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CHRONIQUE : La France ne se noie pas dans sa dette, elle s’y résigne
Crédit: Adobe Stock

Le lundi 8 septembre 2025

François Bayrou avait choisi son terrain. Il avait convoqué l’Assemblée sur l’article 49, alinéa 1, pour engager la responsabilité de son gouvernement sur la maîtrise des finances. Sur cinq cent soixante-treize votants, cent quatre-vingt-quatorze députés lui ont accordé leur confiance, trois cent soixante-quatre la lui ont refusée, quinze se sont abstenus. Pour la première fois sous la Cinquième République, un Premier ministre a été renversé par le vote de confiance qu’il avait lui-même sollicité.

Le fait est historique et il faut le dire sans grandiloquence. Une institution née dans l’obsession de la stabilité gouvernementale s’est retrouvée face à un chef d’exécutif qui, ayant lui-même construit sa mise à mort politique, s’est présenté au bourreau avec le procès-verbal déjà signé. Ce geste inhabituel raconte moins un coup d’audace qu’un aveu : Bayrou savait que le compromis n’existait plus, il a préféré tomber debout et remettre la clef à Emmanuel Macron le lendemain à treize heures trente, à l’Élysée.

La chute annoncée

Bayrou n’avait ni la majorité de son propre camp, ni les voix de la gauche, ni le soutien du Rassemblement national. Il avait un discours, la conviction de l’urgence budgétaire et un pari : que les députés, effrayés par la perspective d’un naufrage plus profond, se lèveraient pour lui. Ils ne se sont pas levés. Ils ont voté. Et ce vote a instauré une brèche dans la mémoire institutionnelle française, qu’aucun successeur ne pourra prétendre ignorer.

Un Premier ministre qui appelle à la confiance pour se sauver et qui se voit répondre par le refus a inscrit une jurisprudence politique dont chacun de ses successeurs devra désormais tenir compte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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