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ANALYSE : 11 mois de brouille, 5 ans d’absence — Wang Yi dîne à Séoul alors que Trump coupe les manœuvres
Crédit: Adobe Stock

Pour comprendre le dîner de mercredi, il faut remonter au samedi précédent.

Le 15 août, jour du 81e anniversaire de la Libération, Lee Jae Myung prononce le discours le plus lourd de son mandat.

Le président y propose d’ouvrir des discussions pour remplacer l’armistice de la guerre de Corée par un système de paix permanent.

L’armistice de 1953 n’est pas un traité de paix. C’est un cessez-le-feu de soixante-treize ans, signé par des généraux, jamais transformé en règlement politique. Techniquement, la guerre de Corée n’est pas finie. Elle reste suspendue.

Lee appelle les parties concernées à mettre de côté leurs intentions de se menacer mutuellement et à entamer des discussions pour clore cet état de guerre. Jamais il n’avait proposé aussi explicitement un cadre multilatéral pour y parvenir.

Rien d’improvisé dans cette annonce. Dès le 1er juillet, à l’approche du premier anniversaire de son investiture, Lee promettait déjà de travailler à remplacer l’armistice inter-coréen par un régime de paix. Le discours du 15 août transforme la promesse en proposition formelle, datée, adressée.

Mesurons ce que ce pari a d’audacieux. Chaque président sud-coréen progressiste depuis Kim Dae-jung a tenté sa percée vers le Nord. Chacune s’est brisée sur le même mur : Pyongyang ne négocie pas la paix avec Séoul, qu’il considère comme un figurant, mais avec Washington, qu’il considère comme l’adversaire utile. Lee le sait. C’est précisément pour cela qu’il lui faut la Chine dans la pièce : elle seule peut rendre à Séoul un siège à une table dont Pyongyang voudrait l’exclure.

Qui sont les parties concernées ? Le texte ne les nomme pas. Mais l’arithmétique de 1953 les nomme pour lui : les deux Corées, les États-Unis, la Chine.

La Chine, donc. Celle dont le ministre des Affaires étrangères atterrit à Séoul quatre jours plus tard.

Pyongyang a répondu au discours de Lee par un chiffre : zéro. Dimanche matin, l’agence centrale nord-coréenne et le Rodong Sinmun n’avaient pas consacré une ligne à la proposition. Le Nord a préféré couvrir ses propres célébrations, les gerbes de fleurs au palais de Kumsusan, un match de football au stade Kim Il Sung, un feu d’artifice sur la place.

Séoul propose la paix. Pyongyang répond par un feu d’artifice qui ne lui est pas adressé.

Le rôle que Séoul se rêve a même un nom dans les éléments de langage présidentiels : celui de « meneur d’allure », le coureur qui imprime le rythme pour que d’autres — Washington et Pyongyang — finissent la course. Encore faut-il que les deux autres coureurs acceptent de courir.

Sources :

Sources Primaires :

Ministère chinois des Affaires étrangères — Wang Yi s’entretient avec le ministre sud-coréen Cho Hyun à Pékin, « voisins qu’on ne peut pas déménager », 17 septembre 2025

Ministère chinois des Affaires étrangères — Entretien téléphonique Wang Yi–Cho Hyun avant la visite d’État de Lee Jae Myung, 31 décembre 2025

Ministère chinois des Affaires étrangères — Annonce de la visite de Wang Yi en RPDC les 9 et 10 avril, 8 avril 2026

Ministère chinois des Affaires étrangères — Entretiens Wang Yi–Choe Son Hui à Pyongyang, 65e anniversaire du traité sino-nord-coréen, 9 avril 2026

Ministère chinois des Affaires étrangères — Entretiens Wang Yi–Choe Son Hui à Pékin, opposition commune à « toutes les formes d’hégémonisme », 28 septembre 2025

Commandement des Nations unies — Table ronde du général Scott Winter sur Ulchi Freedom Shield 2026, Yongsan, transcription, 6 août 2026

United States Forces Korea — Présentation officielle de l’exercice Ulchi Freedom Shield, environnement combiné, interarmées et interagences

Département d’État des États-Unis — Rencontre trilatérale Rubio–Cho Hyun–Motegi à Manille, dénucléarisation complète de la RPDC, 22 juillet 2026

Sources Secondaires :

UPI / Yonhap — Programme de la visite de Wang Yi les 19 et 20 août : tête-à-tête, banquet, visite de courtoisie à Lee Jae Myung, première visite en cinq ans, 18 août 2026

The Japan Times — Le chef de la diplomatie chinoise à Séoul pendant que Trump sème le doute sur la fiabilité américaine, 18 août 2026

The Straits Times — Le président sud-coréen recevra le chef de la diplomatie chinoise, 18 août 2026

Associated Press — Trump ordonne au Pentagone de réduire les exercices conjoints avec la Corée du Sud, 18 000 soldats, onze jours, réaction de Mark Kelly, 17 août 2026

South China Morning Post — Les manœuvres américano-sud-coréennes réduites de moitié, phase de contre-attaque annulée, fin vendredi au lieu du 27 août, sommet Trump-Kim envisagé, 19 août 2026

UPI / Asia Today — Le chef de l’opposition Jang Dong-hyuk dénonce un « désastre diplomatique », 17 août 2026

UPI / Asia Today — Aucune réponse nord-coréenne à la proposition de Lee Jae Myung de discussions pour clore la guerre de Corée, 16 août 2026

UPI / Asia Today — La visite de Wang Yi attendue les 19-20 août, rencontre du premier trimestre jamais tenue, inquiétudes de Séoul sur l’axe Pékin-Pyongyang, 29 juillet 2026

The Straits Times — Premier sommet Lee-Xi à Gyeongju en marge de l’APEC, demande d’aide pour reprendre le dialogue avec Pyongyang, 1er novembre 2025

South China Morning Post — Xi Jinping annonce que Shenzhen accueillera l’APEC 2026, 1er novembre 2025

The Straits Times — Visite d’État de Lee à Pékin, quinze accords signés, « restauration à grande échelle » des relations en 2026, 5 janvier 2026

The Straits Times — Analyse du second sommet Xi-Lee, selfie au Xiaomi offert à Gyeongju, gel THAAD depuis 2017, première visite présidentielle sud-coréenne depuis 2019, 6 janvier 2026

South China Morning Post — Premier appel Wang Yi–Cho Hyun, 45 minutes, appel à une politique chinoise indépendante, juillet 2025

South China Morning Post — Wang Yi reçoit la délégation de Park Byeong-seug, relation « à un moment charnière », août 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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