le gouvernement ne détruise pas leur avenir climatique — et qu’ils perdent — quelque chose de fondamentalement injuste se passe. Et ce quelque chose mérite d’être nommé clairement, sans euphémismes.
Conclusion : le tribunal a dit non, la planète attend toujours
Une porte fermée mais pas une guerre perdue
La décision du 9e Circuit dans Lighthiser v. Trump le 2 juin 2026 est une défaite pour les 22 jeunes plaignants, pour Our Children’s Trust, et pour tous ceux qui espéraient que les tribunaux fédéraux américains pourraient jouer un rôle direct dans la limitation des politiques climatiques destructrices de l’administration Trump. C’est une porte fermée. Mais ce n’est pas une guerre perdue. La stratégie multi-États reste viable. Les changements politiques futurs peuvent rouvrir des voies législatives. Et l’évolution de la jurisprudence, toujours possible sur le long terme, peut un jour fournir les bases pour des décisions différentes.
La crise climatique n’attend pas les procédures judiciaires. Les émissions ne s’arrêtent pas pendant que les avocats déposent des mémoires et que les juges délibèrent. Ce que Lighthiser v. Trump illustre le plus clairement, c’est que le temps est la ressource la plus précieuse dans la bataille climatique — et le droit, dans sa lenteur nécessaire, est structurellement en désaccord avec l’urgence de ce temps.
Ce que les jeunes méritent de l’Amérique en 2026
Les 22 jeunes plaignants de Lighthiser v. Trump méritaient mieux que cette porte fermée. Pas parce que leurs arguments étaient inattaquables sur le plan procédural. Mais parce que leur demande fondamentale — que le gouvernement fédéral ne détruise pas délibérément les conditions climatiques nécessaires à leur vie — est une demande morale légitime dans une démocratie qui se prétend gouvernée par le consentement des gouvernés. Les jeunes d’aujourd’hui sont les gouvernés de demain. Leur demande méritait une réponse plus substantielle que le silence procédural du 9e Circuit.
L’Amérique a souvent été à la hauteur de ses idéaux le plus lentement, mais elle l’a été. Le mouvement des droits civiques. Les droits des travailleurs. L’égalité des genres. Dans chacun de ces cas, des générations ont dû combattre pour des droits que les générations précédentes leur avaient refusés. La justice climatique sera, je pense, le prochain de ces combats de génération. Eva Lighthiser et ses co-plaignants en sont les pionniers. Ils perdent aujourd’hui. Mais leur combat construira le droit de demain.
Je termine cette chronique avec une question que je ne peux pas résoudre : est-ce que les institutions démocratiques américaines sont capables de répondre à la crise climatique dans le temps qu’elle requiert ? Ma réponse honnête est : je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que des jeunes de 19 ans sont prêts à se battre pour nous donner une chance. La moindre des choses est de les soutenir et de les entendre.
Épilogue : Eva Lighthiser et la génération qui ne renonce pas
Une voix qui ne se taira pas
Dans les heures qui ont suivi la décision du 9e Circuit le 2 juin 2026, Eva Lighthiser s’est exprimée publiquement. Elle n’a pas dit qu’elle abandonnait. Elle a dit que ses avocats examinaient leurs options. À 19 ans, après avoir traversé un long processus judiciaire depuis le dépôt de la plainte en mai 2025, après une audience en septembre 2025 où un juge de district a dit avoir été « troublé » par les preuves mais avait quand même rejeté l’affaire, après une plaidoirie devant le 9e Circuit en avril 2026 face à des juges skeptiques — après tout ça, elle continue.
C’est peut-être le message le plus important de cette affaire. Non pas la décision judiciaire elle-même, mais la persistance des plaignants face à elle. Les changements institutionnels les plus durables dans l’histoire américaine ont été portés par des gens qui n’ont pas accepté le premier non du système — et souvent pas le deuxième, ni le troisième. Eva Lighthiser et la génération qu’elle représente ne semblent pas prêts à accepter ce non-là non plus. Et c’est une bonne nouvelle pour la planète.
L’invitation à l’espoir dans un moment sombre
Il serait facile de terminer cette chronique dans la résignation. Le 9e Circuit a dit non. L’administration Trump a salué la victoire. Les décrets continuent à s’appliquer. Les émissions continuent. La planète continue de se réchauffer. Tout ça est vrai. Mais ce n’est pas l’histoire complète. L’histoire complète inclut aussi 22 jeunes qui ont choisi de se battre. Un mouvement juridique mondial qui continue de chercher des voies. Des États qui adoptent leurs propres protections. Et une génération entière qui grandit avec une conscience climatique que les générations précédentes n’avaient pas. Ces réalités-là coexistent avec la défaite judiciaire. Et c’est dans cette coexistence — du sombre et du lumineux — que se trouve l’espoir réaliste pour l’avenir climatique de la planète.
Je pense à Eva Lighthiser, 19 ans, debout devant le 9e Circuit à Portland en avril 2026, plaidant pour le droit constitutionnel à la vie face au changement climatique. Je ne sais pas si elle gagnera un jour devant un tribunal. Mais je sais qu’elle a déjà gagné quelque chose de plus important : la clarté morale sur ce qui est juste. Et cette clarté-là, aucun panel de juges ne peut la lui enlever. Elle l’emportera avec elle pour le reste de sa vie, et elle en fera quelque chose. J’en suis certain.
Conclusion : Le 9e Circuit a dit non — l'Histoire n'a pas encore rendu son verdict
Un moment dans une longue lutte
La décision de Lighthiser v. Trump du 2 juin 2026 ne clôt pas la question de la justice climatique aux États-Unis. Elle en marque un moment douloureux — une porte fermée, une voie judiciaire particulière bloquée, une génération repoussée dans ses demandes légitimes. Mais les grandes batailles de justice dans l’histoire américaine n’ont jamais été gagnées en une seule décision judiciaire. Elles ont été gagnées par l’accumulation de décisions, de lois, de mobilisations, de changements culturels qui finissent par forcer les institutions à évoluer.
La justice climatique suivra ce chemin. Ce n’est pas une question de si. C’est une question de quand — et de combien de dommages irréversibles se seront accumulés entre aujourd’hui et ce quand. Eva Lighthiser et ses co-plaignants veulent que ce quand soit le plus tôt possible. Ils ont raison. Et même dans leur défaite judiciaire, ils contribuent à raccourcir ce délai en maintenant la pression publique, judiciaire et morale sur des institutions qui préfèrent souvent l’inaction.
Ce que l’histoire écrira de ce moment
Dans 30 ans, quand les historiens de la crise climatique se pencheront sur la décennie 2020-2030, ils noteront que des jeunes Américains ont essayé de forcer leurs tribunaux à agir contre des politiques climatiques destructrices — et que les tribunaux ont refusé sur des bases procédurales. Ils noteront aussi que ces jeunes ont continué. Que le mouvement n’a pas lâché. Que d’autres voies ont été explorées. L’histoire — si elle est écrite dans un monde qui a réussi à éviter les pires scénarios climatiques — sera reconnaissante à ces 22 jeunes pour avoir maintenu la pression quand les institutions n’étaient pas encore prêtes à répondre. Et si l’histoire est écrite dans un monde qui n’a pas réussi — leur combat restera comme l’un des témoignages les plus poignants de ce que des individus ont essayé de faire.
Je referme cette chronique avec la conviction que les 22 jeunes de Lighthiser v. Trump sont du bon côté de l’histoire. Pas parce qu’ils ont gagné. Mais parce qu’ils ont raison. Et dans les grandes batailles de justice, avoir raison est le début de tout. La question est toujours la même : aurons-nous la sagesse collective d’entendre ceux qui ont raison avant qu’il soit trop tard ? Pour le climat, cette question est plus urgente que jamais. Et la réponse de juin 2026 n’est pas celle que l’histoire aurait voulue.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Inside Climate News — La cour d’appel confirme le rejet de Lighthiser v. Trump — 3 juin 2026
E&E News — La cour d’appel rejette le défi des jeunes aux ordres énergétiques de Trump — 2 juin 2026
Sources secondaires
Our Children’s Trust — Lighthiser v. Trump : chronologie et documents — 2025-2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.