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TÉMOIGNAGE : L’axe Téhéran-Moscou-Pékin se resserre — missiles, MOU et la guerre qui ne finit pas
Crédit: Adobe Stock

La réunion de Téhéran du 13 juin 2026

La réunion du 13 juin 2026 à Téhéran, rapportée par Al-Ahram, a rassemblé les représentants des trois capitales autour d’un projet de mémorandum d’accord en 14 points. Ce document — dont le contenu précis n’est pas entièrement public — couvrirait selon les sources disponibles des dimensions économiques, militaires et diplomatiques de la coopération trilatérale. La structure à deux étapes prévue : un MOU initial, suivi d’un accord de partenariat stratégique complet. Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays accueillait des discussions parallèles à Islamabad, avait déclaré que l’accord pourrait être finalisé dans les 24 heures — une formulation qui soulignait l’urgence perçue et la dynamique de la négociation.

La présence de l’Iran, de la Russie et de la Chine dans une même négociation trilatérale formalisée est elle-même un événement. Ces trois pays ont des histories de coopération bilatérale et des convergences d’intérêts anti-occidentaux bien documentées — mais la formalisation d’un accord multilatéral représente un pas supplémentaire vers une architecture d’alliance structurée. La Russie et la Chine ont signé un partenariat stratégique complet en 2022, souvent décrit comme une alliance « sans limites ». L’ajout de l’Iran comme troisième partenaire formel créerait une structure triangulaire qui couvrirait des zones géographiques et d’influence complémentaires : Europe de l’Est (Russie), Asie-Pacifique (Chine), Moyen-Orient (Iran).

Ce que le MOU signifie opérationnellement

Un mémorandum d’accord n’est pas un traité d’alliance militaire — il n’oblige pas automatiquement à une intervention armée si l’un des partenaires est attaqué. Mais il crée un cadre formel de coordination qui a des conséquences opérationnelles réelles. Il facilite les échanges de renseignement. Il coordonne les positions diplomatiques dans les instances internationales — ONU, AIEA, OMC. Il structure les échanges commerciaux, notamment dans les secteurs sanctionnés par l’Occident, en créant des circuits financiers alternatifs. Et dans le domaine militaire, il peut justifier et formaliser des coopérations qui existent déjà de facto : les drones Shahed iraniens utilisés par la Russie en Ukraine, les technologies militaires chinoises qui transitent vers la Russie, les missiles iraniens qui permettent à la Russie de compenser ses pertes en munitions.

Ces coopérations de fait deviennent, avec un MOU formel, plus difficiles à nier diplomatiquement et plus faciles à approfondir. Le MOU envoie aussi un signal politique aux pays tiers : il y a une alternative à l’ordre occidental, structurée et permanente, qui peut offrir des partenariats économiques et de sécurité. Pour les pays du Sud Global qui cherchent à diversifier leurs alliances — Inde, Brésil, Afrique du Sud, Turquie — ce signal n’est pas sans conséquences. Il crée des options là où il n’y en avait qu’une. Et des options signifient du levier dans les négociations avec l’Occident.


Un MOU en 14 points. Pas un traité d’alliance automatique — mais un cadre. Et les cadres formalisent ce qui était informel, légitiment ce qui était clandestin, et permettent l’approfondissement de ce qui était expérimental. Ce MOU n’est pas un début — c’est une institutionnalisation.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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