Bienvenue au cirque, mes p’tits amis
Une campagne électorale, c’est le seul temps de l’année où on peut voir cinq partis se contorsionner en même temps sur la même patinoire. Y disent une affaire le lundi, le contraire le mardi, pis le mercredi y viennent t’expliquer que t’as mal compris. Fac j’ai sorti le carnet. Pas des opinions, mes amis, des CITATIONS pis des VOTES. Ce qu’y ont fait quand y’avaient le crayon dans main, versus ce qu’y te chantent asteure que tu tiens le bulletin. Sortez le popcorn, on commence le tour de piste.
La CAQ, ou l’art de se désavouer soi-même
Elle a voté pour la loi, pis là elle vote contre
Avril 2025 : le gouvernement caquiste adopte la loi de Christian Dubé pour freiner le va-et-vient des médecins entre le public pis le privé. Christine Fréchette vote POUR. Elle l’a confirmé elle-même, la main sur le cœur. Août 2026, cinq jours après le début de la campagne : elle annonce qu’elle veut permettre aux médecins de pratiquer dans le public PIS dans le privé en même temps. Un virage à 180 degrés su’ sa propre signature. Pis quand un journaliste ose y demander si la loi de son propre ministre était une erreur, elle répond quoi? « En fait, on fait différemment pour la suite des choses. » Ça, mes amis, c’est du chef-d’œuvre. Dix-sept mois, pis la loi que t’as votée est rendue une nuisance.
Le troisième passager sous l’autobus
Pis remarquez le pattern, parce qu’y est beau. Le premier qu’elle a garroché sous l’autobus de campagne, c’est Legault. Le deuxième, Fitzgibbon. Le troisième, Dubé. Trois ministres, trois cadavres, pis c’est juste le jour cinq. À ce rythme-là, d’ici le 5 octobre, y va rester personne dans l’autobus à part le chauffeur pis la caméra. Y’a un mot pour du monde qui renie son propre bilan en pleine campagne : ça s’appelle demander un quatrième mandat en disant que les trois premiers, c’était pas nous autres.
Cinq mille, ou cent dix mille? Choisissez
Pis le morceau de résistance. En 2018, la CAQ promettait de couper 5 000 postes dans la fonction publique. Ce mois-ci, en août 2026, elle a annoncé fièrement avoir enfin atteint son objectif. Sauf que pendant les huit années entre les deux, les dépenses de programmes sont passées de 17,4 % du PIB à 20 %, pis l’État a grossi comme jamais dans l’histoire moderne du Québec. Couper cinq mille en avant pendant qu’y en rentre des dizaines de milliers en arrière, mes amis, c’est pas de la gestion, c’est de la magie. Pis la vraie magie, la voici : le cadre financier de la CAQ repose sur neuf milliards de transferts fédéraux que Québec est PAS certain d’obtenir, pis sur le dégonflement du coussin gardé pour les mauvaises surprises. En pleine guerre tarifaire avec Trump. Vider l’extincteur pendant que la maison commence à fumer. Bravo.
Le PLQ, ou le parti qui a une mémoire à géométrie variable
Le troisième lien, cette chose « tout croche » qu’il va faire quand même
Charles Milliard, jour un de la campagne, à Québec : il s’engage à « poursuivre les études » sur le troisième lien. Un projet qu’il qualifie lui-même de « tout croche depuis dix ans ». Il va donc réaliser une affaire qu’il trouve croche, à condition qu’un partenaire privé embarque, avec un péage possible pour rentabiliser le partenaire, dans un horizon de dix ans. Traduction pour le monde ordinaire : je vous promets un pont que je paierai pas, que vous paierez en passant dessus, pis qu’on va étudier encore un boutte. C’est ça, un engagement « concret » en 2026.
Le patron des chambres de commerce qui découvre les régions
Le même homme a dirigé la Fédération des chambres de commerce du Québec de 2020 à 2024. Le grand patron du patronat organisé. Pis là, il vient nous dire que les régions ont manqué « d’amour politique », pis que le PCQ propose des affaires pas réalistes. Écoutez, sur le PCQ, il a raison. Mais quand tu sors direct de la boutique du patronat pour venir m’expliquer que c’est TOI qui vas t’occuper du monde ordinaire, permets-moé de vérifier mes poches en sortant.
Huit candidats sacrés dehors avant même le coup d’envoi
Pis le détail qui dit tout : avant même le déclenchement officiel de la campagne, Milliard avait déjà perdu un huitième candidat, montré la porte pour « informations inquiétantes ». HUIT. Avant le début. Le parti qui se présente comme la maison de l’ordre pis de la compétence a pas été capable de vérifier huit CV. Pis c’est ce parti-là qui dit aux fédéralistes que « la seule vraie maison qui existe », c’est la sienne. Une maison, mon grand, ça se ramasse avant d’inviter le monde à souper.
Québec solidaire, ou la révolution en pancarte
L’environnement « fondamental » qui a pas fait la liste
Cet été, Ruba Ghazal l’annonçait solennellement : « Ce qu’on va faire pendant la campagne électorale, c’est de parler de la question environnementale, qui est fondamentale. » Résultat? L’environnement fait même pas partie des cinq grands thèmes de la campagne solidaire. Fondamental, mais pas assez pour entrer dans le top cinq. C’était pourtant le fer de lance du parti à l’époque de Nadeau-Dubois pis de Massé. Le seul parti qui s’était donné comme mandat historique de sauver la planète vient de la reléguer en dessous de la ligne de flottaison, pis personne à l’interne a levé la main.
Cohérence 100 % humaine, indépendance 0 % pressée
Sol Zanetti était ben fier de nous annoncer que les pancartes du parti ont été dessinées par cinq artistes d’ici plutôt que par de l’intelligence artificielle : « C’est une question de cohérence. » Parfait. Superbe. Maintenant, parlons-en, de cohérence. La souveraineté, chez QS, c’est quoi? Une assemblée constituante, une constitution, une démarche, un processus, une barque dans laquelle y embarqueront peut-être un jour si quelqu’un d’autre la construit. Falardeau l’avait vu venir depuis vingt ans : c’est le dernier point du programme, celui qu’on fera quand les licornes seront rentrées à l’étable. Y dénoncent « les mêmes vieilles recettes » chez les autres, mais leur propre recette maîtresse, ça fait vingt ans qu’a’ mijote pis qu’a’ sort jamais du four. Un parti qui se dit révolutionnaire pis que le système trouve mignon, c’est pas un parti révolutionnaire. C’est une mascotte.
Le PCQ, ou l’arithmétique du père Noël
Quarante-sept milliards de coupes, zéro impact. Juré, craché.
Éric Duhaime promet de retrancher 47 milliards dans les dépenses de l’État. Pis il soutient, la face drette, que ces compressions-là auraient « aucune incidence sur les services offerts à la population ». Aucune. Quarante-sept milliards qui disparaissent pis personne s’en aperçoit. Vingt mille postes de fonctionnaires abolis, pis ta demande d’indemnisation va être traitée plus vite. C’est pas de la politique, ça, c’est de la prestidigitation. Y’a juste un endroit où on coupe 47 milliards sans que ça paraisse : dans une brochure.
Le cadre financier arrive… plus tard
Pis le meilleur boutte : les chiffres complets, le cadre financier détaillé, ça devait sortir « plus tard au cours de l’automne ». Plus tard. Après. Quand vous aurez fini de regarder. Un gars te promet la plus grosse baisse d’impôt de l’histoire, 30 milliards remis aux contribuables, financée par 47 milliards de coupes, pis les colonnes de chiffres suivront quand ça y tentera. Dans n’importe quelle caisse populaire du Québec, tu te fais mettre dehors pour moins que ça.
« Une mesure progressiste », dit le gars qui veut couper vingt mille jobs
Pis là, le sommet de l’art : Duhaime a invité « les gens plus à gauche à tendre l’oreille », en qualifiant sa baisse d’impôt de « mesure progressiste ». Le même homme espère ouvertement qu’il y aura « une surenchère dans les coupures » pendant la campagne. Progressiste le matin, tronçonneuse l’après-midi. Faut être bon en tabarnak pour tenir les deux discours dans la même journée sans se mordre la langue.
Le PQ, ou le ménage qui ressemble à celui d’en face
Quand tu dénonces la coupe pis que tu coupes
Pis non, je ferai pas de passe-droit à mon monde. Paul St-Pierre Plamondon dénonce, avec raison, que la CAQ a perdu le contrôle de la bureaucratie. Mais sa solution à lui, c’est de réduire les coûts de rémunération du secteur public de 2,5 % sur trois ans, 1,6 milliard par année, 4,7 milliards sur un mandat. Radio-Canada a titré exactement ce qu’il fallait titrer : le PQ rivalise avec les conservateurs sur les coupes dans la fonction publique. Oui, la méthode est différente : attrition, incitatifs au départ, pas de licenciements, moins de cadres. C’est plus honnête que la tronçonneuse de Duhaime, pis ça se défend. Mais faut le dire drette : quand le parti qui se présente comme le défenseur des services publics arrive avec son propre plan de dégraissage, y peut pas se scandaliser tout seul dans son coin que les autres en aient un. Pis « réduire les coûts de rémunération sans perdre de monde », ça reste à démontrer avec des chiffres, pas avec une conférence de presse.
Le « bon gars » qu’on défend au lieu de le tasser
Pis v’là le boutte qui m’écœure le plus, parce que c’est le mien. Un candidat péquiste, François Gariépy, a déjà déclaré que les artistes ont « pas une vraie job », a parlé de « cigarettes d’Indiens, des cigarettes à plumes », pis a avancé que certaines personnes itinérantes vivent dans la rue « par choix ». Pis la réaction du chef? Il s’est porté à sa défense en disant qu’il est « tellement un bon gars ». Non, monsieur St-Pierre Plamondon. Ça marche pas de même. Tu peux pas passer ta campagne à exiger de la rigueur pis de la décence des autres, pis sortir le bras autour des épaules quand c’est ton monde. Le PLQ protégeait ses chums, pis on leur a chié dessus pendant vingt ans avec raison. Fac le premier qui me dit que c’est pas pareil, y’a rien compris à c’te chronique-là. La différence entre un parti pis un cartel, c’est exactement ce que tu fais à ce moment précis. Fais-le, pis fais-le vite.
Ce que ça nous dit, tout ça
La contorsion, c’est le symptôme. Le mépris, c’est la maladie.
Regardez-les ben aller, mes amis. Cinq partis, cinq contorsions, pis toutes reposent sur la même hypothèse de départ : que t’as la mémoire d’un poisson rouge. Que tu te souviendras pas du vote d’avril 2025. Que t’as oublié les 5 000 postes de 2018. Que tu vas pas remarquer que l’environnement a sacré le camp du top cinq. Que tu vas signer un chèque de 47 milliards sans regarder les colonnes. Que tu vas trouver ça ben correct qu’un chef couvre son candidat.
Ben j’ai une nouvelle pour eux autres : on prend des notes. Un peuple qui prend des notes, c’est un peuple qui devient dur à gouverner. Pis un peuple dur à gouverner, c’est exactement ce qui manque à ce pays-là depuis soixante ans. Le 5 octobre, votez pour qui vous voulez, mais votez avec le carnet ouvert. Pis exigez d’eux autres ce qu’y exigent jamais d’eux-mêmes : qu’y disent la même affaire deux jours de suite.
Signé : Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n’est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.
Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.
Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles.
Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d’institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l’institution exacte est nommée sous Sources.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n’est promise d’avance; lorsqu’un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.
Précisions propres à cet article
La campagne est en cours et les positions des partis peuvent évoluer d’ici le scrutin du 5 octobre 2026. Les citations et engagements rapportés ici sont datés et proviennent des sources listées ci-dessous, consultées le 2 septembre 2026.
L’auteur assume publiquement des convictions souverainistes. C’est précisément pourquoi le Parti québécois est soumis dans ce texte au même examen que les quatre autres formations.
Aucun parti politique n’a commandé, payé, relu ou approuvé ce texte.
Sources
Radio-Canada, « Christine Fréchette ouvre la porte à la mixité public-privé en santé » (31 août 2026)
La Presse, « Privé en santé : la CAQ change de cap » (31 août 2026)
Le Devoir, « La CAQ rompt avec l’ère Dubé ; le PQ veut réduire la taille de l’État de 2,5 % » (31 août 2026)
La Presse, « Promesses et finances publiques : dures vérités et pseudo-miracles » (2 septembre 2026)
Le Soleil, « Le PLQ poursuivra les études sur le troisième lien » (27 août 2026)
Le Devoir, « Le PLQ de Charles Milliard rend la réalisation du troisième lien conditionnelle à l’appui du privé » (17 avril 2026)
La Presse, « Faire confiance à Fréchette serait une erreur, dit Milliard aux fédéralistes » (28 août 2026)
Noovo Info, « Les premières promesses électorales de la CAQ, du PLQ, du PQ, de QS et du PCQ » (28 août 2026)
La Presse, « Québec solidaire veut démontrer que ses promesses, c’est possible » (20 août 2026)
Le Devoir, « Le PCQ promet une baisse d’impôt historique capable de rallier même la gauche » (28 août 2026)
Le Devoir, « Une campagne électorale déjà riche en bonbons fiscaux » (28 août 2026)
Le Soleil, « Baisse d’impôts et État minceur au cœur de la plateforme de Duhaime » (19 août 2026)
Le Devoir, « Paul St-Pierre Plamondon a promis d’entreprendre un grand ménage dans l’appareil de l’État québécois » (31 août 2026)
CHRONIQUE : Le festival des contorsionnistes
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