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REPORTAGE : Washington envoie 26,5 millions à la Colombie en ruine, mais garde ses tarifs sur les décombres
Crédit: Adobe Stock

Les premières heures appartiennent aux voisins.

Avant les pelleteuses, avant les équipes cynophiles, avant les caméras, ce sont des habitants qui creusent dans le béton avec leurs mains nues, rapporte le Guardian.

Des ongles contre des dalles.

À Cali, à Armenia, à Manizales, les autorités décrètent des couvre-feux pour libérer les rues, pendant que les hôpitaux de cinq villes passent en alerte rouge.

Une soixantaine de bâtiments se sont effondrés d’un coup, environ mille six cents autres sont endommagés selon les premiers recensements du Guardian, et des centaines tiennent debout sans qu’on sache pourquoi.

Debout jusqu’à la prochaine réplique, peut-être.

Carmen Yasmin Garcia, quarante-trois ans, bénévole, dit à Reuters ce que tout le monde pense : la première priorité, c’est de sortir les gens coincés sous les gravats.

Une phrase simple. Une phrase qui organise des milliers de vies pendant des jours.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, envoie un millier d’agents en renfort à Cali, promet des subventions de loyer aux déplacés de Quibdó.

Le festival Petronio Alvarez, la grande fête de la culture afro-colombienne, est reporté.

La musique attendra.

Dans un pays où la fête est une forme de résistance, reporter le Petronio, c’est admettre que cette fois, la blessure dépasse tout ce que la musique sait guérir.

Les répliques, elles, n’attendent pas : plus de vingt secousses secondaires dans les jours qui suivent, chacune vidant les immeubles encore habitables.

Ce pays connaît la partition par cœur, et c’est ce qui serre la gorge.

En 1999, un séisme bien plus faible avait tué plus de mille personnes dans les mêmes montagnes du centre du pays.

Chaque famille d’ici porte un mort de la terre quelque part dans sa mémoire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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