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CHRONIQUE : Les corps ukrainiens reviennent piégés — la Russie franchit une ligne que rien ne justifie
Crédit: Adobe Stock

Comment la police ukrainienne travaille désormais

L’inspection est maintenant la première étape de chaque rapatriement. Avant toute tentative d’identification — avant de chercher des documents, des plaques militaires, des téléphones portables, des cartes bancaires — les policiers vérifient si les restes présentent un risque explosif. Ce n’est pas une procédure abstraite. C’est du travail concret, dans des circonstances déjà éprouvantes, effectué par des professionnels qui doivent gérer simultanément la pression psychologique du travail sur des restes humains et le risque réel d’une explosion.

Une fois la vérification de sécurité effectuée, le processus d’identification peut commencer. Il comprend l’enregistrement et la photographie des marques distinctives, tatouages, vêtements et autres détails. Puis l’analyse médico-légale, incluant des expertises ADN. Dans le meilleur des cas — quand le corps est bien conservé, avec des documents — l’identification prend des semaines. Dans le cas général, elle prend environ 14 mois en raison de l’état dans lequel les restes arrivent après des mois, voire des années, sur le champ de bataille.

522 corps, 14 mois d’attente, des familles suspendues

Le transfert du 18 juin 2026 a ramené 522 corps simultanément. Pour les familles de ces soldats, chaque jour supplémentaire d’identification est un jour de deuil suspendu — un état d’attente intenable entre la certitude de la perte et l’impossibilité de la finaliser. Le processus d’identification dure en moyenne 14 mois — et ce délai est dû non seulement à la quantité des corps mais aussi à leur état : restes partiels, mélangés, mal conservés.

La pratique consistant à mélanger des restes de plusieurs individus sous une même identification aggrave dramatiquement ce délai. Quand la police et les médecins légistes découvrent que ce qui leur a été livré comme « un corps » est en réalité les restes de deux ou trois personnes différentes, tout le travail d’identification doit être recommencé. Les experts médico-légaux procèdent alors à une « segmentation » — un travail laborieux, précis, et psychologiquement épuisant — pour séparer les restes avant de pouvoir poursuivre l’identification individuelle.


Quatorze mois. Pour une famille, c’est quatorze mois à ne pas savoir si le corps retrouvé dans l’un de ces transferts est celui de leur fils, leur frère, leur mari. Quatorze mois à vivre dans un entre-deux qui n’est ni le deuil ni l’espoir. Poutine a transformé le rapatriement des corps — un geste de civilisation — en instrument de torture psychologique pour les familles ukrainiennes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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