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ÉDITORIAL : Macron, le 13 juillet et l’Europe qui reprend enfin sa place sur l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Une signature collective sur l’Ukraine

Macron a décrit le G7 d’Évian comme la première fois en 18 mois où « tous les membres du G7, dont les États-Unis, ont signé conjointement le même texte » incluant le soutien à l’intégrité territoriale ukrainienne, l’aide militaire et les sanctions contre la Russie. Cette formulation mérite d’être pesée. 18 mois de divergences publiques dans le G7 sur l’Ukraine — 18 mois de textes ambigus, de réserves américaines, de formulations atténuées — et maintenant une déclaration commune incluant Washington. Ce n’est pas une révolution. C’est une restauration d’un consensus minimal qui avait été mis à mal.

Le contexte de cette restauration est celui d’un Donald Trump qui reste un mal nécessaire pour l’Occident : imprévisible dans sa rhétorique, mais pragmatique quand les intérêts américains sont clairement articulés. Les diplomates européens décrivent le paquet de 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine — porté par les alliés OTAN hors États-Unis et soumis au sommet d’Ankara — comme une «olive branch» à Trump, conçue pour montrer que les Européens assument leur part du fardeau. Si l’Europe paie la défense de l’Ukraine, l’argument américain de la dépendance structurelle s’effondre. C’est une stratégie diplomatique intelligente — dans la mesure où elle est réellement suivie d’effets.

Les 70 milliards et ce qu’ils disent de l’Europe

Les alliés de l’OTAN — hors États-Unis — se préparaient au sommet d’Ankara à confirmer 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine et à promettre au moins autant pour l’année suivante. Ce chiffre, proposé initialement par l’Allemagne en mai, est significatif à plusieurs titres. D’abord, il est sans la participation américaine — ce qui marque une rupture avec la structure de financement de la défense ukrainienne depuis 2022. Ensuite, il s’accompagne d’un engagement des alliés européens et du Canada d’atteindre 3,5 % du PIB en dépenses de défense d’ici 2035. En une décennie, l’Europe a accepté de se réarmer à un niveau qu’elle refusait de considérer il y a encore cinq ans.

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a souligné que les alliés européens et le Canada avaient dépensé 139 milliards USD de plus en défense l’année précédente qu’en 2024 — un bond sans précédent en temps de paix relatif. Ce réarmement est la réponse pratique à la revue de six mois de la présence militaire américaine en Europe annoncée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Les Européens comprennent le message : si les États-Unis réduisent leur présence, l’Europe doit combler le vide. Cette réalisation, douloureuse dans son principe, produit enfin des décisions budgétaires concrètes.


L’Europe qui consacre 3,5 % de son PIB à la défense d’ici 2035 — c’était inconcevable à haute voix il y a dix ans. C’est maintenant inscrit dans des projets de déclarations d’Ankara. Poutine aura réussi ce que des décennies de pression américaine n’avaient pas réussi : forcer les Européens à prendre leur propre sécurité au sérieux. C’est l’ironie la plus amère de cette guerre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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