« Gideon’s Chariots II »
Le nom compte.
Selon un communiqué de l’IDF diffusé mardi et rapporté par Fox News, les troupes du 98ᵉ, 162ᵉ et 36ᵉ Division, en service régulier et de réserve, ont entamé des « opérations terrestres élargies » à Gaza City dans le cadre de l’opération « Gideon’s Chariots II ».
Gédéon, c’est le juge d’Israël dans le Livre des Juges. Les Chariots, c’est le blindé mécanisé moderne. Le II, c’est la promesse d’une suite.
Ce n’est pas la Défense qui parle. C’est la théologie. En treillis.
La première opération « Chariots de Gédéon » a couvert le sud et le centre de Gaza. Elle a « déblayé la route » vers le nord, selon la même dépêche. La suite entre dans Gaza City.
Trois divisions dans une ville
Trois divisions.
Le Long War Journal, qui suit la guerre depuis vingt-trois mois, précise que le 98ᵉ a joué un rôle-clé dans la prise de Khan Younès et les combats dans les banlieues de Gaza City en 2024. Le 162ᵉ est décrit comme « la division la plus expérimentée d’Israël dans le combat urbain ». Le 36ᵉ, lui, avait coupé Gaza City du centre de la bande dès la fin octobre 2023.
La Gaza Division tient la ceinture de sécurité vers le Néguev, Rafah, Khan Younès. La 99ᵉ tient le nord. Toute la géographie militaire converge sur un point : le cœur urbain.
Aucune improvisation. Un plan approuvé en août, préparé pendant deux semaines de frappes aériennes, exécuté à la mi-septembre.
Un plan, ce n’est jamais un accident.
Les 850 cibles
Une semaine de frappes
Huit cent cinquante.
C’est le nombre de cibles frappées par l’aviation israélienne à Gaza City entre le 9 et le 16 septembre 2025, selon le Long War Journal. Une semaine. Une moyenne d’environ cent vingt frappes par jour sur une ville déjà pilonnée depuis 2023.
Ces frappes sont présentées comme préparatoires. Elles « dégradent les défenses de Hamas » et « préparent le terrain » pour l’entrée des troupes au sol, indique la dépêche relayée par Fox News.
Elles ont tué, selon la même dépêche, « des centaines de combattants du Hamas ». Aucune preuve publiée. Le mot du militaire tient lieu de démonstration.
Huit cent cinquante feux dans le ciel d’une ville. La ville, en dessous, n’a plus de ciel.
Les tours qui tombent
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, l’a dit lui-même.
Le 17 septembre, il a affirmé que 25 immeubles de grande hauteur avaient été frappés à la veille de la manœuvre au sol. Il a ajouté que l’IDF « changeait la ligne d’horizon » de Gaza en détruisant ces bâtiments.
L’argument officiel : Hamas y aurait installé des postes d’observation et du matériel de renseignement. L’aviation le prétend. Une photo aérienne d’un immeuble a été publiée par l’IDF le 15 septembre pour appuyer cette affirmation.
La conséquence ne fait pas débat. Les tours sont les repères d’une ville. Frapper vingt-cinq tours, c’est effacer un plan de ville.
Un urbanisme s’écrit avec des chars et des JDAM. Un urbanisme, ça se lit ensuite dans un vide qu’on ne remplace pas.
Une skyline qu’on rase, c’est une mémoire qu’on empêche.
Quarante pour cent
Le chiffre qui divise
À la mi-septembre, l’IDF a affirmé contrôler 40 % de Gaza City, selon le Long War Journal.
Ce chiffre n’est pas un pourcentage. C’est une frontière mobile.
En Cisjordanie et à Gaza, cette frontière a un nom : la « ligne jaune », des blocs de béton peints installés par Israël en travers de la bande. Elle est décrite par l’ONU comme « se déplaçant constamment vers l’ouest ». Elle avance chaque semaine.
Elle avance jusqu’où. Personne ne sait. On sait seulement qu’elle avance.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a lancé aux habitants de Gaza City un appel dépourvu d’ambiguïté : « Rejoignez les plus de 40 % des habitants de la ville qui ont déjà évacué. » C’est le chiffre officiel de l’expulsion.
Ce que 40 % veulent dire
Quarante pour cent d’une ville. Presque la moitié. Des rues connues.
La moitié des écoles. Des mosquées. Des dispensaires. Des marchés. C’est un tissu urbain, pas un tableau de bord.
Le CNN, cité par Long War Journal, indique que l’armée israélienne estime que l’offensive pourrait durer « plusieurs mois ». Plusieurs mois pour porter ce 40 % à 100 %. Plusieurs mois pour finir d’écrire une géographie neuve.
Le calendrier n’est pas neutre. Chaque mois se paie en morts et en tentes.
Un pourcentage est une ligne qui saigne.
Le mot du général
« Le plus grand bouclier humain »
Le porte-parole de l’armée, le général de brigade Effie Defrin, a livré la doctrine, mot pour mot, le 16 septembre, dans une phrase relayée par le Long War Journal :
« Gaza City is the central hub of Hamas’s military and governing power—their main stronghold. Hamas has turned Gaza City into the largest human shield in history. »
Traduction : la ville, entière, est un bouclier. Donc la ville, entière, est une cible.
Cette phrase est une doctrine. Elle transforme un espace civil en champ militaire par simple assertion. Elle absout d’avance la frappe qui suivra.
Ce raisonnement, appliqué à toute capitale, permettrait d’y entrer.
Ce qu’un mot autorise
Un « bouclier humain » est un concept juridique.
Il permet, dans la lecture israélienne du droit humanitaire, d’attaquer sous la contrainte de la nécessité militaire, en assumant les pertes civiles comme « collatérales ». Le concept, tel qu’énoncé par Defrin, est décliné à l’échelle d’un million de personnes.
Il n’a plus de valeur juridique. Il devient une figure. De langue.
Le droit humanitaire n’a jamais prévu qu’une ville, dans son ensemble, puisse être qualifiée de « bouclier ». Il prévoit le contraire : la protection.
Un mot n’est pas une preuve; un mot est une porte ouverte.
Le 18 août
Un café dans un port
Retour en arrière. Le mardi 18 août 2026.
Selon Reuters, un avion israélien a tiré deux missiles sur un petit café installé à l’intérieur du port de pêche, à l’ouest de Gaza City. Six Palestiniens au moins ont été tués. Quatorze autres blessés. Un enfant, selon Hamas, figure parmi les morts.
Le port était devenu un camp de déplacés. Pendant la guerre. Le café, un lieu de rassemblement modeste.
L’armée a affirmé viser des « commandants du Hamas » et « plusieurs autres militants ». Elle n’a produit aucune preuve. Elle a précisé qu’un des visés aurait participé aux attaques du 7 octobre 2023.
Le sol, écrit Reuters, était « souillé de sang, jonché de débris et de chaussures ». C’est la matérialité de la guerre, réduite à un vocabulaire de plancher.
Le lendemain d’une visite
Le 18 août. Pas un jour au hasard.
Le 17 août, la veille, Jared Kushner avait quitté Jérusalem après avoir rencontré Benjamin Netanyahu. Le 16 août, il avait rencontré des médiateurs et des dirigeants du Hamas en Égypte, pour discuter du « feuille de route » de Donald Trump sur Gaza.
Le lendemain de son départ, l’armée a frappé un café dans un port devenu camp. Reuters le note en une phrase. Le monde a lu.
La séquence a une forme. Un émissaire s’en va. Une frappe survient. Le message se lit en langue diplomatique : la pression militaire ne s’interrompt pas pour un dîner.
La visite s’en va; la frappe reste.
La phrase de Kushner
« Finish the job »
Le même jour du café, Kushner accorde une interview à Fox News.
Sa phrase, rapportée par Reuters :
« If they (Hamas) don’t follow through now on their commitment, everyone will see that they’re not genuine about peace, and then Israel will have a lot more support from the U.S. and others to go and finish the job in the appropriate way. »
Traduction sans détour : si Hamas n’honore pas l’accord, Israël aura « beaucoup plus de soutien » des États-Unis « et d’autres » pour « finir le travail de la manière appropriée ».
« Finish the job ». Trois mots. Pas un slogan. Une doctrine.
Un envoyé, un feu vert
Kushner. Pas un ministre.
Il est un émissaire de l’administration Trump, membre du « Board of Peace » que la présidence américaine a monté pour Gaza. Un fonctionnaire de ce Board, cité par Reuters, précise qu’Israël conserve son « plein droit de légitime défense » et qu’il n’y aura pas de « redéploiement » avant le désarmement du Hamas.
Un feu vert. Pas un feu jaune.
Le mot « finish » signe la séquence. On ne finit pas une négociation. On finit un adversaire. Ou une ville.
Une phrase qui tue avant que l’obus tombe.
Le refus de Netanyahu
Le 9 août
La position israélienne, elle, est écrite.
Le 4 août, Benjamin Netanyahu a affirmé qu’Israël ne se retirerait pas de Gaza avant le « désarmement complet du Hamas », selon la chronologie Wikipedia du conflit 2026. Le 9 août, il a rejeté le plan de paix américain en quinze points.
Quinze points. Rejetés. En un bloc. Sans contre-proposition écrite.
Plus une négociation. Une posture. Un rejet public sert de tribune.
Un fonctionnaire israélien, cité par Reuters, ajoute que Netanyahu a « fait comprendre » que l’armée continuerait ses opérations à Gaza et qu’il n’y aurait « aucun repli des troupes ».
Une élection en octobre
Un calendrier politique derrière la stratégie.
Reuters écrit que la coalition au pouvoir de Netanyahu était en retard dans les sondages à l’approche d’un scrutin d’octobre. Chaque semaine militaire est aussi une semaine électorale. Chaque frappe est un message intérieur.
Une guerre qui dure sert un pouvoir qui doute. Cette équation est aussi vieille que la politique elle-même.
C’est cette équation qui rend l’appel humanitaire vain. Le Premier ministre n’écoute pas le monde. Il écoute son parti.
Le calendrier électoral est un carburant militaire.
Les 60 000
La mobilisation de septembre
Le plan a un prix humain. Un chiffre.
Selon le South China Morning Post, la mobilisation approuvée par le cabinet israélien prévoyait le rappel d’environ 60 000 réservistes. La convocation devait commencer début septembre.
Soixante mille. Pas une brigade. Un pays qu’on rappelle.
Ces réservistes ne sont pas des soldats de métier. Ce sont des professeurs, des programmeurs, des chauffeurs, des pères de famille. Ils reprennent l’uniforme. Ils rentrent dans une ville où l’on frappe des tours.
L’armée israélienne, précise Fox News, a dit que ses troupes servaient dans le cadre du service obligatoire « et de réserve ». La distinction n’est plus purement militaire; elle est civilisationnelle.
Ce que 60 000 pèsent
Soixante mille rappelés. Soixante mille emplois vacants. Soixante mille foyers vides. Soixante mille pertes économiques par intermittence.
Israël se prépare à une opération longue. « Plusieurs mois », selon la source militaire citée par CNN. Une économie sous tension. Une société sous ordre.
La rue israélienne le sait, écrit le SCMP : « l’opposition intérieure » a suivi « le tollé international ». Le mot « tollé » est faible. Le mot « refus » serait plus juste.
Mais un refus, quand il ne coûte rien, s’entend en dessous du bruit d’un char.
Un pays qui rappelle est un pays qui doute.
Eilat, une nuit
Un drone du Yémen
La guerre ne tient pas à Gaza.
Selon la revue « Israel Update » de la fédération juive de Dallas, un drone lancé par les Houthis, soutenus par l’Iran, a frappé une zone commerciale d’Eilat, au sud d’Israël, le deuxième jour de Rosh Hashanah. Au moins 22 personnes ont été blessées. Deux se trouvaient dans un état grave.
L’aviation israélienne, précise le même bulletin, n’a pas réussi à intercepter le drone à l’aide du Dôme de fer ni d’autres moyens défensifs.
Un drone. Une ville. Deux blessés graves. La faille n’est pas anodine. Elle a précipité le premier déploiement du nouveau système laser défensif à Eilat.
La guerre s’étend en pointe. Elle n’a plus de front unique.
La journée sainte
Rosh Hashanah. Le nouvel an juif.
Deux soldats israéliens sont tombés durant cette fête. L’un, le sergent-chef Chelchao Shimon Damalesh, 21 ans, tué à Gaza en gardant un bâtiment. Le tireur, dit le bulletin de Dallas, s’est enfui. C’était le 912ᵉ soldat de l’IDF tué depuis le 7 octobre 2023.
L’autre, le major Shachar Netanel Buzaglo, commandant de peloton d’une brigade blindée, a été tué à Gaza City par un lance-roquettes le premier jour de la fête.
Un jour de fête. Deux morts militaires. Un drone yéménite dans un centre commercial. La ligne d’horizon d’un pays entier tremble en même temps que la skyline de Gaza tombe.
La fête d’un peuple s’est ouverte sur des sirènes.
Les 37 ONG
L’ordre du 1er janvier
Ici, il faut remonter. Au début de l’année.
Selon la chronologie Wikipedia du conflit 2026, Israël a ordonné, le 1er janvier, que 37 agences humanitaires seraient bannies d’opérer dans la bande de Gaza à compter du 1er mars 2026. Le motif officiel : ces agences n’auraient pas fourni les informations détaillées demandées sur leur personnel palestinien.
Trente-sept agences. Écartées. D’un stylo administratif.
Ces agences soignent. Elles distribuent. Elles protègent. Elles éduquent. Elles disparaissent par décret. Le vide n’est pas comblé.
L’ONU relève, dans une dépêche de juillet, que « les opérations militaires israéliennes, les déplacements et l’accès dégradé ont encore limité l’aide humanitaire ».
Un blocage à la mer
Le « Global Sumud Flotilla », 50 navires en route vers Gaza, a été freiné par la météo et des désaccords internes, selon Jewish Dallas.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a proposé aux organisateurs de décharger leur aide dans un port voisin. Il a demandé si cela concernait « l’aide ou la provocation ».
La question, posée depuis Jérusalem, n’attend pas de réponse. C’est un verrou.
Terre bloquée. Mer bloquée. L’aide dépend d’une géographie tenue par l’un des belligérants.
Une porte fermée, c’est une réponse déjà donnée.
La Cisjordanie qui saigne aussi
850 blessés depuis 2026
Gaza n’est pas seule. La Cisjordanie saigne aussi.
Depuis le début de l’année 2026, plus de 850 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie par des colons ou les forces israéliennes, selon les données rassemblées sur le dossier. Les Nations unies parlent, dans leur dépêche de juillet, d’une « poussée » de violences dans le territoire.
Le 16 août, l’IDF a demandé aux habitants de Qusra de quitter leurs propriétés durant une opération militaire visant à évacuer des colons israéliens assiégeant le village.
La contradiction est publique. L’armée protège des colons dans un village palestinien. Le mot « occupation » retrouve toute sa force.
La haute-commissaire aux droits humains, Thameen Al-Kheetan, l’a dit : « The whole of the Gaza Strip is under the Israeli occupation. » La formule s’étend, par ricochet, à la Cisjordanie.
Les colonies qui poussent
Le 20 août, le Royaume-Uni, la France, le Canada, l’Italie et l’Allemagne ont qualifié d’« inacceptable » le projet israélien de construire 1 200 logements de colonies en Cisjordanie. Ils ont exigé qu’Israël « retire immédiatement » les plans.
Cinq alliés. Un communiqué. Un projet. Non retiré.
Le mot « inacceptable » sonne moins fort quand il n’est suivi d’aucune conséquence. C’est la grammaire diplomatique de l’ère 2026.
Un plan de colonies. Un plan d’évacuation. Deux territoires. Une même logique.
Deux frontières, une même main.
Le silence des chancelleries
Un tollé qui n’atteint pas
Le monde parle. Le SCMP l’écrit. Le monde ne fait rien.
L’expansion des combats a suscité un « tollé international » et une « opposition intérieure ». Les mots sont ceux de la dépêche. La conséquence militaire est nulle. Le plan avance quand même.
Les diplomaties européennes, arabes, asiatiques ont, chacune, prononcé leur mot. Aucun mot n’a arrêté un obus.
Le tollé, c’est un son. Un son. Un char, ça avance.
Une résident, Ahmad al-Shanti, cité par le SCMP, a livré la seule phrase que le monde entend en ce moment : « La maison tremble avec nous toute la nuit — le bruit des explosions, de l’artillerie, des avions, des ambulances et des cris à l’aide nous tue. »
Le vocabulaire officiel
Lire, dans cette phrase, le mot « nous ».
Une famille. Pas une administration. Pas une chancellerie. Une famille dans une maison qui tremble.
Ce mot « nous » est absent des communiqués. Les communiqués parlent en « populations », en « civils », en « pertes ». Ils ne disent jamais « nous ».
La distance de langage protège. Elle sépare celui qui parle de celui qui meurt.
Le mot « nous » est absent du droit international.
Les 1 100 morts
Depuis le cessez-le-feu
Le cessez-le-feu d’octobre 2025. Pas un cessez-le-feu.
Le ministère palestinien de la Santé, cité par l’ONU, avait déjà dénombré plus de 1 100 Palestiniens tués par l’armée israélienne depuis cette date. Le Haut-Commissariat aux droits humains a, lui, vérifié 685 tués entre octobre et mi-avril 2026, dont 283 femmes et enfants, tués « principalement dans les attaques israéliennes ».
Un cessez-le-feu, dans ce vocabulaire, c’est un rythme, pas un arrêt.
Le mot cesse dans le communiqué. Il ne cesse pas dans les hôpitaux.
L’ONU rapporte, pour la seule semaine du 13 au 20 juillet, 57 morts palestiniens, dont six enfants et huit femmes. Une semaine. Un chiffre. Un cessez-le-feu.
La ligne jaune
La « ligne jaune ». Des blocs de béton.
Ils marquent la lisière du contrôle militaire israélien. Ils se déplacent vers l’ouest, écrit l’ONU. L’armée « tire régulièrement sur les Palestiniens qui se trouvent simplement à proximité », selon Thameen Al-Kheetan.
Trente-quatre des 57 tués la semaine du 13 juillet l’ont été « loin » de la ligne. Une ligne mobile, donc, qui tue à distance.
Plus une ligne. Une manœuvre géographique. Quotidienne.
Une ligne qui bouge est une ligne qui saigne.
La question qui reste
Ce que « finir le travail » veut dire
Bout d’une semaine. D’annonces.
Trois divisions dans une ville. Huit cent cinquante frappes. Vingt-cinq tours. Quarante pour cent contrôlés. Quatre cent cinquante mille fugitifs. Soixante mille réservistes rappelés. Une phrase américaine : « finish the job ». Un plan de paix rejeté. Un drone yéménite dans un centre commercial. Deux soldats tombés un jour de fête. Trente-sept ONG bannies.
Pas un accident. Une politique.
Une politique qui a un nom : Gideon’s Chariots II. Une politique qui a une doctrine : la ville-bouclier. Une politique qui a un maître d’œuvre : Benjamin Netanyahu. Une politique qui a un feu vert : Jared Kushner.
Une politique qui a une conséquence : l’effacement d’une ville, mesuré en pourcentages.
Quatre cent cinquante mille pas plus tard
Alors la question, en ce début de septembre 2026.
Combien de « Gideons » avant que le mot « bouclier » cesse d’autoriser la démolition ? Combien de tours effacées avant que la skyline d’une ville soit reconnue comme un droit ? Combien de fois « le monde » pourra-t-il « appeler à la retenue » sans qu’une seule voix occidentale traduise cet appel en facture ?
Combien de fois.
La phrase de Kushner, prononcée dans un studio de Fox News, vaut son poids d’obus. « Finir le travail de la manière appropriée ». Voilà comment le langage s’approprie le déplacement forcé de 450 000 personnes.
Ce langage a une histoire. Il aura une postérité. Longue.
Gaza City, ce mardi de septembre 2026, n’est pas tombée. Elle a été vidée pour tomber. La distinction est linguistique. Elle est aussi morale. Elle sera un jour juridique.
Une ville qu’on n’a pas défendue devient une preuve.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Jewish Dallas — Israel Update, 450 000 déplacés (ONU), soldats tombés, drone Houthi sur Eilat
Sources Secondaires :
BBC — Couverture continue du conflit israélo-palestinien 2026, contexte régional
JFeed — Détails opérationnels des divisions et statut des évacuations en cours de Gaza City
Xinhua — Frappes israéliennes sur des tours de Gaza City et vocabulaire officiel des immeubles visés
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.