L’arithmétique officielle
Additionnés, les deux chiffres donnent quatre-vingt-cinq kilomètres carrés. C’est le total que l’ISW retient dans son évaluation du 15 septembre, en y incluant la libération de Serednie.
À l’échelle d’une guerre qui dure depuis plus de mille six cent soixante jours, quatre-vingt-cinq kilomètres carrés ressemblent à une poussière. Un arrondissement. Une zone industrielle.
Le réflexe est de comparer cette surface à la carte entière. Le réflexe est mauvais. Profondément.
Car la question n’est pas combien de terrain a changé de mains. La question est quel terrain, et ce qu’il commandait.
Le kilomètre carré n’a pas de valeur en soi, il a la valeur de ce qu’il interdit à l’ennemi
Ce que ces kilomètres tenaient
Les localités nommées par le corps d’armée dessinent une ligne, pas une tache. Novoselivka, Oleksandrivka, Yarova, les abords de Korovii Yar, et Serednie dans la municipalité de Lyman.
Cette ligne court au nord de Lyman. Elle couvre l’axe par lequel une force venue du nord aurait dû descendre pour refermer une tenaille sur Sloviansk.
Reprendre cette ligne ne rapporte pas de villes. Et pourtant elle décide de tout, parce qu’elle retire une route. Une seule. Celle qui rendait la manœuvre concevable.
Il existe des terrains dont la valeur ne se lit pas sur une carte de surfaces mais sur une carte d’intentions
Le commandement russe a choisi de ne pas voir
Dix semaines d’aveuglement déclaré
Le 6 septembre, un blogueur militaire russe répondant au nom d’Anatoly Radov écrivait que les Ukrainiens menaient une contre-offensive depuis deux mois et demi, et que le commandement russe s’efforçait de ne pas la remarquer.
La phrase est venue du camp russe. Elle n’a pas été démentie.
Deux mois et demi, cela signifie un début vers la fin juin. Dix semaines pendant lesquelles des positions ont bougé, des groupes ont été repoussés, des relais logistiques ont été déplacés, sans qu’aucun rapport officiel ne le consigne.
Ce n’est pas un échec du renseignement. Un renseignement qui échoue se trompe. Celui-ci non. Celui-là voyait.
Le mensonge militaire le plus dangereux n’est pas celui qu’on adresse à l’ennemi, c’est celui qu’on s’adresse à soi-même
Quand le rapport remplace le réel
Une armée qui punit les mauvaises nouvelles finit par ne plus en recevoir. Le mécanisme est ancien, documenté, répétitif. Il ne demande aucune théorie du complot. Aucune.
Il suffit qu’un échelon comprenne que signaler un recul coûte plus cher que le taire. L’information remonte alors filtrée. Puis lissée. Puis inventée.
Le 7 septembre, Biletskyi avait déjà publiquement contredit une affirmation russe sur la prise de Sviatohirsk. Sur le même front, la prise de Kostiantynivka avait été annoncée par la hiérarchie russe alors que la ville tenait toujours.
Une chaîne de commandement qui récompense l’optimisme fabrique des cartes sur lesquelles on perd des guerres
Serednie, un nom que personne ne connaissait hier
La localité comme unité de compte
Serednie est le seul nom que l’ISW retient comme entièrement libéré dans cette première phase. Une localité de la municipalité de Lyman. Rien qui figure dans un atlas scolaire.
C’est pourtant le nom qui circule. Parce qu’une localité reprise est vérifiable, datable, cartographiable. Un kilomètre carré ne l’est pas.
La guerre moderne se compte en localités parce que ce sont les seules unités que les deux camps, les analystes et les sources ouvertes peuvent recouper.
On ne libère jamais une surface, on libère des noms, et ce sont les noms qui font la carte
Ce que reprendre un village veut dire
Reprendre une localité ne signifie pas y installer une garnison. Cela signifie en retirer l’adversaire, tenir les abords, et accepter que l’artillerie continue de la viser.
Les habitants, quand il en reste, ne reviennent pas le lendemain. Une localité reprise reste une localité en zone de tir.
La rivière Zherebets revient régulièrement dans les descriptions russes de ce secteur. Elle sert de référence. Elle est la seule chose que personne ne peut déplacer.
Dans une guerre de positions, le relief devient le seul témoin que les deux camps acceptent de citer
Ce que le silence informationnel a vraiment acheté
Une opération conduite sans communiqué
Biletskyi l’a dit en révélant l’opération : elle a été conduite sous silence informationnel maximal. La formule est du commandant lui-même, rapportée le 16 septembre par le service de presse des forces armées.
Le silence a un coût. Il prive le pays d’une bonne nouvelle pendant des semaines, dans une période où les bonnes nouvelles se font rares.
Il a aussi un rendement. Il prive l’adversaire du signal qui déclencherait une réaction.
Et pourtant le silence ukrainien n’explique pas tout. Une armée attentive détecte une contre-offensive de dix semaines, communiqué ou pas.
Le silence n’aveugle que ceux qui avaient déjà décidé de ne pas regarder
Le pari politique du secret
Taire une opération en cours, c’est parier qu’elle réussira. Une opération révélée puis stoppée devient une défaite publique. Une opération tue et réussie devient une révélation.
Ce calcul explique le calendrier. L’annonce du 15 septembre n’intervient pas au début de Vivaldi. Elle intervient quand le résultat est acquis et vérifiable par des tiers.
La séquence est maîtrisée. Le corps d’armée annonce le 15. L’ISW confirme le même jour. La presse spécialisée suit le 16.
Une armée qui choisit le moment de sa propre annonce a déjà gagné le terrain dont elle parle
La rivière Zherebets dit ce que les communiqués taisent
Le repère que les deux camps citent
Le 13 septembre, un canal russe largement suivi notait que de petits groupes ukrainiens atteignaient au moins la Zherebets. La formulation est défensive. Elle concède une progression tout en la minimisant.
Au moins. Deux mots qui admettent une borne inférieure sans nommer la borne supérieure.
Quand une source hostile décrit la position adverse par un plancher, c’est qu’elle ignore le plafond ou qu’elle ne veut pas l’écrire.
Les concessions involontaires de l’adversaire valent souvent mieux que les communiqués de votre propre camp
Lire la géographie contre la propagande
Une rivière n’a pas d’opinion. Elle ne se déplace pas selon le moral des troupes. C’est pourquoi les analystes en sources ouvertes s’y accrochent.
Si des groupes ukrainiens opèrent à hauteur de la Zherebets, la ligne de contact réelle se situe plus au nord que ne le suggèrent les cartes russes.
L’écart entre les deux lectures n’est pas un détail technique. C’est l’espace exact dans lequel un plan d’encerclement devait se déployer.
Entre la carte que l’on publie et la rivière que l’on franchit, c’est toujours la rivière qui a raison
Un plan d'encerclement meurt sans qu'on annonce sa mort
L’architecture de la tenaille
Encercler la ceinture de forteresses supposait deux bras. Un descendant du nord, après la prise de Lyman. Un remontant du sud, par l’axe de Kostiantynivka et de Chasiv Yar.
Les deux bras devaient se rejoindre derrière Sloviansk et Kramatorsk, coupant les axes d’approvisionnement et transformant les forteresses en poches.
C’est une manœuvre classique. Elle exige deux choses : de la profondeur au nord, et du temps. Vivaldi retire la première et consomme la seconde.
L’ISW conclut que la manœuvre est désormais irréalisable. Le mot est fort dans le vocabulaire prudent de l’institut.
Un plan d’encerclement ne s’effondre pas dans un fracas, il s’éteint quand l’un de ses deux bras cesse d’être possible
Ce qu’il reste à Moscou
Privé de la tenaille, le commandement russe revient à l’assaut frontal. C’est ce que l’ISW observe : la priorité reste donnée aux attaques venues du sud et du sud-ouest, malgré le revers de Lyman.
L’assaut frontal sur des villes fortifiées est la manœuvre la plus coûteuse en hommes que connaisse la guerre terrestre.
Ce n’est pas un choix. Jamais. C’est ce qui reste quand l’autre option a été supprimée.
Quand une armée revient à la manœuvre la plus chère, ce n’est pas qu’elle l’a choisie, c’est qu’on lui a retiré les autres
Deux armées interarmes prises dans le même angle mort
Les formations concernées
Les unités russes affectées par l’opération appartiennent à la 20e armée interarmes et à la 25e armée interarmes. Ce sont des formations de niveau opératif, pas des détachements.
Quand deux armées interarmes subissent un recul simultané sur un même axe, l’événement ne relève plus de l’incident tactique.
Il relève d’autre chose. D’une défaillance de coordination entre échelons. Ou d’une sous-estimation partagée de la menace.
Une erreur d’appréciation qui traverse deux armées à la fois n’est plus une erreur, c’est une culture
Côté ukrainien, l’ossature
Les unités engagées comprennent le 3e corps d’armée, la 60e brigade mécanisée, la 3e brigade d’assaut et le 1er corps Azov de la garde nationale.
Ce sont des formations qui ont accumulé de l’expérience sur cet axe. La 3e brigade d’assaut y est déployée depuis l’été 2024.
Biletskyi commande le 3e corps d’armée depuis février 2025. La continuité de commandement sur un même secteur est une variable rarement citée et souvent décisive.
La connaissance intime d’un terrain ne figure dans aucun tableau d’effectifs, elle décide pourtant de ce que le terrain rendra
Quand la logistique recule jusqu'en Russie
Le repli vers Voronezh
L’évaluation de l’ISW mentionne un élément discret et lourd : des éléments de soutien russes ont été repositionnés au-delà de la frontière, dans l’oblast de Voronezh.
Déplacer du soutien logistique vers l’arrière n’est pas une manœuvre offensive. C’est un aveu de vulnérabilité sur les axes d’approvisionnement.
Franchir la frontière pour se mettre à l’abri, c’est allonger chaque rotation, chaque livraison, chaque évacuation sanitaire.
Une armée qui recule sa logistique de l’autre côté de sa propre frontière vient de renoncer à quelque chose qu’elle n’annoncera jamais
Le prix des kilomètres ajoutés
Chaque kilomètre ajouté entre un dépôt et une ligne de contact se paie en carburant, en usure mécanique et surtout en délai.
Le délai est la variable qui tue. Un blessé évacué plus tard survit moins. Une munition arrivée plus tard n’arrive pas. Elle manque.
Cette dégradation ne produit aucune image spectaculaire. Elle produit une courbe, et la courbe décide des offensives suivantes.
Les guerres se perdent rarement sur la ligne de front, elles se perdent sur les routes qui y mènent
Les blogueurs de Moscou ont parlé avant l'état-major
Une source hostile qui documente
Le fait le plus révélateur de ce dossier n’est pas ukrainien. Il est russe. Ce sont des canaux affiliés au Kremlin qui ont documenté les revers avant que l’état-major ne les reconnaisse.
Radov le 6 septembre. Un canal majeur le 13. D’autres ensuite, concédant des pertes de positions au sud de Lyman et des difficultés à reprendre pied dans la ville elle-même.
Ces canaux ne sont pas des dissidents. Ils soutiennent la guerre. Sans réserve. C’est précisément ce qui rend leurs concessions utilisables.
Quand la propagande elle-même commence à concéder du terrain, c’est que le terrain avait déjà changé de mains
La fonction réelle de ces canaux
Ils remplissent un rôle que l’institution ne peut plus tenir : informer un public militaire qui ne croit plus aux communiqués officiels.
Un écosystème parallèle s’est installé. Il critique l’exécution sans jamais contester la guerre. C’est une soupape, pas une opposition.
Mais une soupape laisse passer des faits. Et ces faits, une fois publiés, deviennent recoupables.
C’est ainsi qu’une contre-offensive tenue secrète par Kyiv a d’abord été racontée par Moscou.
Il y a une ironie amère à ce que la première chronique d’une victoire ukrainienne ait été écrite en russe
Deux cents kilomètres carrés, disent ceux qui comptent autrement
L’écart entre les estimations
Un analyste français en sources ouvertes, Clément Molin, évaluait le 8 septembre la surface libérée à plus de deux cents kilomètres carrés. Le chiffre officiel ukrainien en annonce quatre-vingt-cinq.
L’écart est considérable. Énorme, même. Il ne se résout pas par une moyenne, et personne de sérieux ne tentera de le faire.
L’ISW note de son côté que les gains ukrainiens dépassent probablement ce qui a été divulgué publiquement.
Quand le camp qui gagne annonce moins que ce que les observateurs mesurent, la prudence est une arme comme une autre
Pourquoi sous-annoncer
Annoncer moins protège des deux côtés. Cela évite l’humiliation si une position est reprise. Cela évite aussi de désigner à l’adversaire l’ampleur exacte de son échec.
C’est l’inverse exact de la pratique russe observée sur le même front, où des villes sont déclarées prises avant de l’être.
Deux doctrines de communication s’affrontent ici. L’une sous-estime ses gains. L’autre surestime les siens. À la longue, une seule des deux conserve sa crédibilité.
La crédibilité est une ressource stratégique, elle se dépense une fois et ne se reconstitue pas
Sloviansk attendra, et ce report a un prix
L’objectif suivant, repoussé
Un blogueur russe influent a reconnu que les succès ukrainiens retarderaient l’offensive sur Sloviansk, objectif prévu après la prise de Lyman.
Retarder n’est pas annuler. Il faut le dire clairement, et ne pas transformer un répit en victoire définitive.
Mais dans une guerre d’usure, le temps n’est pas neutre. Il se convertit en fortifications, en stocks, en formations, en aide extérieure livrée.
Gagner du temps n’est pas gagner la guerre, mais perdre du temps est souvent la première façon de la perdre
Ce que l’Ukraine fait de ce temps
Le 16 septembre, le président ukrainien réunissait un état-major consacré à la protection des stations-service et du réseau ferroviaire, ainsi qu’à l’augmentation des achats de guerre électronique.
Ce sont des décisions d’hiver. Elles supposent que les mois à venir viseront les infrastructures civiles plus que les lignes de front.
Le temps gagné au nord de Lyman est donc réinvesti ailleurs, sur un front qui ne figure sur aucune carte militaire.
Le temps arraché à une offensive ne disparaît pas, il se dépose ailleurs, sous forme de transformateurs protégés et de rails réparables
Le coût réel du déni, chiffré en hommes
Ce que le ministère publie chaque matin
Le ministère ukrainien de la Défense publie quotidiennement un décompte des pertes russes cumulées. L’édition du 16 septembre 2026 a été mise en ligne à six heures quarante-cinq.
Ces chiffres sont déclaratifs et émanent d’une partie au conflit. Ils doivent être lus comme tels, et recoupés.
Leur intérêt n’est pas la valeur absolue. Il est dans la pente. Une pente qui s’accentue sur un secteur signale une manœuvre coûteuse.
Un chiffre déclaré par un belligérant ne dit pas la vérité, mais sa variation dit souvent quelque chose que personne ne voulait écrire
Le déni se paie deux fois
Une hiérarchie qui ignore une contre-offensive pendant dix semaines ne renforce pas le secteur menacé. Elle n’y envoie ni réserves, ni appuis, ni ordres adaptés.
Les hommes déployés là continuent d’appliquer un plan qui ne correspond plus au terrain.
Le déni coûte donc deux fois. Une fois en positions perdues. Une fois en hommes engagés sur une carte périmée.
Et ceux-là n’apparaissent dans aucun communiqué, d’aucun côté.
Il y a une catégorie de morts que personne ne compte, ceux qui ont exécuté jusqu’au bout un ordre fondé sur un rapport faux
Ce que Biletskyi n'a pas dit en révélant Vivaldi
Une révélation calibrée
Biletskyi a donné un nom, deux chiffres, une localité et une métaphore. Il n’a donné ni calendrier, ni effectifs, ni objectif suivant.
Ce qu’il a tu est aussi structurant que ce qu’il a dit. Aucune indication sur les pertes ukrainiennes. Aucune sur la profondeur réelle atteinte.
Cette retenue est cohérente avec le silence informationnel revendiqué. Elle laisse aussi une zone d’ombre que seuls des tiers pourront éclairer.
Dans une annonce militaire, la liste de ce qui manque est toujours plus instructive que la liste de ce qui figure
Le vide comme information
L’absence de bilan humain ukrainien est la donnée manquante la plus lourde de ce dossier. Elle n’est pas comblée par les sources disponibles.
Nous ne savons pas ce que ces quatre-vingt-cinq kilomètres carrés ont coûté. Nous savons seulement qu’aucune reprise de terrain, dans cette guerre, n’a jamais été gratuite.
Ce vide ne s’invente pas. Il se signale. Il se signale, et on le laisse ouvert.
Le chiffre qu’on ne publie pas finit toujours par être payé par quelqu’un dont on ne dira pas le nom
Trois saisons restantes, et un hiver qui approche
La métaphore et son échéance
Vivaldi, a rappelé Biletskyi, compte quatre saisons. Celle-ci n’était que la première.
La formule est élégante. Elle est aussi un engagement public, ce qui est rare dans une armée qui vient de revendiquer le silence maximal.
Annoncer trois suites, c’est promettre. Devant témoins. Et une promesse militaire énoncée devant témoins crée une dette.
Nommer une opération d’après quatre saisons, c’est s’obliger publiquement à en livrer trois autres
Ce que l’hiver change
La quatrième saison de Vivaldi, si elle existe, tombera en hiver. Les feuillages disparaissent. Tout se voit. Les colonnes se voient. Les drones voient mieux.
L’hiver favorise l’observation et pénalise le mouvement. Il favorise donc, en principe, celui qui défend.
C’est aussi la saison où l’on frappe les réseaux électriques. Le calendrier militaire et le calendrier civil vont se superposer.
Chaque hiver de cette guerre a servi à rappeler qu’un front ne s’arrête pas aux tranchées mais court jusqu’aux radiateurs
Ce que l'Ukraine vient d'apprendre sur son ennemi
Une vulnérabilité reproductible
Vivaldi a mis au jour une faille qui n’est ni matérielle ni numérique. Une faille de perception, installée dans la chaîne de commandement adverse.
Cette faille est exploitable ailleurs. Elle ne dépend pas du terrain de Lyman. Elle dépend d’une culture de rapport.
Une armée qui ne veut pas voir peut être surprise deux fois. Au même endroit.
La plus précieuse des découvertes militaires n’est pas une arme nouvelle, c’est un angle mort permanent chez l’adversaire
Les limites de la leçon
Il faut se garder d’en faire une règle générale. Une faille exploitée devient une faille connue, et les chaînes de commandement corrigent, même lentement.
L’avantage est donc périssable. Sa durée de vie dépend de la vitesse à laquelle Moscou acceptera de tirer les conséquences de septembre.
Rien, dans les dix dernières semaines, ne suggère que cette vitesse soit élevée.
Un avantage fondé sur l’aveuglement adverse dure exactement le temps que l’adversaire met à ouvrir les yeux
Conclusion : Le déni est devenu une arme ukrainienne
Le vrai produit de l’opération
Vivaldi n’a pas libéré une région. Elle a supprimé une option. Une seule. C’est moins photogénique. C’est beaucoup plus durable.
Le produit réel de cette opération n’est pas Serednie. C’est la disparition d’un plan qui figurait encore, il y a dix jours, dans les projections de campagne russes.
Et ce plan n’est pas mort sous les obus. Il est mort dans les rapports que personne, à Moscou, n’a voulu écrire.
La plus grande contribution russe à cette défaite russe fut administrative
Ce qui reste à vérifier
Trois inconnues demeurent. Le coût humain ukrainien. La profondeur réelle atteinte. Et la capacité du commandement russe à corriger avant la prochaine saison.
Aucune de ces trois réponses n’existe aujourd’hui dans une source vérifiable. Les affirmer serait les inventer. On s’en abstient.
Ce qui est établi tient en une ligne : au nord de Lyman, quelque chose a changé, et la ceinture de forteresses respire un peu mieux qu’au début de l’été.
On ne saura le prix de ces quatre-vingt-cinq kilomètres carrés que le jour où quelqu’un acceptera enfin de le publier
Vivaldi, la contre-offensive qui a rendu l’encerclement russe impossible
Combien de temps une armée peut-elle continuer à gagner contre un adversaire qui refuse de voir, avant que cet adversaire n’ouvre enfin les yeux
Signé Maxime Marquette, Chroniqueur
Sources :
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