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ANALYSE : Mourir de sa tête, ou attendre encore — le Canada devant le 17 mars 2027
Crédit: Adobe Stock

Carter, C-14, C-7 : la trajectoire d’un droit

Il faut retracer la chaîne. En 2015, la Cour suprême, dans Carter contre Canada, invalide l’interdiction absolue de l’aide à mourir. En 2016, le projet de loi C-14 encadre le régime autour d’une mort raisonnablement prévisible. En 2021, le projet de loi C-7 ajoute une seconde voie pour les personnes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible, tout en excluant temporairement, pour vingt-quatre mois, la maladie mentale comme seule condition. C’est la fameuse clause de temporisation.

Cette clause devait expirer en mars 2023. Elle n’a jamais expiré. Le projet de loi C-39 l’a repoussée d’un an. Puis C-62 l’a repoussée de trois années supplémentaires, jusqu’au 17 mars 2027. Le régime canadien s’est ainsi construit par élargissements successifs, entrecoupés de moratoires improvisés lorsque le terrain ne suivait plus la loi.

Le rapport de juin 2026 change le décor

Le 17 juin 2026, le Comité mixte spécial sur l’aide médicale à mourir remet à la Chambre et au Sénat un rapport de quatre-vingt-dix-huit pages contenant une recommandation unique : modifier le Code criminel afin d’exclure indéfiniment de l’admissibilité les personnes dont la seule condition médicale sous-jacente est une maladie mentale.

Ce rapport n’est pas une loi. Il n’a pas de valeur contraignante. Il déplace pourtant le centre de gravité politique. Pour la première fois, un comité mixte majoritaire n’écrit plus « le pays n’est pas prêt en 2027 », mais « le pays ne devrait pas être prêt du tout, dans les mêmes termes ».

Une recommandation d’indéfini n’est pas un refus; c’est un aveu que le seuil de sécurité n’est peut-être pas atteignable dans les paramètres actuels.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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