Le 1er août, le 1er septembre
Le chiffre du mois ne figure dans aucun bulletin quotidien.
Chaque matin, le ministère ukrainien publie un total cumulé depuis le 24 février 2022. Le bulletin du 1er août 2026 affiche environ 1 447 620 militaires russes perdus. Celui du 1er septembre, environ 1 489 640.
La soustraction donne 42 020. À l’unité.
Même exercice pour les chars.
12 231 le 1er août. 12 320 le 1er septembre. Quatre-vingt-neuf.
Pour l’artillerie, 47 127 puis 48 954. Mille huit cent vingt-sept. Pour les véhicules et citernes, 128 497 puis 142 332. Treize mille huit cent trente-cinq.
Ces quatre chiffres du communiqué sortent de deux pages. Rien d’autre.
Un compteur sans colonne de correction
D’une page à l’autre, aucune ligne ne recule. Aucune colonne de correction.
Un blessé qui revient au front : aucune ligne pour le soustraire. Un char réparé non plus. Le bulletin le dit à sa manière : les données sont en cours de mise à jour. La formule figure sur les deux pages. Elle ne dit pas dans quel sens.
Le mot « environ » précède le total de personnel. Il ne précède pas les chars.
La soustraction fait aussi ressortir ce que le communiqué ne reprend pas. Cinquante-quatre mille six cent soixante-quatorze drones en un mois. Un avion. Aucun hélicoptère.
Un compteur, c’est un odomètre. Il dit la distance. Il ne dit pas la route.
Deux pages, une différence, et le mois est écrit.
Ce que le compteur ne dit pas
Ni méthode ni partage
Aucun des trois documents ukrainiens ne décrit la méthode.
Qui compte. Qui recoupe. Ce qu’un drone filme et ce qu’un observateur estime. Le bulletin du matin ne le dit pas. Le communiqué non plus.
Le renseignement de défense britannique, rapporte Defense Express en décembre 2025, cite des moyennes quotidiennes de pertes russes pour octobre et novembre. Il en précise l’origine : les rapports de l’état-major ukrainien.
Londres reprend Kyiv. Le chiffre voyage. La méthode reste à Kyiv.
Un objectif écrit dans le communiqué
Le communiqué ne se contente pas de compter.
Il inscrit le chiffre dans un but. Dégrader systématiquement le personnel et la logistique russes, écrit le ministère, pour infliger des pertes à un niveau qui force l’ennemi à renoncer à ses plans. Le communiqué y voit une étape de plus.
Le même ministère aligne les mois. Mai, 33 760. Juin, 39 290. Juillet, 42 860. Août, 42 020.
L’été entier, 124 170. Vingt-cinq virgule huit pour cent de plus que le printemps, dit l’état-major, cité par UNN et United24 Media.
Un chiffre qui sert un objectif déclaré reste un chiffre. On sait seulement qui le tient.
Un belligérant établit ce qu’il dit. Il n’établit pas le fait.
Sous le total qui monte, un objectif écrit.
Le décompte par les noms
Deux cent quarante-deux mille sept cent cinquante
Il existe une autre colonne. Elle avance nom par nom.
Mediazona et le service russe de la BBC tiennent une liste. Au 28 août 2026, elle compte 242 750 militaires russes morts, identifiés par leur nom. Dont 7 596 officiers. Dont quinze généraux.
Pas de blessés dans cette liste. Que des morts. Et que des morts nommés.
La part des officiers a baissé, écrit Mediazona. Environ dix pour cent au début, deux à trois pour cent à la fin de 2024. Depuis septembre 2024, les volontaires forment la catégorie la plus nombreuse.
Une nécrologie à la fois
La méthode est publiée.
Un nom entre dans la liste s’il paraît dans une source officielle russe ou un média, ou si un proche le poste avec une photo ou une date d’obsèques. Des photos de cimetières. Des communiqués d’administrations régionales.
Chaque ligne a une trace. C’est lent. C’est vérifiable.
Mediazona prévient : toutes les morts ne sont pas rendues publiques. Et les données des mois les plus récents sont les plus incomplètes. Elles changeront beaucoup, écrit le média.
Août 2026 est donc encore incomplet. Il se remplira à mesure que les familles posteront.
Un compteur donne un total le lendemain. Une liste donne un nom des mois plus tard.
Vite pour le compteur ; jusqu’au nom pour la liste.
Trois cent cinquante-deux mille
Le registre des successions
Une liste de noms a un plafond. Mediazona l’écrit. Le 9 mai 2026, avec Meduza, le média publie une estimation. Elle part d’une base que les familles ne contrôlent pas : le registre russe des successions. Un mort laisse un dossier chez un notaire.
Résultat : environ 352 000 hommes russes de 18 à 59 ans morts du fait de la guerre, jusqu’au 31 décembre 2025.
Environ 261 000 décès enregistrés dans les délais. Environ 90 000 décès tardifs. Mediazona y range les morts déclarées par un tribunal et les dossiers ouverts plus de 180 jours après.
Une mort déclarée par un tribunal, écrit Mediazona, c’est une mort sans corps.
Quatre morts sur dix sans nom
À la date de l’estimation, la liste nominative comptait 217 808 noms.
Pour 352 000 morts estimés. Soixante-deux pour cent. Le calcul est simple. Près de quatre morts sur dix n’ont pas de nom public.
Ce sont des dossiers de succession. Pas des avis de décès. Personne n’a posté ces noms. Un notaire a ouvert un dossier.
Le compteur ukrainien, lui, donnait au 31 août 1 489 640 pertes cumulées. Morts et blessés ensemble. Aucune des deux colonnes ne se convertit dans l’autre.
Trois chiffres, trois objets. Un compteur de pertes. Une liste de noms. Une estimation de décès.
Ce que la famille n’a pas dit, le notaire le compte.
Ce qu'une caméra a vu
Quatre mille quatre cent quarante et un chars
Pour le matériel, la troisième colonne s’appelle Oryx.
Le site tient depuis le 24 février 2022 une liste de pertes russes documentées par photo ou vidéo. Consultée le 4 septembre 2026, elle donne 24 041 pièces. Dont 19 009 détruites. Le reste endommagé, abandonné ou capturé.
Chars : 4 441. Dont 3 346 détruits. Artillerie tractée, 606. Automotrice, 1 052. Roquettes et missiles, 632. Ensemble, 2 290 pièces.
Camions et véhicules, 4 666. Avions, 192. Hélicoptères, 179.
Vingt et un canons pour une photo
Le compteur de Kyiv donne 12 320 chars à la fin d’août. Oryx en montre 4 441. Près de trois pour un.
Le compteur donne 48 954 systèmes d’artillerie. Oryx en montre 2 290. Vingt et un pour un.
Pour les véhicules, 142 332 contre 4 666. Trente pour un.
Les deux listes ne comptent pas la même chose. Oryx l’écrit lui-même : la liste ne comprend que ce dont une image existe, et la quantité détruite est donc bien plus élevée. Le site exclut les drones-appâts, les véhicules civils, le matériel hors d’usage.
Un camion frappé de nuit, loin derrière le front, n’a pas toujours de témoin avec une caméra. La liste d’Oryx ne le verra pas. Le compteur, lui, ne dit pas comment il l’a vu.
L’écart mesure deux méthodes. Il ne mesure pas un mensonge.
La photo compte moins, et elle se vérifie.
Le miroir de Moscou
Mille trois cent trente en un jour
Moscou tient aussi un registre. Dans l’autre sens.
Le 2 septembre 2026, le ministère russe de la Défense publie son point de situation. Groupement par groupement. Plus de 200 hommes ici. Plus de 205 là. Puis 140, 410 et 325, chaque fois « plus de ». Et jusqu’à 50.
Environ 1 330 militaires ukrainiens en une journée, si l’on additionne. Le ministère ne fait pas la somme. Il la laisse au lecteur.
Depuis le début de l’opération, écrit le même ministère, 30 794 chars et blindés ukrainiens, 36 353 pièces d’artillerie et mortiers, 225 436 drones, 674 avions.
Aucune ligne pour les siens
Le point de situation russe tient en deux parties. Villages pris, brigades frappées, drones abattus.
Il ne contient aucune ligne sur les pertes russes. Ni morts, ni blessés, ni chars. Aucune.
Deux ministères, un même geste. Chacun recense l’autre. Aucun ne se recense.
La réserve vaut donc pour les deux. Un belligérant établit ce qu’il déclare. Le compte de Kyiv sur la Russie et celui de Moscou sur l’Ukraine ont le même statut. Une déclaration.
Une différence, tout de même. En face du compteur ukrainien, deux listes indépendantes existent, des noms et des photos. En face du compteur russe, dans ce dossier, aucune.
Deux compteurs se regardent, et aucun ne se retourne.
Cinq mille neuf cent trente-sept
Le 21 septembre 2022
Moscou a compté deux fois.
Le 21 septembre 2022, Sergueï Choïgou donne un nombre. 5 937 militaires russes morts depuis février de la même année. Meduza et Novaya Gazeta Europe le rapportent le jour même.
Le ministre ajoute que près de 90 % des blessés sont revenus au service.
Le 25 mars 2022, le même ministère avait donné 1 351 morts et 3 825 blessés.
Deux bilans en sept mois.
Puis, dans ce dossier, plus rien. Quatre ans.
Le même jour, trois cent mille
Le 21 septembre 2022 est aussi une autre date.
Ce jour-là, la Russie annonce la mobilisation partielle. 300 000 réservistes. Le nombre des morts et celui des appelés sortent le même jour.
Ce jour-là encore, BBC News Russian et Mediazona avaient déjà plus de 6 000 noms. Novaya Gazeta Europe écrit 6 024. Ukrainska Pravda écrit plus de 6 600. Les deux reprises ne concordent pas à l’unité. Toutes deux dépassent 5 937.
La liste des noms dépassait le total officiel le jour de sa publication.
L’état-major ukrainien, ce même jour, comptait 55 110 pertes russes. Choïgou, lui, revendiquait 61 207 morts côté ukrainien. Meduza aligne les chiffres sans les réconcilier.
Le dernier bilan russe du dossier a quatre ans. Il était déjà court le jour de sa naissance.
Un seul jour de compte, et c’était jour d’appel.
Deux cent trente-deux mille contrats
La note du 27 août
Un mois à 42 020 pose une question de remplacement.
Le 27 août 2026, le renseignement militaire et le renseignement extérieur ukrainiens publient une note par la Présidence. La Russie, écrivent-ils, prépare une mobilisation. 300 000 hommes en 2026. Autant en 2027. L’état-major russe aurait déjà un scénario à 600 000.
La même note donne un ordre de grandeur. De janvier à juillet 2026, environ 240 000 pertes russes, dont au moins 140 000 irrécupérables. Sur la même période, 232 000 hommes recrutés sous contrat.
Deux services ukrainiens, deux périmètres. Le ministère additionne des pertes par jour. Le renseignement additionne des contrats sur sept mois. Aucun protocole commun n’est publié. Euromaidan Press, qui reprend la note, précise que ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de façon indépendante.
Kourgan entre 57 et 69 pour cent
La note va jusqu’aux régions.
Dans la région de Kourgan, écrit-elle, les objectifs mensuels de recrutement ne sont remplis qu’à 57 à 69 % depuis janvier. Le mécontentement envers la guerre atteindrait 69 % dans les régions.
La décision, toujours selon le renseignement ukrainien, viendrait après les élections à la Douma. Du 18 au 20 septembre 2026.
Un chiffre de recrutement contre un chiffre de pertes. Si les deux tiennent, ils se croisent. 232 000 entrées. 240 000 sorties. Sept mois.
Le dossier ne dit pas ce que devient un bureau de recrutement qui remplit son quota à 57 %. Il ne dit pas qui appelle le suivant.
Ces chiffres viennent d’un camp. Comme le 42 020. Ils portent le même « selon ».
Des contrats comptés, et il en manque.
Une attaque informationnelle
Bichkek, le 2 septembre
La réponse du Kremlin tient en deux mots.
À l’issue du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, Vladimir Poutine répond aux questions sur une mobilisation. Une absurdité complète, dit-il. Une attaque informationnelle contre la Russie. The Moscow Times et Euromaidan Press rapportent les mots le 2 septembre 2026.
Aucun chiffre en face. Aucune perte reconnue. Aucun total.
Le même jour, le ministère russe publie son point de situation. Mille trois cent trente Ukrainiens. Aucun Russe. Le même jour, le ministère ukrainien publie son bilan d’août. Quarante-deux mille vingt.
Le précédent de 2022
The Moscow Times ajoute une ligne d’archive.
La mobilisation de 300 000 réservistes de septembre 2022, écrit le journal, avait elle aussi été démentie avant d’être annoncée.
Le dossier ne permet pas d’en tirer un pronostic. Il permet d’aligner les dates. Le 25 mars 2022, un bilan. Le 21 septembre 2022, un bilan et un décret. Le 2 septembre 2026, un démenti.
Moscou dément, et ne compte pas.
Le démenti ne recense aucun mort. Les familles, elles, postent des avis. Mediazona relève les noms. Le registre des successions ouvre les dossiers. Un refus de mobiliser ne ferme aucune tombe.
Un pouvoir qui refuse la mobilisation a d’autres portes. Par contrat, dit le renseignement ukrainien. Combien en perd-il, lui ? Aucun compteur russe des pertes russes à lire. Le dossier n’en contient pas.
Daté, le démenti ; toujours absent, le bilan.
Le compteur du matin
Ce qu’on lit avant le café
Le bulletin sort chaque matin. Daté du jour, pour la veille. On le lit comme un tableau de pointage. Plus 1 440 hommes. Plus 71 pièces d’artillerie. Plus 1 775 drones. UNN le reprend le jour même, avec le cumul.
Nous le reprenons aussi. Les médias qui le relaient. Les analystes qui le compilent. Le renseignement britannique qui l’aligne dans ses moyennes.
Un total d’un seul camp devient, à force, une donnée de tout le monde. La faute n’est pas au lecteur. Le dossier n’a pas d’autre relevé quotidien.
Trois colonnes à lire ensemble
La direction est simple. Lire les trois colonnes ensemble.
Le compteur, pour le rythme : 1 355 par jour, s’il tient. La liste, pour les noms : 242 750, avec des mois de retard. La photo, pour le matériel : 24 041 pièces, plancher assumé.
Aucune ne remplace l’autre. Aucune ne se convertit dans l’autre.
Et garder en vue celui qui ne tient aucune colonne. Du ministère russe de la Défense, ce dossier n’a aucun bilan de ses morts après le 21 septembre 2022.
Le lecteur n’a pas à choisir une colonne. Il a à savoir laquelle il tient.
Trois colonnes, et une seule qu’on lit chaque jour.
Gagnants et perdants du chiffre
Ce que Londres reprend
Un chiffre a des bénéficiaires.
Le ministère ukrainien l’inscrit dans un objectif. Forcer l’ennemi à renoncer. Le communiqué le dit en toutes lettres.
Le renseignement britannique le reprend. Defense Express rapporte, en décembre 2025, une estimation d’environ 382 000 pertes russes pour 2025 et d’environ 1 168 000 depuis février 2022. Les moyennes quotidiennes citées viennent, précise le rapport, de l’état-major ukrainien.
Le compteur de Kyiv devient une donnée de Londres. Sa méthode ne fait pas le voyage.
Le Kremlin, lui, gagne autre chose. Le silence. Un pouvoir qui ne publie aucune perte n’a aucun bilan à commenter avant les élections à la Douma.
Ce que Kyiv ne publie pas
Le dossier a une case vide de plus.
Aucun chiffre ukrainien sur les pertes ukrainiennes. Aucun dans les trois documents du ministère. Aucun dans la note du renseignement.
Les seuls chiffres de pertes ukrainiennes de ce dossier viennent de Moscou. Mille trois cent trente en un jour. Ils ont la valeur de l’autre compteur. Une déclaration.
Les perdants du chiffre sont ceux qui n’y figurent pas. Les morts sans nom du registre des successions. Les blessés fondus dans le mot « pertes ». Les hommes des bureaux de recrutement de Kourgan, si la note tient.
Aucun des deux ministères ne les recense.
Chacun compte l’adversaire ; les siens attendent un notaire.
Quel chiffre croire
La question du mois
Que vaut un mois à 42 020, quand le seul pays qui pourrait contredire le chiffre n’a plus publié de bilan de ses morts, dans ce dossier, après le 21 septembre 2022 ?
Il vaut ce que vaut une soustraction entre deux pages d’un même ministère.
Il vaut ce que valent 242 750 noms qui arrivent en retard, et 352 000 dossiers de succession qui arrivent plus tard encore.
Ce que demain affichera
Le compteur ukrainien affichera un nouveau total demain matin. Sans colonne de correction.
Mediazona ajoutera des noms d’août pendant des mois. Oryx ajoutera des photos.
Le ministère russe publiera son point de situation. Sans ligne pour les siens.
Et du 18 au 20 septembre, selon la note ukrainienne, la Russie élit sa Douma.
Le dossier ne dit pas combien de morts contient le 42 020. Ni combien de blessés. Aucune des trois colonnes ne le dira.
Un camp compte, l’autre se tait, et le mort attend son nom.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Ministère de la Défense d’Ukraine, bulletin des pertes russes cumulées, 1er septembre 2026
Ministère de la Défense d’Ukraine, bulletin des pertes russes cumulées, 1er août 2026
Ministère de la Défense d’Ukraine, communiqué sur les pertes russes d’août, 2 septembre 2026
Mediazona et BBC News Russian, décompte nominatif des militaires russes morts, 28 août 2026
Mediazona, mise à jour méthodologique du décompte des morts, 28 août 2026
Mediazona et Meduza, estimation des pertes russes en quatre ans, 9 mai 2026
Oryx, recensement visuel du matériel russe détruit, consulté le 4 septembre 2026
Ministère russe de la Défense, bilan revendiqué des pertes ukrainiennes, 2 septembre 2026
Ministère russe de la Défense, prises revendiquées de localités ukrainiennes, 2 septembre 2026
Présidence de l’Ukraine, briefing du renseignement sur une mobilisation russe, 27 août 2026
Sources Secondaires :
Euromaidan Press, bilan ukrainien des pertes russes d’août, 2 septembre 2026
UNN, bilan de l’état-major sur les pertes d’août, 1er septembre 2026
United24 Media, bilan estival des pertes russes, 1er septembre 2026
Euromaidan Press, démenti de Poutine sur une mobilisation, 2 septembre 2026
The Moscow Times, Poutine écarte les rumeurs de mobilisation, 2 septembre 2026
Meduza, déclaration de Choïgou sur les pertes russes, 21 septembre 2022
Novaya Gazeta Europe, annonce de Choïgou et mobilisation partielle, 21 septembre 2022
Ukrainska Pravda, chiffres de Choïgou contredits par Mediazona, 21 septembre 2022
Defense Express, estimation britannique des pertes russes en 2025, 2 décembre 2025
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