Une infiltration commencée en octobre, jamais consolidée
Selon l’ISW, les forces russes ont d’abord infiltré les abords de Kostiantynivka dès octobre 2025, mais n’ont réellement consolidé certains gains qu’à partir de juin 2026, soit huit mois plus tard. Cette lenteur extrême illustre la nature de cette guerre urbaine, où chaque rue conquise doit être défendue contre des contre-attaques ukrainiennes constantes avant de pouvoir être considérée comme réellement sécurisée par l’armée russe.
Le président russe Vladimir Poutine a faussement affirmé, le 3 juillet, que Kostiantynivka avait été prise par ses forces, une déclaration contredite dès le lendemain par les évaluations de l’ISW et par des blogueurs militaires russes eux-mêmes, qui reconnaissent que la ville reste activement contestée.
Un commandant ukrainien qui documente l’échec russe répété
Un commandant ukrainien a rapporté, le 8 juillet, que dix à quinze assauts mécanisés russes menés au cours des trois derniers mois n’avaient produit aucune avancée confirmée dans ce secteur, chaque assaut coûtant entre 300 et 400 soldats russes selon ses estimations. Ce même commandant évoque environ 1 200 pertes russes cumulées dans la seule bataille pour le hameau de Rusyn Yar, sans que cette localité n’ait été capturée.
Ces chiffres, s’ils se confirment, illustrent un rapport coût-bénéfice extraordinairement défavorable pour l’armée russe dans ce secteur précis, où des centaines de soldats sont sacrifiés pour des gains territoriaux qui restent, au mieux, marginaux et instables sur plusieurs mois consécutifs.
Mille deux cents soldats russes perdus pour un hameau jamais capturé. Poutine appelle cela une guerre gagnable. Je l’appelle un sacrifice méthodique de sa propre jeunesse pour des gains qui, sur une carte à l’échelle du pays, sont invisibles à l’œil nu.
Pokrovsk, la ville qui refuse de tomber depuis des mois
Un siège prolongé sans capture définitive
La ville de Pokrovsk, cible d’un siège russe prolongé depuis l’automne 2024, demeure toujours partiellement sous contrôle ukrainien à l’été 2026, malgré des mois d’assauts répétés et de bombardements intensifs. Cette résistance prolongée, documentée par de multiples sources militaires occidentales et ukrainiennes, contredit les prédictions initiales de plusieurs analystes qui anticipaient une chute rapide de la ville dès la fin de l’année 2024.
Le 9 juillet, Pokrovsk a enregistré le plus grand nombre d’accrochages de toute la ligne de front, avec 38 attaques russes repoussées en une seule journée selon l’état-major général ukrainien, un chiffre qui illustre l’intensité continue de la pression exercée sur ce secteur particulièrement disputé du Donbass.
Les tactiques russes de résupply par drones, signe de désespoir logistique
Selon un porte-parole de la Garde nationale ukrainienne cité le 7 juillet, les forces russes utilisent désormais des drones de type Molniya pour ravitailler leurs unités infiltrées, une méthode qui traduit les difficultés logistiques rencontrées par l’armée russe pour maintenir ses positions avancées face à la résistance ukrainienne continue dans ce secteur urbain complexe.
Cette même source évoque également des mises en scène russes consistant à hisser des drapeaux pour des vidéos de propagande, sans contrôle militaire réel et durable du terrain photographié, une tactique désormais bien documentée et reconnue comme telle par les observateurs militaires occidentaux suivant ce dossier de près.
Des drones pour ravitailler des soldats assiégés dans leur propre offensive, c’est l’image parfaite d’une armée qui a perdu la maîtrise logistique de son propre succès annoncé. La propagande du drapeau ne change rien à cette réalité opérationnelle documentée.
La méthode ISW : comment vérifier ce qui se passe réellement
Croiser images géolocalisées et déclarations contradictoires
L’Institute for the Study of War construit ses évaluations quotidiennes en croisant des images géolocalisées vérifiables, des déclarations de commandants ukrainiens et russes, ainsi que des propos de blogueurs militaires russes eux-mêmes souvent sceptiques envers les annonces officielles du Kremlin. Cette méthode rigoureuse permet de distinguer les gains territoriaux réels des annonces de propagande qui accompagnent systématiquement chaque offensive russe.
Cette approche méthodologique explique pourquoi les évaluations de l’ISW contredisent régulièrement les annonces triomphalistes de Moscou, notamment concernant la prise supposée de Kostiantynivka annoncée par Vladimir Poutine le 3 juillet, une affirmation que les images disponibles ne confirmaient pas au moment de la déclaration présidentielle russe.
Les limites inhérentes à toute évaluation de guerre en temps réel
Même avec cette méthode rigoureuse, l’ISW reconnaît elle-même des marges d’incertitude inévitables dans un conflit où l’accès direct au terrain reste impossible pour des observateurs indépendants, une limite méthodologique qui impose une prudence supplémentaire dans l’interprétation de chaque évaluation quotidienne publiée par cette institution.
C’est cette prudence méthodologique, combinée à la rigueur du croisement de sources multiples, qui rend les évaluations de l’ISW plus fiables que les communiqués unilatéraux de l’une ou l’autre partie au conflit, sans pour autant les rendre infaillibles ou définitives sur chaque détail tactique local.
Je fais confiance à une méthode qui croise plusieurs sources contradictoires plutôt qu’à un communiqué unique, russe ou ukrainien. Ce n’est pas de la naïveté envers l’ISW, c’est simplement la meilleure approche disponible face à un terrain que personne ne peut visiter librement.
Le coût humain d'une guerre d'usure documentée chiffre par chiffre
Des pertes russes disproportionnées par rapport aux gains obtenus
Les estimations de pertes russes rapportées par des commandants ukrainiens sur le terrain, bien qu’invérifiables de manière totalement indépendante, convergent avec les évaluations occidentales plus larges pour dresser le portrait d’une armée russe qui sacrifie des effectifs considérables pour des gains territoriaux mesurés en centaines de mètres plutôt qu’en kilomètres significatifs sur la carte globale du front.
Cette disproportion, documentée secteur après secteur dans le Donbass, soulève une question stratégique centrale : combien de temps l’armée russe peut-elle maintenir ce rythme de pertes sans affecter durablement sa capacité offensive globale sur l’ensemble du front ukrainien, une question à laquelle aucune source ouverte ne peut répondre avec une certitude absolue à ce stade du conflit.
Une comparaison utile avec les standards historiques de guerre d’usure
Les historiens militaires comparent parfois cette dynamique aux guerres de tranchées de la Première Guerre mondiale, où des offensives coûteuses en vies humaines produisaient des gains territoriaux minimes sur de longues périodes, une comparaison qui, bien qu’imparfaite compte tenu des différences technologiques évidentes, éclaire la nature d’usure prolongée de ce conflit contemporain dans le Donbass.
Cette comparaison historique n’est pas gratuite : elle rappelle que ce type de guerre d’usure, aussi coûteux soit-il en vies humaines des deux côtés, peut se prolonger pendant des années sans qu’aucune des deux parties n’obtienne d’avantage décisif clair sur l’ensemble du théâtre d’opérations concerné.
Comparer ce front à la Première Guerre mondiale n’est pas une exagération rhétorique gratuite. C’est une réalité tactique documentée: des assauts coûteux, des gains minimes, une répétition qui use les deux camps sans offrir de résolution rapide à l’horizon visible.
Le rôle des drones dans la transformation du champ de bataille
Une guerre désormais dominée par la surveillance et la frappe de précision
Le front est ukrainien de 2026 diffère profondément des guerres de tranchées historiques par l’omniprésence des drones de surveillance et de frappe, qui rendent tout mouvement de troupes visible et vulnérable presque instantanément, transformant chaque assaut mécanisé en une opération à haut risque documentée en temps réel par les deux camps du conflit.
Cette transparence tactique nouvelle explique en partie pourquoi les gains territoriaux restent aussi limités malgré l’intensité des combats: masser des troupes pour une offensive majeure devient extrêmement risqué lorsque l’adversaire dispose d’une capacité de détection et de frappe précise sur l’ensemble de la zone de rassemblement identifiée.
Les drones FPV, arme low-cost qui égalise le rapport de force
Les drones de première personne, ou FPV, peu coûteux à produire mais extrêmement efficaces contre les véhicules blindés et l’infanterie exposée, ont considérablement égalisé le rapport de force entre une armée russe numériquement supérieure et des forces ukrainiennes qui compensent leur désavantage numérique par une utilisation intensive et innovante de cette technologie relativement accessible.
Cette égalisation technologique partielle explique pourquoi, malgré la supériorité numérique russe généralement admise par les analystes militaires occidentaux, les gains territoriaux de Moscou restent aussi limités et coûteux secteur après secteur sur l’ensemble du front du Donbass durant cet été 2026.
Un drone FPV coûte quelques centaines de dollars et peut détruire un char valant des millions. Cette asymétrie technologique explique, mieux que n’importe quel discours patriotique, pourquoi la supériorité numérique russe ne se traduit pas en victoire rapide sur ce front.
Les autres secteurs du front, souvent négligés par la couverture médiatique
Au-delà de Pokrovsk et Kostiantynivka, une ligne qui bouge peu
Bien que Pokrovsk et Kostiantynivka concentrent l’attention médiatique, d’autres secteurs du front, notamment autour de Kharkiv au nord et de Zaporijjia au sud, connaissent également des combats réguliers, bien que d’une intensité généralement moindre que celle observée dans le Donbass central durant cet été 2026.
Cette relative stabilité sur les autres segments du front suggère une concentration délibérée des ressources russes sur un nombre limité de points de percée prioritaires, plutôt qu’une offensive généralisée sur l’ensemble de la ligne de contact, une stratégie qui permet à Moscou de maximiser son rapport de force local dans les secteurs choisis comme prioritaires.
Ce que cette concentration révèle sur les priorités russes actuelles
Cette concentration stratégique sur le Donbass central confirme l’objectif politique affiché par Moscou depuis le début de l’invasion : consolider le contrôle sur cette région spécifique avant toute négociation diplomatique future, plutôt que de chercher des gains territoriaux plus larges ailleurs sur le territoire ukrainien à ce stade du conflit.
Comprendre cette priorité géographique russe permet d’anticiper plus précisément où se concentreront probablement les efforts militaires de Moscou dans les mois à venir, une information stratégique utile pour évaluer les besoins prioritaires de renforcement de la défense ukrainienne sur ce segment particulier du front.
Le silence relatif sur les autres secteurs du front ne signifie pas l’absence de danger ailleurs. Cela signifie que Moscou a choisi son terrain de bataille prioritaire, et cette clarté stratégique russe devrait aussi clarifier les priorités de renforcement occidental pour l’Ukraine.
L'impact des frappes profondes ukrainiennes sur ce front terrestre
Une guerre à deux niveaux qui s’alimente mutuellement
Pendant que l’armée russe engage des ressources massives dans le Donbass, l’Ukraine mène simultanément une campagne de frappes profondes contre les infrastructures pétrolières et logistiques russes, comme celles observées à Syzran ou dans le canal Don-Azov en juillet 2026. Cette double pression, sur le front et sur l’arrière, épuise les ressources russes sur deux dimensions simultanées de ce conflit prolongé.
Chaque ressource russe consacrée à la défense de ses raffineries lointaines est une ressource qui ne va pas vers l’infanterie qui assaille Pokrovsk ou Kostiantynivka, une logique d’épuisement à double niveau qui structure désormais l’ensemble de la stratégie ukrainienne actuelle face à un adversaire disposant de ressources globalement supérieures mais de plus en plus dispersées.
Une stratégie ukrainienne qui privilégie l’attrition sur la reconquête rapide
Cette approche ukrainienne, privilégiant l’épuisement méthodique des ressources russes plutôt qu’une reconquête territoriale rapide jugée actuellement irréaliste compte tenu du rapport de force existant, reflète une doctrine militaire pragmatique adaptée aux contraintes réelles d’un pays combattant un adversaire numériquement supérieur depuis plus de quatre ans.
C’est cette patience stratégique, parfois frustrante pour une opinion publique occidentale qui espère des victoires rapides et visibles, qui pourrait néanmoins s’avérer la seule approche réaliste pour épuiser durablement la capacité offensive russe sans sacrifier inutilement des vies ukrainiennes dans des offensives prématurées.
La patience stratégique ukrainienne frustre parfois les observateurs occidentaux qui veulent des victoires spectaculaires. Mais épuiser méthodiquement un adversaire supérieur en nombre reste plus sage que de sacrifier des vies dans des offensives prématurées et hasardeuses.
Le contexte diplomatique qui pèse sur ce front terrestre
Le sommet de l’OTAN, toile de fond des combats de juillet
Le sommet de l’OTAN à Ankara, tenu le 8 juillet, a promis au moins 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026, un soutien qui pourrait, à terme, renforcer les capacités défensives ukrainiennes sur ce front terrestre disputé, même si les effets concrets de ces annonces financières prennent généralement plusieurs mois avant de se traduire en équipements effectivement livrés sur le terrain.
Cette annonce diplomatique coexiste avec la poursuite ininterrompue des combats dans le Donbass, rappelant que les négociations et les annonces à Ankara n’ont eu, à ce stade, aucun effet immédiat sur l’intensité des affrontements documentés quotidiennement par l’état-major ukrainien sur ce segment précis du front.
La promesse de licence Patriot, sans lien direct avec ce front précis
La promesse de licence de production Patriot faite par Donald Trump concerne principalement la défense aérienne contre les missiles balistiques russes, un enjeu distinct mais complémentaire de la situation du front terrestre dans le Donbass, où les combats restent dominés par l’artillerie, les drones et l’infanterie plutôt que par les frappes de missiles balistiques longue portée.
Cette distinction entre les différents dossiers de soutien occidental à l’Ukraine, défense aérienne d’un côté, soutien direct au front terrestre de l’autre, rappelle la complexité multidimensionnelle de cette guerre, où chaque théâtre d’opérations nécessite des solutions et des équipements spécifiques adaptés à sa nature particulière.
Soixante-dix milliards annoncés à Ankara, et pourtant les 268 accrochages du 9 juillet n’ont pas changé de nature. Les promesses diplomatiques et la réalité du front avancent sur des horloges différentes, et il faut se méfier de confondre les deux dans notre lecture de cette guerre.
Les scénarios d'évolution pour la fin de l'été 2026
Une consolidation russe partielle possible à Kostiantynivka
Plusieurs blogueurs militaires russes anticipent que Kostiantynivka pourrait être considérée comme substantiellement sous contrôle russe d’ici le mois d’août 2026, un calendrier qui, s’il se confirme, marquerait une consolidation après près d’un an d’infiltrations et de combats dans ce secteur précis du Donbass central.
Cette prévision, émise par des sources habituellement favorables au Kremlin, doit néanmoins être traitée avec la même prudence méthodologique que toute autre annonce optimiste russe, compte tenu des multiples prédictions similaires déjà démenties par les faits au cours des mois précédents sur ce même secteur du front.
Une guerre d’usure qui pourrait se prolonger sans résolution rapide
Indépendamment de l’issue précise de la bataille de Kostiantynivka, la dynamique globale de cette guerre d’usure dans le Donbass suggère une prolongation du conflit sur plusieurs mois, voire plusieurs années supplémentaires, sans percée décisive claire pour l’une ou l’autre partie à l’horizon actuellement visible pour les analystes militaires occidentaux.
Cette perspective de prolongation, aussi peu réjouissante soit-elle, doit être intégrée dans toute planification occidentale de soutien à long terme à l’Ukraine, un soutien qui devra probablement s’inscrire dans une temporalité bien plus longue que ce que certains décideurs occidentaux avaient initialement anticipé au début de cette invasion.
Personne ne veut entendre qu’une guerre pourrait durer encore des années. Mais refuser cette réalité par confort émotionnel ne rend service à personne, surtout pas à l’Ukraine, qui a besoin d’un soutien occidental planifié pour le long terme, pas pour la seule prochaine manchette.
Ce que ce front révèle sur la résilience ukrainienne globale
Une armée qui tient malgré l’infériorité numérique documentée
Malgré une infériorité numérique généralement reconnue par les analystes militaires occidentaux, l’armée ukrainienne parvient à maintenir des lignes de défense cohérentes dans le Donbass depuis plus de quatre ans, une résilience qui repose sur une combinaison de fortifications préparées, de technologie de drones innovante et d’une motivation défensive difficile à égaler pour des troupes russes menant une guerre offensive dans un pays étranger.
Cette résilience, documentée secteur après secteur, contredit les prédictions initiales de nombreux analystes qui anticipaient un effondrement rapide de la défense ukrainienne face à la supériorité numérique et matérielle russe généralement admise au début de l’invasion en 2022.
Une leçon stratégique pour l’ensemble de l’Occident
Cette capacité ukrainienne à résister durablement face à un adversaire supérieur en nombre offre une leçon stratégique précieuse pour l’ensemble des démocraties occidentales confrontées à des menaces similaires, notamment face à la Chine, à l’Iran et à la Corée du Nord, dont les ambitions régionales pourraient un jour tester la résilience défensive de leurs voisins respectifs de manière comparable.
C’est cette leçon plus large, dépassant le seul cas ukrainien, qui justifie l’attention soutenue que l’Occident doit continuer à porter à ce front, non seulement par solidarité envers l’Ukraine elle-même, mais aussi par intérêt stratégique direct pour comprendre les dynamiques de la guerre moderne face aux puissances autoritaires.
Cette guerre d’usure ukrainienne est aussi un laboratoire stratégique pour l’Occident tout entier. Ce que l’Ukraine apprend sur la résistance face à un adversaire numériquement supérieur pourrait un jour servir à d’autres démocraties confrontées à des menaces similaires.
Les limites de cette cartographie et ce qu'elle ne peut pas prédire
L’incertitude inhérente à toute prévision militaire
Cette analyse cartographique, aussi rigoureuse soit sa méthode, ne peut prédire avec certitude l’évolution précise du front dans les semaines à venir, la guerre restant par nature un domaine où l’incertitude domine et où des développements imprévus, tant tactiques que politiques, peuvent modifier rapidement des dynamiques qui semblaient pourtant stables depuis plusieurs mois consécutifs.
Cette humilité méthodologique s’impose face à la complexité réelle de ce conflit, où même les meilleures évaluations de sources ouvertes comme celles de l’ISW reconnaissent explicitement leurs propres marges d’erreur et d’incertitude inévitables dans un contexte de guerre active.
Ce que l’on peut affirmer avec un niveau de confiance raisonnable
Malgré ces incertitudes inévitables, certains constats factuels documentés permettent une évaluation raisonnablement fiable de la situation actuelle : l’intensité des combats dans le Donbass reste élevée, les gains territoriaux russes demeurent lents et coûteux, et la résistance ukrainienne, bien que sous pression constante, n’a montré aucun signe d’effondrement généralisé à ce stade du conflit durant l’été 2026.
C’est cette combinaison de rigueur factuelle et d’humilité méthodologique qui doit continuer à guider toute analyse sérieuse de ce front complexe, refusant à la fois l’optimisme excessif et le pessimisme injustifié face à une situation qui évolue lentement mais de manière continue.
Je préfère l’humilité méthodologique à la certitude fausse. Personne ne peut prédire avec exactitude ce qui se passera à Pokrovsk dans un mois. Mais documenter ce que l’on sait aujourd’hui, avec ses limites reconnues, reste la meilleure contribution journalistique possible à ce dossier.
La dimension politique interne russe derrière ces pertes
Un silence officiel qui contraste avec les chiffres du terrain
Le Kremlin évite systématiquement de publier des chiffres officiels de pertes militaires précis pour ce secteur du Donbass, une opacité qui contraste fortement avec les estimations détaillées fournies par les commandants ukrainiens sur le terrain, une asymétrie d’information qui sert clairement les intérêts politiques internes de Vladimir Poutine face à sa propre population russe.
Cette opacité officielle permet au Kremlin de maintenir un récit de progrès militaire constant devant l’opinion publique russe, même lorsque les gains territoriaux réels restent, comme documenté secteur après secteur, extrêmement limités au regard des pertes humaines engagées dans cette offensive prolongée du Donbass.
Les familles russes qui commencent à poser des questions
Des témoignages indirects, relayés par des blogueurs militaires russes eux-mêmes critiques envers le commandement, suggèrent que certaines familles de soldats russes engagés dans le secteur de Kostiantynivka commencent à questionner ouvertement le rapport entre les pertes subies et les gains territoriaux annoncés par les autorités militaires russes officielles.
Ce type de questionnement interne, encore marginal mais documenté par des sources ouvertes russes, pourrait à terme peser sur la capacité politique du Kremlin à maintenir ce rythme de pertes sans susciter une contestation interne plus large au sein de la société russe elle-même.
Quand même les blogueurs militaires russes commencent à douter du rapport pertes-gains à Kostiantynivka, c’est un signal qui mérite l’attention. Le silence officiel du Kremlin ne tiendra pas indéfiniment face à des chiffres aussi disproportionnés documentés mois après mois.
Ce que l'aide occidentale pourrait changer sur ce front précis
Des équipements qui arrivent lentement mais qui arrivent
Les 70 milliards d’euros promis lors du sommet de l’OTAN à Ankara le 8 juillet pourraient, sur plusieurs mois, renforcer la capacité défensive ukrainienne précisément dans des secteurs comme Pokrovsk et Kostiantynivka, à condition que ces fonds se traduisent effectivement en équipements livrés et non en simples annonces diplomatiques sans suite concrète sur le terrain.
L’histoire récente du soutien occidental à l’Ukraine montre que le délai entre l’annonce d’une aide financière et son impact réel sur le champ de bataille peut atteindre plusieurs mois, un délai qui pourrait s’avérer critique pour les défenseurs ukrainiens de Kostiantynivka dans les semaines précédant une consolidation russe possible du secteur.
La dépendance ukrainienne persistante envers Washington et l’Europe
Cette dépendance persistante de l’Ukraine envers le soutien financier et matériel de Washington et de ses partenaires européens illustre les limites structurelles de la résilience ukrainienne documentée sur ce front: sans un flux constant et prévisible d’équipements occidentaux, la capacité de Kyiv à maintenir ses lignes de défense actuelles pourrait s’éroder progressivement au fil des mois.
C’est cette dépendance structurelle qui justifie l’attention particulière que cette analyse accorde aux annonces diplomatiques occidentales, non par intérêt géopolitique abstrait, mais parce que ces annonces déterminent concrètement la capacité de résistance ukrainienne sur des secteurs précis comme Pokrovsk et Kostiantynivka.
Soixante-dix milliards promis à Ankara ne valent rien tant qu’ils ne sont pas des obus livrés à Pokrovsk. L’Occident doit comprendre que sa lenteur bureaucratique a un prix mesuré en vies ukrainiennes sur ce front précis, chaque mois de retard compte réellement.
Conclusion : une guerre d'usure sans issue rapide visible
Ce que cette cartographie établit avec certitude
Au terme de cette analyse, un constat s’impose : le front est ukrainien demeure, à l’été 2026, une guerre d’usure caractérisée par des gains territoriaux russes lents, coûteux et souvent instables, concentrés principalement sur Pokrovsk et Kostiantynivka dans le Donbass central. Les 268 accrochages du 9 juillet illustrent une intensité qui ne faiblit pas, malgré l’absence de percée décisive pour l’une ou l’autre partie au conflit.
Cette réalité coexiste avec une campagne parallèle de frappes profondes ukrainiennes contre l’économie de guerre russe, une double pression qui épuise les ressources de Moscou sur deux dimensions simultanées de ce conflit prolongé, sans qu’aucune de ces deux dimensions ne détermine encore complètement l’issue globale de la guerre.
Une patience stratégique qui devra s’inscrire dans la durée
Cette cartographie factuelle du front invite à une patience stratégique de la part de l’ensemble des observateurs et des décideurs occidentaux, qui doivent intégrer la possibilité réaliste d’une prolongation de ce conflit sur plusieurs mois, voire plusieurs années supplémentaires, sans céder ni à l’optimisme prématuré ni au fatalisme injustifié face à la résilience ukrainienne documentée jusqu’à présent.
C’est cette rigueur factuelle, appliquée sans complaisance envers aucune des deux parties au conflit, qui doit continuer à structurer toute couverture sérieuse de cette guerre d’usure dans les mois à venir, pour l’Ukraine comme pour l’ensemble de ses partenaires occidentaux qui suivent ce dossier avec attention.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
268 accrochages enregistrés sur le front, Pokrovsk en tête — Ukrainska Pravda, 9 juillet 2026
Évaluation de la campagne offensive russe du 1er juillet — ISW, 2 juillet 2026
Poutine affirme faussement la prise de Kostiantynivka — ISW, 3 juillet 2026
Évaluation de la campagne offensive russe du 8 juillet — ISW, 9 juillet 2026
Sources secondaires
Mise à jour du front Russie-Ukraine — RBC-Ukraine, juillet 2026
Military Times, couverture des opérations dans le Donbass — juillet 2026
Cinq points clés du sommet de l’OTAN à Ankara — Al Jazeera, 8 juillet 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.