Nommé par Garland
Jack Smith fut nommé procureur spécial le 18 novembre 2022 par le procureur général Merrick Garland. Trois jours après la déclaration de candidature de Trump pour 2024, précise Wikipedia.
Trois jours. Pas quatre. Pas cinq.
Le calendrier disait la méthode. Ne pas laisser un candidat sabrer sa propre poursuite en gagnant. Le procureur spécial devait être un mur porteur.
Garantir l’indépendance du DoJ. Rien de plus. Rien de moins.
Le rapport final Volume One précise la formule officielle : superviser une enquête sur « la lawful transfer of power » et la certification du vote électoral autour du 6 janvier 2021.
La formule est technique. Elle est aussi historique.
Elle décrit le premier procureur spécial nommé pour poursuivre un ancien président fédéralement.
Deux dossiers, deux inculpations
Smith a supervisé deux enquêtes. Le 6 janvier, et les documents classifiés à Mar-a-Lago, précise Wikipedia.
Deux inculpations en ont découlé.
37 chefs en juin 2023 pour les documents. 4 chefs en août 2023 pour l’ingérence électorale. Chiffres nets. Faits documentés.
Reuters rappelle que la mandat de perquisition d’août 2022 à Mar-a-Lago citait probablement des violations de l’Espionage Act. Le FBI y avait saisi onze séries de documents classifiés.
Une première historique. Le premier ancien président inculpé au fédéral.
Wikipedia détaille la superseding indictment. Le total documents monte à 32 chefs pour la retention volontaire. Un procureur spécial méthodique. Un dossier construit brique par brique.
Chaque chef est une preuve. Chaque preuve est un texte. Chaque texte est un exhibit.
Un procureur qui a suivi les procédures.
Deux dossiers cassés
Cannon puis Chutkan
La juge Aileen Cannon a rejeté le dossier documents le 15 juillet 2024, précise Wikipedia. Motif : elle jugeait la nomination de Smith mal fondée.
La juge Tanya Chutkan a suspendu le dossier 6 janvier en novembre 2024. Motif : la Cour suprême avait accordé une immunité présidentielle large.
Puis Trump a gagné.
Puis tout a lâché. En cascade. Dans l’ordre attendu.
Le rapport final du DoJ le confirme. Le 25 novembre 2024, Smith a demandé le retrait de l’inculpation. Doctrine ancienne : pas de poursuite contre un président en exercice.
Rapport final janvier 2025
Le 7 janvier 2025, le rapport Volume One est publié, selon ABC News. Smith y affirme avoir rassemblé assez de preuves pour condamner.
Le rapport reste.
Les procès non.
PBS NewsHour publie le rapport intégral. Le document décrit le conflit Trump-Pence sur la certification. Il documente la ligne d’attaque contre le vice-président.
Il documente aussi l’appel final.
Le rapport revient sur la Cour suprême. Il revient sur l’immunité. Il revient sur l’obstacle constitutionnel. First Amendment Encyclopedia MTSU rappelle les quatre chefs du dossier 6 janvier. Conspiration contre la fonction de sélection présidentielle. Obstruction. Complot d’obstruction. Complot contre les droits civiques.
Quatre chefs.
Quatre articles du code fédéral.
Un texte qui explique ce que le procès aurait dit.
Un texte publié à défaut d’un verdict.
Ce que Grassley veut
Arctic Frost
Le président Grassley a intitulé son enquête sénatoriale Arctic Frost, selon Politico. Il veut demander à Smith comment ont été émis les subpoenas. Le récit républicain parle d’une enquête « weaponized ».
Le mot est choisi. Le mot est arme.
Grassley déclare : « Smith doit répondre directement au Congrès pour ses actes », cite Politico.
La formule est nette. Elle est politique. Elle est aussi procédurale.
Le comité tient son ordre du jour. Il tient aussi le micro.
Douze sénateurs, 44 élus
Grassley affirme que Smith a émis des subpoenas de relevés téléphoniques concernant une douzaine de sénateurs, et récupéré des textos de plus de 44 membres du Congrès, rapporte Politico.
Parmi les cibles nommées.
Mike Lee, républicain de l’Utah. Cory Booker, démocrate du New Jersey. Tom Cotton, républicain de l’Arkansas.
Un démocrate parmi eux. Ça complique la narration partisane. Mais elle tient. Grassley présente l’ensemble comme un abus institutionnel, cible ancienne du droit américain.
Les avocats de Smith répondent qu’il a suivi « les procédures du Justice Department » et « les exigences légales applicables », cite Politico.
Deux récits, un seul micro tendu.
Rosenzweig, cas parallèle
Un blog, une carrière
Le contexte pèse.
Will Rosenzweig, procureur adjoint fédéral au Southern District of Florida pendant cinq ans, a été limogé après qu’une commentatrice eut exhumé un vieux blog critique de Trump, selon CNN.
Le blog date de janvier 2016. Avant l’investiture. Avant la nomination.
Il couvrait la politique. Le basketball universitaire. Le voyage. En janvier 2019, il était « effectively defunct », note CNN.
Un blog de jeune homme. Un texte laissé en ligne.
Trois heures
Rosenzweig fut renvoyé moins de trois heures après le post de la commentatrice Natalie Winters, selon CNN. Trois heures. Le temps d’un déjeuner.
Winters avait tagué la procureure générale Pam Bondi. Elle écrit : « Fire him », cite CNN.
Le mémorandum de licenciement fut signé par Bondi elle-même.
La plainte parle d’une « campagne plus large de licenciements politiques », cite CNN verbatim. Rosenzweig demande sa réintégration. Son arriéré. Des dommages.
Un post, un tag, une carrière effacée.
Blanche cède
Un milliard huit
Le procureur général par intérim Todd Blanche a formellement annulé le fonds « Anti-Weaponization Fund ». 1,8 milliard de dollars, selon KHQ/AP.
Un milliard huit.
Ce fonds aurait servi à indemniser des supporteurs de Trump ayant envahi le Capitole le 6 janvier 2021. Ou d’autres se disant injustement poursuivis. KHQ/AP le documente.
Le fonds a été créé par un règlement de mai entre Trump et l’IRS, précise Politico.
Payer les émeutiers, éventuellement. Avec l’argent public.
Cornyn et Tillis
Les sénateurs républicains John Cornyn du Texas et Thom Tillis de Caroline du Nord avaient menacé de bloquer la nomination de Blanche à moins d’une confirmation écrite de la mort du fonds, selon KHQ/AP.
Cinq républicains inquiets, selon Politico. Aux deux premiers s’ajoutent : Bill Cassidy de Louisiane, Susan Collins du Maine, John Curtis de l’Utah, Lisa Murkowski d’Alaska.
Cinq républicains prêts à claquer la porte.
La pression a fonctionné. Blanche a signé son ordre le dimanche soir, cite Politico. Cornyn et Tillis ont voté pour le lendemain. Le comité a avancé.
Un fonds meurt, une confirmation vit.
Trump ne sait pas
Il défend quand même
Trump lui-même affirme ne pas connaître les détails de l’accord, cite KHQ/AP.
Il déclare : « Je crois qu’il y a eu une signature ». Il ajoute : « Je ne sais pas ce qu’ils ont accepté ».
Puis il défend malgré tout le fonds.
Il dit ses supporteurs traités « très injustement », cite KHQ/AP. Il ne sait pas. Il défend. Il défend ce qu’il ne sait pas.
Trois phrases pour un vide de gouvernance.
Blanche a acheté sa promotion
Blanche a signé une clarification écrite. Il a rescindé le fonds. Il a limité le règlement d’audit aux seuls plaignants et défendeurs.
Cornyn et Tillis ont remercié.
La déclaration commune se lit ainsi : « Nous sommes heureux que le Department of Justice ait émis un ordre formel mettant fin à l’anti-weaponization fund », cite Politico.
Un accord.
Une promotion. Une clarification. Une pression parlementaire qui aura pesé.
La confirmation avait un prix, il fut payé.
Miller, Moreno, la fille
Emily accuse
Le représentant Max Miller, républicain de l’Ohio, allié de Trump, est accusé de violences conjugales par son ex-épouse Emily Moreno, selon KHQ/AP.
Emily Moreno est la fille du sénateur républicain Bernie Moreno, Ohio, proche de Trump.
Miller nie.
Le beau-père a parlé. Le beau-père a dit non. Le beau-père a rompu la ligne.
Politico parle aussi d’allégations d’abus domestique et enfant.
« He should quit »
Bernie Moreno a demandé publiquement que Miller quitte le Congrès. Il a dit : « He should quit », cite Politico.
Il s’agit de la première prise de position directe du sénateur.
Avant la date limite du 5 août pour remplacer un candidat sur le bulletin.
Trump commente laconique, cite KHQ/AP : « C’est très triste. Je connais Max. C’est quelqu’un de bien. » Il ajoute qu’il laisse les familles régler la question.
Le sang parle plus fort que la ligne.
Pirro et le miroir
Le bassin, le contractant
Trump a aussi tancé Jeanine Pirro, procureure des États-Unis, pour un dépôt judiciaire.
Le dépôt attribuait à un contractant plutôt qu’au vandalisme le mauvais état du Lincoln Memorial Reflecting Pool, rapporte KHQ/AP.
Trump déclare : « Je crois qu’elle a craqué. Je ne sais pas ce qui s’est passé ».
Il ajoute qu’elle a plié « comme un parapluie bon marché », cite KHQ/AP. Il refuse de dire s’il la limogera.
Une procureure fédérale sous le mépris public.
Une plainte disciplinaire
L’activiste Ellen Hornstein, de Lawyers Defending American Democracy, a déposé une plainte éthique contre Pirro auprès de l’Attorney Grievance Committee for the Supreme Court of the State of New York, selon KHQ/AP.
La plainte cite plusieurs affaires. Dont le bassin.
La discipline vient d’ailleurs.
Elle ne vient plus du DoJ. Elle vient d’un comité disciplinaire d’État. Elle vient d’avocats extérieurs qui gardent le seuil.
D’autres avocats gardent la porte.
Comey, la fille
Maurene poursuit
Rosenzweig n’est pas seul.
L’ancienne procureure Maurene Comey poursuit aussi le Justice Department, selon CNN. Elle allègue avoir été renvoyée parce que son père est l’ancien directeur du FBI James Comey. Un homme avec qui Trump s’est affronté publiquement.
Le nom hérité pèse. Le nom hérité punit.
Son cas reste pendant.
La grille émerge. Un procureur écarté pour un blog. Une procureure écartée pour son père. D’autres à venir, sans doute.
Un avocat commun
Rosenzweig est représenté par l’un des avocats de Comey, précise CNN.
Une représentation croisée. Un cabinet qui prend deux dossiers. Le début d’une doctrine judiciaire.
Le comité qui recevra Smith recevra bientôt cette grille.
Une ligne se dessine. Elle n’est pas seule. Plusieurs voix disent le même mot.
Le mot est simple : représailles.
Un cabinet parle pour plusieurs voix.
Kochen, l'effet collatéral
Deux semaines avant
Le limogeage de Rosenzweig a eu lieu deux semaines avant la sélection du jury dans une affaire complexe de fraude Medicare, précise CNN.
Les défendeurs : Marcelo Kochen, Michael Kochen, Sandro Herek.
Le procureur limogé était fortement impliqué.
Deux semaines avant le procès. Coïncidence, dit un camp.
La plainte allègue autre chose.
Le dossier fragilisé
La plainte affirme, verbatim, que « son limogeage soudain bénéficia aux défendeurs Kochen car il perturba la poursuite gouvernementale », cite CNN.
Michael Kochen et Herek ont été condamnés depuis.
Marcelo Kochen reste pendant.
La justice a fini par tomber. Mais l’affaire a boité. Le limogeage n’a pas seulement puni un homme. Il a fragilisé un dossier fédéral.
Rosenzweig a été renvoyé pendant Rosh Hashanah, selon CNN. Une fête juive. Le calendrier ajoute au symbole.
Une carrière brisée, un dossier fragilisé, une justice qui claudique.
La ligne Smith
La lettre
Les avocats de Smith écrivent, verbatim, cités par Politico.
Ceci : « M. Smith a rigoureusement suivi les politiques du Justice Department, respecté les exigences légales applicables, et pris ses décisions sur la base des faits et du droit ».
Un texte sec. Un texte propre.
Smith veut « corriger les nombreuses mischaracterizations » de son mandat, poursuit la même lettre, cite Politico.
Il redevient témoin dans son propre récit.
Le précédent janvier
Smith a déjà témoigné devant la House Judiciary Committee en janvier 2026, rappelle Politico.
Les républicains avaient alors ciblé la clause « speech or debate » qui protège les élus. Ils avaient aussi ciblé la validité de son serment de service.
Les technicités reviendront.
Le fond aussi.
Mais l’audience du Sénat n’est pas celle de la Chambre. Le Sénat a la moitié démocrate. Le Sénat a des règles de temps différentes.
Un même homme devant deux miroirs.
Ce qui se joue le 22 septembre
Non pas Smith, le système
Le 22 septembre 2026 n’est pas une audition ordinaire.
C’est un miroir tendu au DoJ actuel. Un procureur qui a suivi les règles fait face à ceux qui, selon les plaintes déposées par Rosenzweig, Maurene Comey et d’autres, en changent l’usage. CNN le documente.
Ce n’est pas une audience.
C’est un procès sans juge.
Le comité tient l’agenda. Grassley tient le marteau. Smith tient un texte.
Un texte qui parle. Un texte qui résume ses décisions.
La question qui restera
Le contexte est net.
Un fonds de 1,8 milliard pour indemniser des émeutiers, rescindé sous menace parlementaire. Un procureur limogé en trois heures pour un blog. Une audition d’un ancien procureur spécial dont les dossiers ont été démantelés.
La question s’impose. Peut-on encore parler d’un DoJ indépendant quand le limogeage vaut critère politique, et que le fonds d’indemnisation vise ceux qui l’ont attaqué ?
La réponse n’est pas dans une plaidoirie. Elle sera dans les votes qui suivent. Elle sera dans les procès qui suivent. Elle sera dans les carrières que le DoJ décide de garder, ou de briser.
Politico rappelle que le Comité a déjà avancé la nomination Blanche après la mort du fonds. Cornyn et Tillis ont signé leur déclaration commune : « nous apprécions le travail de M. Blanche et de son équipe », cite Politico.
Un merci parlementaire.
Une confirmation acquise. Un fonds enterré. Une audition programmée. Une plainte déposée. Le calendrier est chargé.
Le 22 septembre est la case qui manque au tableau.
Un homme parle, un pays écoute, un juge manque.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Politico — Jack Smith invited to testify before Senate next month
Department of Justice — Final Report of Special Counsel Smith, Volume One (janvier 2025)
Wikipedia — Jack Smith (lawyer)
Wikipedia — Smith special counsel investigation
PBS NewsHour — Read the full special counsel report on Trump’s Jan. 6 actions
Sources Secondaires :
CNN — Former federal prosecutor alleges he was fired over critical Trump post
Reuters — Trump documents case: A timeline of the investigation and charges
First Amendment Encyclopedia (MTSU) — Jack Smith’s Final Report on Trump Investigations (2025)
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