Le bilan du 30 juin
Euroclear publie ses comptes le 17 juillet 2026.
Au 30 juin, la banque du dépositaire porte 202 milliards d’euros d’avoirs russes sanctionnés sur un bilan total de 241 milliards. Quatre euros sur cinq. De l’argent russe qu’on ne peut pas bouger.
Ces avoirs rapportent. Au premier semestre, 2,3 milliards d’euros d’intérêts. C’est 13 % de moins qu’un an plus tôt. Les taux ont baissé, écrit Euroclear.
Le capital ne bouge pas. Les intérêts, eux, tombent chaque jour.
Les œufs déjà pondus
Ces intérêts ont un chemin. Il existe déjà.
Euroclear écrit avoir versé environ 6,6 milliards d’euros à l’Union au titre de la contribution exceptionnelle prévue par le règlement européen, et le versement suivant, estimé à 1,4 milliard, tombe en juillet. Six virgule six. Déjà partis.
La Commission, de son côté, compte 3,8 milliards issus de ces produits dans ses 211,3 milliards de soutien à l’Ukraine depuis 2022. Le chiffre date du 25 juin.
Le dépositaire paie aussi. Au semestre, 146 millions d’euros de coûts directs liés aux sanctions et aux contre-mesures. Et 18 millions de revenus d’activité perdus. Il le publie lui-même.
Les œufs tombent. La poule reste dans la cour.
Le capital dort, et ses intérêts voyagent déjà vers Kyiv.
La poule et les œufs
Copenhague, 2 octobre 2025
La formule est de Bart De Wever.
Le 2 octobre 2025, à Copenhague, le Premier ministre belge pose la question devant ses pairs. Peut-on manger la poule ? Euronews rapporte la scène. Manger la poule, c’est prendre le capital, et prendre le capital, c’est perdre les œufs, c’est-à-dire les intérêts qui partent chaque semestre vers l’Ukraine, par l’Union, sans qu’on touche au reste.
Il réclame la sécurité juridique maximale, et il pose six conditions le même jour. Une réponse aux arbitrages que Moscou pourrait lancer. Le respect du droit international. Le partage du risque entre tous les États membres. La protection du statut de l’euro. La participation des autres détenteurs d’avoirs russes, Royaume-Uni, Suisse, États-Unis, Japon. La coordination avec le prêt du G7 déjà adossé aux profits exceptionnels.
Six conditions. Aucun refus. Un prix.
Ursula von der Leyen répond que la Belgique ne peut pas porter seule le risque.
Une lettre, puis un mot
Deux mois plus tard, le ton monte.
De Wever écrit à von der Leyen une lettre dans laquelle il qualifie le plan de la Commission de fondamentalement erroné, rapporte la RTBF, qui dit qu’elle existe sans en publier le texte.
Le 3 décembre 2025, Prévot parle à l’OTAN. Nous avons le sentiment de ne pas avoir été entendus, dit-il. Nos inquiétudes sont minimisées. Il n’est pas acceptable d’utiliser cet argent et de laisser la Belgique seule face au risque financier.
Le dossier belge tient en une ligne. Prenez, mais garantissez tout.
Une poule qu’on garde, des œufs qu’on compte, une facture qu’on refuse.
Dix-huit mille milliards de roubles
Un tribunal à Moscou
Le risque a une date et un montant.
En décembre 2025, la Banque centrale de Russie assigne Euroclear devant le tribunal d’arbitrage de Moscou. Le 15 mai 2026, ce tribunal lui donne raison en lui accordant 18,17 mille milliards de roubles, un chiffre que Meduza rapporte et que le Moscow Times convertit à environ 250 milliards de dollars.
Euroclear fait appel. Le 16 juillet 2026, la cour d’appel de Moscou rejette le recours. Confirmé.
Le dépositaire conteste. La demande est sans fondement, écrit-il. Il ne reconnaît pas la compétence du tribunal. Ses opérations et sa position financière ne sont pas touchées par la décision, ajoute-t-il dans sa mise à jour de mai.
Les tribunaux russes n’ont pas de compétence à l’étranger, rappellent les juristes que cite le Moscow Times. Un jugement de Moscou s’exécute là où le tribunal a la main.
Dix-sept milliards de l’autre côté
Et là où il a la main, il y a quelque chose.
Valérie Urbain dirige Euroclear. Le 5 décembre 2025, elle dit à la RTBF que 17 milliards d’euros de titres d’Euroclear sont toujours retenus en Russie. À lire le dossier, c’est la seule part du dépositaire qu’un tribunal russe peut atteindre de sa propre main. Dix-sept.
Elle donne une autre mesure. Les 185 milliards de titres russes immobilisés chez elle représentent entre dix et quinze pour cent du produit intérieur belge. Elle parle d’un risque de faillite pour son institution. De marchés déstabilisés.
Ce sont ses mots. Le dossier ne les vérifie pas. Il ne chiffre nulle part ce que la Belgique perdrait si le jugement s’exécutait. Personne ne l’a publiée.
Un jugement pèse ce qu’il peut saisir, et le reste est un chiffre.
La banque centrale dit non
Francfort, 2 décembre 2025
Il manquait un prêteur en dernier ressort.
Le 2 décembre 2025, un porte-parole de la Banque centrale européenne répond à Euronews qu’un filet de liquidité pour le prêt de réparations n’est pas à l’étude. Une telle chose irait probablement contre l’interdiction du financement monétaire inscrite dans les traités, dit-il. Non, donc.
Christine Lagarde avait posé trois conditions avant cela. Le droit international. La stabilité financière. La solidarité du G7. Euronews les rappelle.
Le 18 décembre 2025, en conférence de presse, elle le dit elle-même. Le financement monétaire n’est pas permis par le traité. On ne peut pas lui demander de valider d’avance un mécanisme qui y mènerait.
Sans la BCE, la garantie retombe sur les États. De Wever exige alors, selon Euronews, des garanties juridiquement contraignantes, inconditionnelles, irrévocables et à première demande. Sur les 185 milliards entiers. Plus les frais d’arbitrage, les intérêts, le manque à gagner.
Le plan du 3 décembre
La Commission dépose son texte le lendemain.
Le document COM(2025) 3502 propose un prêt jusqu’à 210 milliards d’euros en trois temps. L’Union emprunte les soldes de trésorerie aux dépositaires, prête cet argent à l’Ukraine, et se fait rembourser par l’Ukraine seulement le jour où la Russie paie des réparations.
Trois lignes de défense pour les dépositaires. Des garanties des États membres, irrévocables et à première demande, au prorata de leur revenu national. Un mécanisme de liquidité par emprunt de l’Union. Des titres de dette de l’Union en dernier ressort.
La Commission écrit aussi que ces soldes ne sont pas la propriété de la Banque centrale de Russie. Ils ne relèvent donc pas de l’immunité souveraine, selon elle.
Le même texte chiffre le besoin. En 2026, l’Ukraine a besoin de 43 milliards d’aide internationale. En novembre 2025, 22 sont fermement engagés.
Trois lignes de défense, et aucune banque centrale derrière.
La nuit du 18 décembre
Des heures de tractations
Le 18 décembre 2025, De Wever parle à la Chambre.
Je n’abandonne pas, dit-il. Les conditions sont claires et connues. EUobserver rapporte la séance, et note, selon des diplomates, qu’il demande des garanties illimitées au-delà des 193 milliards de capital immobilisé, pour couvrir tout dommage qui dépasserait ce montant.
Le même jour, au Sénat, les parlementaires lui disent de continuer. Un soutien total, écrit le compte rendu.
L’Italie, la Bulgarie, Malte et la Tchéquie se joignent aux réserves belges. Euronews l’écrit.
La nuit vient. Les négociateurs proposent des garanties sans plafond et un engagement à rembourser tous les montants et tous les dommages, et c’est l’ampleur de cette obligation, écrit Euronews, qui inquiète les autres chefs de gouvernement. Ils reculent.
Quatre-vingt-dix milliards empruntés
Au matin du 19, le prêt de réparations n’est plus la solution. Remisé, écrit Euronews.
Les conclusions du Conseil demandent tout de même d’y travailler encore. La RTBF écrit que l’option demande davantage de travail.
Les mêmes conclusions retiennent autre chose. Un prêt de 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027, financé par un emprunt de l’Union sur les marchés de capitaux et garanti par la marge du budget européen. Décaissé à partir du deuxième trimestre 2026.
La Tchéquie, la Hongrie et la Slovaquie ne portent pas la garantie. Le texte le prévoit par coopération renforcée.
De Wever commente. Les jeux sont faits, tout le monde est soulagé. La RTBF le cite.
La Belgique gagne sa nuit. L’Union signe l’emprunt à sa place.
Une nuit pour ne pas toucher au compte, et un emprunt pour le remplacer.
Le droit de s'en servir
Le règlement du 12 décembre
Six jours plus tôt, le Conseil verrouille la porte.
Le 12 décembre 2025, il adopte le règlement (UE) 2025/2600, qui interdit tout transfert direct ou indirect vers la Russie des avoirs immobilisés de sa banque centrale. À titre temporaire, écrit le Conseil, aussi longtemps que rendre ces ressources à Moscou poserait de graves difficultés économiques à l’Union.
L’argent ne rentre pas à Moscou. Il ne va pas non plus à Kyiv. Il reste.
Gagés sans être pris
Puis les conclusions du 18 décembre ajoutent une clause.
Le prêt de 90 milliards est remboursé par l’Ukraine seulement une fois les réparations reçues, et jusque-là les avoirs restent immobilisés, l’Union se réservant le droit de les utiliser pour rembourser ce prêt. C’est écrit. Adopté.
Les avoirs servent déjà de gage. Le prêt de l’Union repose sur eux, par écrit, depuis décembre.
Mieux vaut garder ces montants immobilisés tant que la Russie n’a pas réparé tous les dommages, dit Prévot le 2 septembre, rapporte Euronews. Ce levier existe. Mais il est déjà engagé sur une autre table. La question de septembre n’est donc pas de savoir si cet argent servira à l’Ukraine. Elle est de savoir quand, et par quelle porte.
C’est une lecture. Le texte du Conseil la permet. Il ne la commente pas.
Gagés le 18 décembre, intouchables le 2 septembre.
Trente et soixante
Le règlement du 23 avril
Le mécanisme est écrit au printemps.
Le 23 avril 2026, le Conseil finalise le règlement du prêt, avec 30 milliards pour le soutien macroéconomique, par l’assistance macrofinancière et par la Facilité pour l’Ukraine. Et 60 milliards pour la défense, capacité industrielle et achats de matériel compris.
Vingt-quatre États membres participent, en coopération renforcée. Le prêt est remboursé par les réparations dues par la Russie, écrit le Conseil.
Des conditions. L’État de droit. La lutte contre la corruption. La stratégie de financement que Kyiv a remise en mars.
Quarante-cinq, puis quarante-cinq
Le prêt se coupe en deux années égales.
45 milliards en 2026. Dont 8,35 en assistance macrofinancière, 8,35 par la Facilité, 28,3 pour la défense. Le Conseil donne ces trois nombres.
Puis 45 en 2027. RFE/RL décrit cette coupe en deux. Le gouvernement ukrainien confirme les 45 de 2026. La deuxième moitié porte une date. L’an prochain.
Deux moitiés égales. Un front qui ne l’est pas.
La moitié qui reste porte un millésime, pas un mois.
Trois virgule deux milliards
Le 25 juin, la première tranche
Le premier euro arrive fin juin.
Le 25 juin 2026, la Commission verse 3,2 milliards d’euros, première tranche d’assistance macrofinancière, et publie le calendrier indicatif du reste, soit 3,7 milliards en septembre et 1,45 milliard en fin d’année. Trois dates. Une année.
Sept conditions de politique accompagnent le versement. La prolongation de la taxe militaire. La fiscalité des plateformes numériques. La fin d’exemptions de TVA. La gestion des investissements publics.
Chaque tranche est un examen. Kyiv le passe, puis attend la suivante.
Onze virgule six au 30 juillet
Le 30 juillet 2026, Kyiv annonce une tranche de 3,47 milliards.
Le gouvernement ukrainien fait le total. 11,6 milliards reçus en 2026 sous ce prêt. 3,2 pour le budget. 8,4 pour la défense. Euronews donne le 26 août des chiffres voisins.
Onze virgule six sur quarante-cinq. Un quart de l’enveloppe annuelle, versé en huit mois.
Euronews ajoute une ligne. 22 milliards de défense sont approuvés mais attendent qu’on vérifie les contrats avant de sortir.
Approuvé n’est pas versé. Versé n’est pas dépensé.
Ce qui est versé se compte ; ce qui reste se promet.
Vingt-trois milliards
Soldes, armes, avances
Le trou a une composition. Des soldats dedans.
Euronews la donne le 26 août 2026. Vingt-trois milliards d’euros. Vingt-sept en dollars. Des soldes de soldats. Du soutien social. Des achats d’armes. Et 6 milliards d’avances pour des livraisons prévues au début de 2027. Des paies. Des drones.
L’Ukraine a dépensé au premier semestre ce qu’elle prévoyait pour le second. Des achats anticipés, écrit La Libre. Des drones, notamment.
Deux calendriers se croisent. Euronews rattache le trou à 2026, par ce mécanisme même. RFE/RL titre sur le financement de 2027, sans dater le trou. Une lecture les concilie. Le trou est de cette année. Ce qui manque encore, c’est l’argent de l’an prochain.
Chez nous, ça s’appelle une paie qui dépend d’une marge de crédit. La marge est approuvée. Pour l’an prochain.
La demande du 24 août
Le lundi 24 août, Volodymyr Zelensky demande l’avance.
À Kyiv, jour de l’Indépendance, devant la Coalition des volontaires. Il demande qu’une part de la tranche 2027 arrive plus tôt. Euronews et La Libre le rapportent.
La Commission répond par un porte-parole. Aucune demande officielle n’est arrivée par les canaux bilatéraux, dit-il. Elle peut accélérer à l’intérieur des 45 milliards de 2026. Le reste, des responsables européens le disent à Euronews. Avancer l’argent de 2027 obligerait à modifier le texte et le calendrier d’emprunt. Et laisserait un trou plus tard dans l’année. Une année d’élections, cadre Euronews.
Le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, soutient l’usage des avoirs russes. La facture est russe, dit-il. Les citoyens de l’Union ne devraient pas la payer entière. Un haut responsable européen répond à Euronews. Aucun appétit pour rouvrir la question.
Avancer la tranche, c’est déplacer le trou.
La lettre des quatre
Vingt-sept août
Quatre capitales écrivent.
La Suède, les Pays-Bas, l’Espagne et la Pologne signent une lettre que La Libre date du 27 août 2026 et dit adressée à Kaja Kallas et à la ministre irlandaise Helen McEntee. RFE/RL en cite deux lignes. Aucun signe que la Russie veuille mettre fin à l’agression. L’Ukraine a besoin de plus de soutien, à court et à long terme.
La lettre fuit vers les médias avant la réunion, écrit RFE/RL, pour prendre de vitesse l’opposition attendue.
La Lettonie appuie, par son Premier ministre. Le ministre ukrainien Andrii Sybiha appuie. La ligne de Stockholm est une autre histoire. Celle-ci reste à Bruxelles.
La réponse de Wicklow
La réponse tient en deux voix.
La première est celle de Theo Francken, ministre de la Défense. Le 28 août, La Libre reprend ses propos tenus à l’émission Terzake. Ce n’est pas négociable. Cette porte est totalement close. Le Premier ministre restera ferme. Aux États baltes, il dit de ne pas soulever sans cesse la question ni mettre la Belgique au pied du mur ; ce ne serait pas raisonnable. Et il rappelle les avions belges qui surveillent leur ciel.
La seconde est celle de Prévot, le 2 septembre. Les raisons de notre opposition n’ont pas disparu par magie entre-temps. Xinhua ajoute sa formule. Des garde-fous juridiques et financiers adéquats d’abord.
Euromaidan Press, qui cite Reuters, écrit que la Belgique renvoie plutôt vers une part du prêt déjà convenu, à faire arriver plus tôt. Le prêt de 90 milliards. La tranche de l’an prochain.
Deux colonnes, côte à côte. Deux cent deux milliards d’avoirs russes à Bruxelles, au bilan d’Euroclear. Vingt-trois milliards manquants à Kyiv, selon son ministère de la Défense.
L’argent est là. Il ne sort pas.
Trois faits datés se tiennent entre les deux colonnes. Le 2 décembre, une banque centrale refuse un filet. Le 18 décembre, un Premier ministre demande des garanties que personne ne signe. Le 16 juillet, un tribunal de Moscou confirme un jugement. Que ces trois faits ferment la porte, c’est une lecture, pas une pièce du dossier. Aucun des trois ne paie septembre.
Quatre signatures contre une porte close, et la porte tient.
L'an prochain
Compter les mois
Le dossier permet un compte.
Le trou est déclaré le 24 août, et la tranche 2027 n’a aucun calendrier publié. Entre les deux, il y a quatre mois de calendrier civil au moins, puis un amendement si les responsables cités par Euronews ont raison sur la procédure, puis un vote à vingt-quatre. Quatre mois. Minimum.
D’ici là, les euros datés sont connus. 3,7 milliards d’assistance macrofinancière en septembre, si l’indicatif tient. 1,45 milliard en fin d’année. Et 22 milliards de défense suspendus à des contrats.
Ce compte, aucune source ne le fait. Il se déduit des calendriers publiés par la Commission, de la réponse de son porte-parole et de ces responsables. Aucune source ne dit que la paie manquera. Aucune ne dit non plus d’où viendra la différence.
Deux mille vingt-huit
Au-delà de 2027, il y a un autre chiffre.
Le projet de budget européen 2028-2034 réserve 100 milliards d’euros à l’Ukraine. RFE/RL et La Libre le rapportent. Ces fonds n’existent qu’à partir de 2028.
Entre les deux, 2027. Des élections en France, en Italie, en Pologne, note RFE/RL. Et un soutien américain qui a effectivement cessé, selon des responsables européens cités par Euronews.
Pendant ce temps, à Bruxelles, 2,3 milliards d’intérêts tombent par semestre. Ils tombent quel que soit le calendrier.
Le calendrier du prêteur n’est pas celui du front.
Les chiffres qui ne concordent pas
De 185 à 214
Combien d’argent russe chez Euroclear ? Ça dépend de qui compte.
185 milliards de titres immobilisés chez Euroclear, disent Euronews et Valérie Urbain en décembre 2025. 193 de capital immobilisé, écrit EUobserver le 18 décembre, selon des diplomates, sans nommer le périmètre. Environ 190 de fonds russes gelés chez le dépositaire, écrit Meduza le 16 juillet. 214 milliards chez Euroclear, écrit Euromaidan Press le 3 septembre.
Deux autres chiffres comptent plus large. 200, dit La Libre le 28 août : les actifs de la banque centrale russe gelés dans l’Union entière. 210 au total dans l’Union, écrit la même Libre le 1er septembre, dont 185 chez Euroclear.
Euroclear, lui, publie 202 milliards au 30 juin. Mais ce chiffre, tel que le dépositaire le libelle, couvre les avoirs russes sanctionnés, sans détailler la part de la banque centrale.
Deux colonnes, donc. Chez Euroclear : 185, 190, 202, 214. Dans l’Union : 200, 210. Dates différentes. Périmètres différents. Personne, dans ce dossier, ne réconcilie les colonnes. Le dépositaire, lui, publie un bilan. Son chiffre a une date et un périmètre.
Ce que le dossier ne dit pas
La liste des absences est courte et lourde.
Ce que la Belgique perdrait vraiment, si le jugement de Moscou s’exécutait, n’est chiffré nulle part. La lettre des quatre n’est pas publiée, pas plus que l’article de Reuters que cite Euromaidan Press, qui n’a pas pu être ouvert. La position des autres détenteurs, Londres, Berne, Tokyo, Washington, n’est mesurée par aucune pièce.
Les risques belges ne sont pas une posture. Un jugement confirmé en appel. Dix-sept milliards de titres retenus en Russie, selon la dirigeante du dépositaire. Une banque centrale qui refuse le filet. Cent quarante-six millions de coûts au semestre.
La Belgique paie déjà quelque chose. Elle refuse de payer le reste sans signature.
Les risques belges sont vrais ; leur prix n’est écrit nulle part.
Qui paie l'attente
Une question de calendrier
Le dossier donne des dates. Le 24 août, le trou. Le 27, la lettre. Le 28, la porte close. Le 2 septembre, la position inchangée.
Il donne aussi des montants qui tombent seuls. Deux virgule trois milliards d’intérêts par semestre, à Bruxelles.
La Belgique a écrit ses raisons, et elles sont datées, chiffrées, confirmées par un tribunal qu’elle ne reconnaît pas, ce qui ne les rend ni fausses ni suffisantes. L’Union a écrit son prêt. Il est daté lui aussi. L’an prochain.
Ce qui reste dû
Ce qui reste dû tient en une ligne. Personne, dans ce dossier, ne dit qui signe la paie de décembre à Kyiv.
Alors combien de mois une solde peut-elle attendre un règlement que vingt-quatre États devront réécrire ?
Le dossier ne répond pas. Entre les deux dates, il y a des gens qui attendent une paie. Il ne les nomme pas. Il les compte en milliards.
Les milliards restent à Bruxelles ; les mois, eux, restent à Kyiv.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Conseil européen, conclusions sur l’Ukraine, 18 décembre 2025
Conseil de l’Union européenne, finalisation du prêt de soutien, 23 avril 2026
Conseil de l’Union européenne, interdiction des transferts d’avoirs russes, 12 décembre 2025
Commission européenne, proposition de prêt de réparations, 3 décembre 2025
Euroclear, résultats du premier semestre 2026, 17 juillet 2026
Euroclear, mise à jour sur les avoirs russes sanctionnés, mai 2026
Commission européenne et SEAE, première tranche du prêt de soutien, 25 juin 2026
Cabinet des ministres d’Ukraine, tranche reçue du prêt de soutien, 30 juillet 2026
Sénat de Belgique, échange de vues sur les avoirs russes, 18 décembre 2025
Banque centrale européenne, Christine Lagarde sur le financement monétaire, 18 décembre 2025
Sources Secondaires :
Euromaidan Press, la Belgique renvoie l’Ukraine vers le prêt européen, 3 septembre 2026
Euronews, la Belgique repousse le recours aux avoirs russes, 2 septembre 2026
Xinhua, la Belgique rejette la relance du débat, 3 septembre 2026
La Libre, Theo Francken ferme la porte à Euroclear, 28 août 2026
La Libre, retour des avoirs russes à l’agenda européen, 1er septembre 2026
RFE/RL, les ministres européens réunis en Irlande, 1er septembre 2026
RFE/RL, comment financer l’Ukraine l’an prochain, 1er septembre 2026
Euronews, le trou de financement de l’Ukraine, 26 août 2026
Euronews, l’échec du prêt de réparations au sommet, 19 décembre 2025
Euronews, la BCE refuse la liquidité d’urgence, 2 décembre 2025
Euronews, les conditions de Bart De Wever à Copenhague, 2 octobre 2025
EUobserver, Bart De Wever maintient ses conditions avant le sommet, 18 décembre 2025
RTBF, Maxime Prévot déplore le manque d’écoute européen, 3 décembre 2025
RTBF, Valérie Urbain sur les avoirs immobilisés, 5 décembre 2025
RTBF, l’accord européen sans recours aux avoirs russes, 19 décembre 2025
Meduza, confirmation en appel de la condamnation d’Euroclear, 16 juillet 2026
The Moscow Times, un tribunal russe condamne Euroclear à payer, 16 mai 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.