Des dates provisoires
Zelensky s’adresse au pays le soir du 3 septembre 2026. La présidence publie le texte.
Il attend les envoyés du président américain à Kyiv. Il vient de réunir l’équipe qui négocie avec eux.
La présidence écrit que la communication avec l’équipe américaine se tient en continu, que les rencontres se préparent et que des dates provisoires sont arrêtées.
Provisoire n’est pas fixé.
Le même soir, le président parle aussi de drones. Des prototypes existent. Il faut produire plus vite.
Il reçoit aussi le ministre indien des Affaires extérieures. Il parle d’outils économiques visant l’agresseur. Pas seulement de déclarations.
La confirmation des deux côtés
Le Kyiv Post rapporte une autre phrase du président ukrainien. Il tient une confirmation des deux hommes. Une rencontre à Moscou, une autre à Kyiv.
Le média situe la déclaration au soir du 3 septembre.
United24 Media rapporte une formule voisine. L’Ukraine se dit prête à les recevoir au bon niveau et sur le fond.
Le même média rapporte que le président ukrainien juge la rencontre importante et qu’il souhaite voir les États-Unis rester actifs dans les semaines qui viennent.
Washington ne commente pas ces plans, écrit le Kyiv Independent.
Une annonce à Kyiv. Un silence à Washington.
Un calendrier annoncé n’est pas un avion posé.
Les deux noms
L’homme de l’immobilier
Steve Witkoff investit dans l’immobilier avant d’entrer en fonction.
Il fonde le groupe qui porte son nom. Il bâtit un portefeuille new-yorkais. Les dates qui suivent viennent de sa notice publique.
Il croise Donald Trump en 1986, par un cabinet d’avocats.
Trump l’annonce envoyé spécial pour le Moyen-Orient le 12 novembre 2024. Il entre en fonction le 6 mai 2025.
Mars 2025. Il devient alors, selon la même source, le canal principal entre l’administration américaine et la présidence russe.
Un promoteur devient un canal.
Ni l’un ni l’autre, à lire ces parcours, ne vient de la carrière diplomatique.
Au début de 2026, tous deux mènent à Genève des pourparlers nucléaires avec l’Iran, d’après la notice de Kushner.
Le gendre et le fonds
Jared Kushner est le gendre du président américain. Il fut conseiller principal à la Maison-Blanche de 2017 à 2021.
Il lance Affinity Partners en 2021. Le fonds souverain saoudien y verse deux milliards de dollars. Les actifs atteignent 6,16 milliards en 2026.
Sa notice évalue à 157 millions les frais de gestion perçus depuis la création.
En avril 2026, le représentant démocrate Jamie Raskin ouvre une enquête sur ce cumul entre la conduite d’un fonds privé et une fonction d’intermédiaire diplomatique sur l’Ukraine, l’Iran et le Proche-Orient.
Le Kyiv Independent la rapporte. Sans appui républicain, l’élu ne peut pas assigner.
Deux vies publiques logent dans le même homme.
Le titre exact
Un décret de juin
Le 30 juin 2025, un décret présidentiel crée un bureau.
Le Federal Register le publie le 3 juillet 2025, sous le numéro 14311.
Le texte crée une fonction. Envoyé spécial pour les missions de paix.
Le décret confie au titulaire la tâche de faire avancer les efforts destinés à mettre fin aux conflits en cours à l’étranger, en coordination avec le Département d’État et celui de la Défense.
Une page. Le décret précise qu’il ne crée aucun droit opposable.
Le Bureau des missions de paix spéciales loge au sein du Bureau de la Maison-Blanche.
Trois appellations
Witkoff occupe ce poste depuis le 3 juillet 2025.
Kushner y est nommé le 19 février 2026. Leurs notices publiques le datent.
Le dossier ne les nomme pas de la même façon. Le Kyiv Independent présente Kushner comme gendre et homme d’affaires. CNN écrit envoyé spécial du président.
En avril 2026, la Maison-Blanche parlait d’un conseiller informel et non rémunéré.
Trois formules pour un seul homme. Personne ne les réconcilie.
Le décret, lui, ne connaît qu’un seul titre.
Une page de texte. Et la fonction voyage.
La fonction flotte, la valise part quand même.
Moscou d'abord
Février 2025
Le 11 février 2025, Witkoff négocie un échange à Moscou. L’Américain Marc Fogel sort de détention.
Il dit ensuite s’être lié d’amitié avec le président russe.
En avril 2025, nouvelle rencontre avec Vladimir Poutine. Il n’emploie que les interprètes fournis par le Kremlin, d’après sa notice publique. Un usage diplomatique saute.
En août 2025, autre série d’entretiens.
Février. Avril. Août. Décembre.
Quatre passages à Moscou en dix mois.
Aucun de ces déplacements, dans le dossier, ne débouche sur un texte signé.
Cinq heures au Kremlin
Le 2 décembre 2025, Poutine reçoit Witkoff et Kushner. L’entretien dure environ cinq heures, rapporte Axios.
Iouri Ouchakov conseille le président russe. Il qualifie la rencontre d’utile et de constructive.
Axios écrit que des propositions sur le contrôle territorial ont été présentées ce jour-là au Kremlin, sans qu’aucun compromis soit atteint, et que les deux camps ont convenu de garder le détail confidentiel.
Le lendemain, les deux hommes doivent voir le président ukrainien en Europe.
Cinq heures. Rien de signé.
Un long entretien ne produit pas un texte.
Jamais Kyiv
Une première
Ni Witkoff ni Kushner n’ont mis les pieds en Ukraine.
Le Kyiv Independent l’écrit.
Même absence au Kyiv Post. Ce serait la première visite depuis qu’ils servent d’intermédiaires.
Le Kyiv Post écrit que les discussions portant sur les positions ukrainiennes se tiennent hors du pays et que la diplomatie entre Kyiv et Moscou demeure très tendue.
Le prédécesseur y allait
Keith Kellogg portait le titre de représentant spécial du président américain pour l’Ukraine.
Le 19 février 2025, il arrive à Kyiv. Trois jours sur place. Il doit voir Zelensky, puis l’ambassadrice Bridget Brink.
Il résume alors sa mission devant la presse. Écouter, rentrer, rapporter.
Avant Kyiv, l’envoyé voit des dirigeants européens. Ursula von der Leyen. Antonio Costa. Andrius Kubilius. Mark Rutte, à l’OTAN.
Le 19 novembre 2025, Reuters annonce son départ. Il dit partir en janvier 2026.
Un motif est cité par des sources. Trop de responsables américains travaillent sur le même dossier.
Il justifie la date par une règle. Au-delà d’un an de fonction, le Sénat doit confirmer.
Le dossier ne dit pas qui reprend ce titre après lui.
Trois jours à Kyiv en février 2025. Rien de tel depuis, pour les deux envoyés d’aujourd’hui.
La fonction qui allait sur place n’a plus de nom.
Vingt-huit points
Le texte de novembre
Le plan sort en novembre 2025. Vingt-huit points.
Witkoff le prépare avec l’envoyé russe Kirill Dmitriev, écrit le Kyiv Independent.
Le média écrit que cette première version imposait de lourdes exigences à l’Ukraine et qu’elle a été largement lue comme une demande de reddition adressée à Kyiv.
Dix mois plus tard, ce même texte de vingt-huit points revient dans une réunion entre ministres des finances.
Un brouillon devient la matrice de tout le reste.
Dix-neuf ou vingt
Des pourparlers raccourcissent le texte. Le Kyiv Independent compte 20 points après révision. Axios en comptait 19 après les rencontres de Miami.
Deux comptes pour un même papier. Personne ne tranche.
Le Kremlin rejette les modifications, écrit le Kyiv Independent.
Poutine maintient sa demande, écrit Axios. Le Donbass entier, par la négociation ou par les armes.
Le papier maigrit. La demande, non.
Vingt-huit. Puis dix-neuf. Puis vingt.
On révise un texte que l’autre camp refuse.
Abou Dhabi, Genève
Trois rondes
Première ronde trilatérale le 24 janvier 2026, à Abou Dhabi. Le Kyiv Post la date.
Une deuxième suit en février.
Une troisième se tient à Genève.
Puis plus rien.
Deux causes sont citées. L’escalade entre Washington et Téhéran, et le désaccord sur Donetsk.
Le dossier ne signale aucune quatrième ronde.
Abou Dhabi. Février. Genève.
Trois villes. Aucun accord.
Ce que Rubio concède
Le 22 mai 2026, Marco Rubio parle de ces pourparlers. Le secrétaire d’État constate l’arrêt. Les rondes n’ont pas porté, dit-il.
Le Kyiv Post rapporte que le secrétaire d’État justifie le rôle américain par le fait que Washington reste le seul interlocuteur accepté des deux camps, et qu’il redit qu’une telle guerre finit par un règlement négocié.
Il dit se tenir prêt si une occasion de pourparlers utiles se présente.
Trois mois et demi passent.
Une disponibilité n’est pas une rencontre.
Le voyage repoussé
Des mois de calendrier
Le 8 juin 2026, Zelensky appelle les deux hommes. Depuis l’aéroport de Chisinau. La présidence le publie.
L’appel porte sur le sommet du G7 et sur les intentions de Moscou.
Le 22 juillet 2026, nouvel appel. Roustem Oumerov, Kyrylo Boudanov et Serhiï Kyslytsia y participent.
Le 31 août 2026, encore un. Cette fois, l’ordre du jour porte sur les détails du déplacement.
La présidence écrit que cet entretien a porté sur le champ de bataille, sur les pertes russes et sur les frappes aériennes russes.
Un tel déplacement serait très utile pour dégager des solutions, dit alors le président.
Trois appels. Aucune arrivée.
Axios écrit que la venue à Kyiv se discute depuis des mois entre responsables ukrainiens et américains, et que le déplacement a été programmé puis annulé à plusieurs reprises avant d’être arrêté pour cette fin de semaine.
L’Iran passe devant
Une visite était prévue plus tôt en septembre, rapporte le Kyiv Independent.
Elle est repoussée.
Le motif rapporté tient à l’Iran. Le président américain voulait garder ses diplomates auprès de lui.
Le média met une réserve sur ce motif. Il écrit qu’il est allégué.
Un dossier chasse l’autre.
Un agenda se déplace plus vite qu’une ligne de front.
Ce qui se règle ailleurs
Un directeur à Moscou
Le 25 août 2026, la CIA est à Moscou. Le Kyiv Post le date. John Ratcliffe, son directeur, y voit les chefs du renseignement et de la sécurité russes.
Axios écrit que ce déplacement visait à savoir si ces responsables pouvaient convaincre Vladimir Poutine d’emprunter la voie diplomatique pour terminer la guerre.
Le 2 septembre, Poutine dit qu’un accord reste envisageable, rapporte le Kyiv Post.
Huit jours séparent les deux gestes.
Le 1er septembre, le président ukrainien annonce autre chose. Le ciel russe se fermera de fait, dit-il. Il précise ne viser aucun aéronef civil.
Il rappelle avoir suspendu des frappes du 25 au 27 août. Sur Moscou. Sur Saint-Pétersbourg. À la demande des Américains. Puis vers Vladivostok, pour un temps donné, à la demande d’une autre puissance.
Deux ministres des finances
Scott Bessent dirige le Trésor américain.
Il reçoit Anton Silouanov, ministre russe des Finances, aux États-Unis. Le sujet est le plan en vingt-huit points, écrit le Kyiv Independent.
Un responsable ukrainien dit au même journal ne rien savoir de cette rencontre.
Cette rencontre précède de quelques jours l’annonce faite à Kyiv, écrit le Kyiv Independent.
Le pays dont on discute n’est pas prévenu, à en croire ce responsable.
Trois capitales parlent. Une n’est pas dans la pièce.
On parle du pays sans le pays.
Le protocole et l'abri
Jaune pour les drones
Le 2 septembre 2026, Zelensky annonce un nouveau système d’alerte. Deux niveaux remplacent la sirène unique.
Le jaune signale les drones. Le rouge annonce les missiles, les balistiques, les frappes combinées.
Les signaux sonores diffèrent. Les avertissements se localisent. Par zone menacée.
Jaune. Rouge. Deux sirènes pour une même ville.
Le même jour, un bâtiment universitaire du centre est touché.
Rouge pour les missiles
En alerte jaune, le métro roule. Partiellement, ou complètement. Le couvre-feu est révisé.
Les écoles et les garderies gardent leurs consignes.
Le président annonce aussi une révision des normes d’abris. Mobiles, précise-t-il.
Le Kyiv Independent cite une étudiante de la capitale, qui dit la fatigue et la répète, dans une ville où les sirènes tombent désormais sept fois en une seule journée.
Le soir même, le maire Vitali Klitschko demandait aux habitants de rester dans les abris.
Une ville refait ses sirènes la semaine où elle prépare une réception.
Deux administrations. Deux étages. Une même semaine.
Une capitale range ses caves avant l’arrivée des invités.
Les licences
Cinq pour cent refusés
Le 2 septembre 2026, Rubio parle des licences Patriot. Dans une émission américaine. Elles se négocient en ce moment, dit-il.
Elles permettraient à l’Ukraine de fabriquer ses propres systèmes.
Monter une production prend plusieurs années, ajoute-t-il. Cela ne règle pas le problème immédiat.
Zelensky avait demandé d’acheter 5 % du stock américain de missiles. Rubio refuse. Il invoque les besoins de la défense de son pays.
Un pourcentage, puis un non.
Plusieurs années
En juillet, Trump avait accepté d’accorder ces licences, puis il est revenu sur sa parole quelques semaines plus tard, rapporte le Kyiv Independent.
Le 1er septembre 2026, l’Associated Press compte 218 drones russes en plus de douze heures. Un tiers environ vole au réacteur.
L’Associated Press écrit que l’attaque a commencé à dix-huit heures le lundi, qu’elle a mêlé missiles balistiques, de croisière et antiradar, bombes planantes et tirs d’artillerie, et qu’elle a touché un dépôt ferroviaire.
Douze personnes au moins meurent. Huit à Kyiv, quatre autour.
Ce jour-là, une usine textile et un point de passage de bac sont touchés dans la région d’Odesa.
Kaja Kallas dirige la diplomatie européenne. Elle décrit une armée russe enlisée au sol, qui frappe mortellement des civils depuis le ciel.
Dans la nuit du 2 au 3 septembre, Odesa compte dix-sept blessés. Dont trois enfants.
Vingt appartements touchés, du dixième au dix-septième étage. Douze voitures.
Rubio renvoie la négociation de paix aux deux envoyés.
Le secrétaire d’État parle en années. Les drones partent chaque nuit.
Le délai des usines ne suit pas celui des caves.
Ce qui n'est pas acquis
Ce qu’une visite ne signe pas
Un déplacement d’émissaires n’est pas un accord.
Axios décrit le programme. Départ vendredi. Moscou samedi, au Kremlin. Kyiv dimanche.
CNN cite l’agence TASS et situe le voyage les 5 et 6 septembre 2026.
Le même média rappelle les demandes russes. Cession de territoire, renoncement à l’OTAN, réduction de l’armée.
Kyiv les refuse.
Deux capitales en deux jours. Aucune signature annoncée.
Jeudi, les deux hommes voient le président américain à la Maison-Blanche. Axios le rapporte.
De ce déplacement, le Kyiv Post attend une relance des pourparlers trilatéraux entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie.
Ce qui reste dû
Le dossier ne dit pas ce que les deux hommes apportent dans leurs valises, ni ce qu’ils comptent en rapporter, ni quand une quatrième ronde trilatérale pourrait s’ouvrir.
Alors combien de nuits une capitale peut-elle recevoir des envoyés sans qu’une seule norme d’abri change pour de bon ?
Les émissaires repartiront. Les alertes, elles, ont deux couleurs depuis le 2 septembre.
La huitième journée d’attaques est derrière. La neuvième ne dépend d’aucun de ces deux vols.
Une ville attend. Le départ est prévu vendredi.
Deux émissaires repartent, la nuit ne bouge pas.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Présidence ukrainienne, réunion avec l’équipe de négociation américaine, 3 septembre 2026
Présidence ukrainienne, entretien téléphonique avec Witkoff et Kushner, 31 août 2026
Présidence ukrainienne, reprise de la diplomatie avec Washington, 22 juillet 2026
Présidence ukrainienne, appel diplomatique depuis Chisinau, 8 juin 2026
Présidence ukrainienne, avertissement sur la fermeture du ciel russe, 1er septembre 2026
Federal Register, création du Bureau des missions de paix, 3 juillet 2025
Sources Secondaires :
Kyiv Independent, visite attendue de Witkoff et Kushner, 3 septembre 2026
Axios, déplacement des envoyés à Moscou et Kyiv, 4 septembre 2026
CNN, premier déplacement des envoyés en Ukraine, 4 septembre 2026
Kyiv Post, confirmation de la visite par Zelensky, 3 septembre 2026
Kyiv Independent, frappe russe sur une usine Coca-Cola, 3 septembre 2026
Kyiv Independent, nouveau système d’alerte aérienne annoncé, 2 septembre 2026
Kyiv Independent, licences Patriot en cours de négociation, 3 septembre 2026
Kyiv Independent, septième nuit de frappes sur Kyiv et Odesa, 2 septembre 2026
Associated Press, sixième nuit de frappes sur Kyiv, 1er septembre 2026
Axios, entretien de cinq heures avec Poutine, 2 décembre 2025
Kyiv Post, pourparlers de paix au point mort, 22 mai 2026
Liga.net, départ annoncé de l’envoyé Keith Kellogg, 19 novembre 2025
UPI, arrivée de Keith Kellogg à Kyiv, 19 février 2025
Kyiv Independent, enquête parlementaire sur Jared Kushner, 18 avril 2026
United24 Media, préparation de la visite historique à Kyiv, 3 septembre 2026
Wikipédia, notice biographique de Steve Witkoff, consultée le 4 septembre 2026
Wikipédia, notice biographique de Jared Kushner, consultée le 4 septembre 2026
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