Montréal vote libéral
Sur l’île de Montréal, Pallas donne 36 % au PLQ de Charles Milliard.
Dans le Grand Montréal, Nanos le met à 32,4 %. Le PQ suit à 23,4 %. La CAQ, à 20,1 %.
Chez les électeurs non francophones, Pallas mesure le PLQ à 51 %. Synopsis, dans son sondage du 12 septembre compilé par Qc125, trouvait le même chiffre.
C’est une forteresse. Une forteresse, ça se garde. Ça ne s’agrandit pas.
La couronne décide
Dans les banlieues de Montréal, Pallas voit un autre match : PQ 31 %, CAQ 24 %, PLQ 23 %.
Huit points. Trois partis. Aucun maître. Tout indique que c’est là, entre les bretelles d’autoroute et les rues de bungalows, que la carte des sièges va basculer.
La garderie à l’autre bout de la ville. Le pont à l’heure de pointe. L’hypothèque renouvelée à un taux qu’on n’avait pas prévu. C’est l’électeur de la couronne, et il n’est fidèle à personne.
Et pourtant, la CAQ n’y est pas effacée. Vingt-quatre pour cent, selon Pallas. Assez, peut-être, pour sauver quelques sièges serrés. Pas assez pour garder le pouvoir.
L’île vote rouge. La couronne vote l’élection.
La capitale joue sa propre partie
Péquistes et conservateurs, nez à nez
Dans la région de Québec, Nanos met le PQ à 29,6 % et le Parti conservateur à 28,8 %. La CAQ suit à 22,6 %. Le PLQ, à 8,6 %.
Segma les place à égalité, 27 % chacun. Pallas met les conservateurs devant, 31 % contre 29 %. Léger mesure le PCQ à 34 % dans la région métropolitaine de Québec.
Quatre lectures. Une seule certitude : Éric Duhaime n’est plus un bruit de fond dans la capitale.
Le parti de la souveraineté et le parti qui la combat se disputent les mêmes quartiers. Ils ne s’y battent pas pour les mêmes raisons.
Deux projets contraires. Une seule ville.
Le pont qui revient
Segma a posé la question du troisième lien. Dans la région de Québec, 55 % des répondants y restent favorables, rapporte Radio-Canada.
La version de Duhaime, un pont entre l’île d’Orléans et Bellechasse, recueille 29 %. Celle de la CAQ, 26 %. Celle du PQ, consacrée au transport collectif, 7 %.
Qui défendrait le mieux la région à l’Assemblée nationale ? Duhaime, 25 %. Paul St-Pierre Plamondon, 21 %. Christine Fréchette, 19 %.
La capitale ne parle pas seulement du pays. Elle parle du trafic du matin.
À Québec, un pont vaut encore un bulletin.
Le francophone fait la carte
Trente-sept contre vingt-quatre
Chez les francophones, Léger donne 37 % au PQ et 24 % à la CAQ.
Treize points. Hors de Montréal, tout indique que c’est cet écart qui change une avance nationale en rangée de circonscriptions.
Ailleurs au Québec, hors des deux grandes régions, Nanos voit le PQ à 33,1 %, la CAQ à 23,1 %, le PCQ à 18,7 %.
Là, la campagne parle de routes et de soins. Dans le Bas-Saint-Laurent, 86 % des répondants de Segma appuient le prolongement de l’autoroute 20. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, 65 % se disent satisfaits de l’accès aux soins, rapporte Radio-Canada.
Un sur dix
Chez les francophones, Segma trouve le PLQ à 12 %.
À l’émission Cinq chefs, une élection, à Radio-Canada, les animateurs ont mis ce constat sous le nez de Charles Milliard, rapportait Le Devoir le 9 septembre. Le chef a répondu qu’il ne pouvait « pas refaire le passé ».
Le PLQ empile ses votes là où il gagne déjà. Un vote de plus sur l’île pèse moins qu’un vote de plus à Trois-Rivières.
Un sur dix. C’est le chiffre qu’on lui a lancé au visage.
C’est la mécanique du scrutin majoritaire. Elle ne récompense pas le volume. Elle récompense la distribution.
Un vote empilé ne gagne qu’un siège.
De 41 % à la troisième place
La hauteur de la chute
En 2022, la CAQ de François Legault avait obtenu environ 41 % des suffrages. Le PQ, environ 15 %.
En septembre 2026, Nanos place la CAQ à 21,6 % chez les électeurs décidés. Le PQ, à 27,9 %.
Quatre ans. La moitié des appuis.
Le parti qui gouvernait avec une majorité se bat maintenant pour la deuxième place. Dans le sondage Léger du 18 au 21 septembre, compilé par Qc125, il tombe même troisième, à 20 %, derrière le PLQ à 23 %.
Le désir de changement
Léger mesure le désir de changer de gouvernement à 65 %, en hausse de quatre points.
Seuls 9 % des répondants voient en Christine Fréchette la cheffe qui représente le mieux le changement.
Voilà le piège. Une nouvelle cheffe, un vieux gouvernement. Elle mène sa première campagne à la tête du parti. Le bilan, lui, porte la signature de François Legault.
La chute n’a pas de date unique. Elle a des dossiers.
Tout indique que les électeurs ne regardent pas le visage sur l’affiche. Ils regardent ce qu’il y a derrière.
Changer de cheffe n’a pas changé de gouvernement.
Le paquet de six
Northvolt, SIFA, SAAQclic
Au débat de Noovo, le 16 septembre, Charles Milliard a aligné les dossiers : Northvolt, Nemaska, SIFA, SAAQclic, les Kings de Los Angeles.
Le gaspillage caquiste, a-t-il lancé selon La Presse, vient « en format géant et en paquets de six ».
Six dossiers. Un seul bilan.
La formule est cruelle. Elle est surtout facile, parce que chaque dossier existe.
Le 22 septembre, Radio-Canada publiait une vérification sur SIFA : cinq déclarations erronées de la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau. Le projet atteindra, à terme, 677 millions de dollars.
L’aveu, puis la contre-attaque
Christine Fréchette avait ouvert ce débat par un aveu : la CAQ, a-t-elle dit, « n’a pas été parfaite ».
Puis elle a tourné l’arme vers le référendum. Plusieurs fois. Parfois hors sujet, notait La Presse.
Après le débat, rapportait Radio-Canada, elle a précisé que la CAQ n’investirait plus autant dans les jeunes pousses comme Northvolt ou Lion électrique.
Reconnaître la facture. Promettre de ne plus la signer. Et demander, dans le même souffle, un nouveau mandat.
Combien vaut un aveu, treize jours avant le vote ?
Un aveu ne rembourse pas une facture.
La cheffe forte, le parti faible
Première face à Trump
Voici le paradoxe que les chiffres ne règlent pas.
Nanos place Fréchette première comme préférée pour diriger le Québec : 26,7 %, contre 25,4 % pour Paul St-Pierre Plamondon. Égalité statistique, précise la firme.
Face aux menaces du président américain Donald Trump, 30,3 % des répondants lui font d’abord confiance. Segma la juge aussi la mieux placée en période de guerre tarifaire, à 23 %.
Et pourtant, son parti recule.
Elle tient. Lui glisse.
Dernière en sympathie
Pallas mesure le solde d’opinions favorables de Fréchette à moins 35. Le pire des cinq chefs. Ruba Ghazal est à moins 2. Charles Milliard, à moins 7.
Sur le meilleur premier ministre, Pallas la met à 16 %, troisième, derrière St-Pierre Plamondon à 29 % et Milliard à 19 %.
Deux firmes. Deux portraits. Nanos a sondé du 12 au 14 septembre. Pallas, le 19. Entre les deux, deux débats.
Une cheffe à qui l’on confie la frontière. Un parti à qui l’on refuse la maison.
On lui confie Trump. On ne lui confie pas le reste.
Quatre jeunes sur cent
Le chiffre de Nanos
Chez les 18 à 34 ans, Nanos mesure la CAQ à 4,4 %.
Quatre virgule quatre.
Le PQ y récolte 28,2 %. Le PLQ, 25,3 %. Le PCQ, 22,5 %. Québec solidaire, 16,8 %.
Chez les 55 ans et plus, la CAQ remonte à 32,8 %. Un parti coupé en deux par l’âge.
Chez les aînés, Nanos voit encore un duel : le PQ y est à 29,7 %. Chez les jeunes, il n’y a plus de duel.
Le loyer avant le pays
Segma parle d’une « fracture générationnelle ». Les 18 à 34 ans placent le coût de la vie et le logement devant tout. Les 65 ans et plus, l’accès aux soins.
Chez Léger, le coût de la vie et du logement arrive premier des enjeux, à 53 %.
Il y a celui qui compte ce qui reste de la paie une fois le loyer du premier parti. Celle qui a refait son budget trois fois ce mois-ci. Ceux qui ont renoncé à l’appartement près du travail, et qui font le trajet en autobus, le matin, dans le froid qui arrive.
Chez les jeunes, la CAQ n’a pas perdu un débat. Elle a perdu l’auditoire.
Pour eux, l’élection a une unité de mesure. Le loyer.
Le reste, le pays, la frontière, les tarifs, vient après.
Quatre virgule quatre, c’est une génération partie.
Le sabot sur l'autobus
Vingt-neuf, le plafond
Le PQ récolte 29 % chez Segma. L’option souverainiste, elle, n’obtient que 26 % d’appui dans le même sondage.
Le président de Segma, Raynald Harvey, a trouvé l’image : c’est comme si « l’option de la souveraineté, ça faisait un sabot de Denver sur son autobus ».
Paul St-Pierre Plamondon ne recule pas. Il a promis de « tenir parole » : une consultation sur l’avenir du Québec dans un premier mandat, majoritaire ou minoritaire, rapportait Le Devoir le 9 septembre.
Vingt-neuf. Vingt-six. Trois points entre le parti et son pays.
Mainstreet, le 15 septembre, estimait à 63,1 % la part des Québécois qui voteraient non.
Un parti souverainiste en tête, un pays que le quart des électeurs réclame, et un chef qui promet quand même…
L’argument qui ne rapporte rien
Ce n’est pas un détail de programme. C’est l’attaque centrale de la CAQ. Fréchette l’a répétée au débat de Noovo, jusque dans des duels qui portaient sur autre chose.
Ce n’est pas un argument sans effet. Si Harvey a raison, il plafonne le PQ.
Ce n’est pas pourtant un argument qui ramène les électeurs à la CAQ. Pendant qu’elle agite le référendum, les libéraux la dépassent chez Nanos et chez Léger, et les conservateurs touchent leur sommet chez Segma.
La peur du pays freine un parti. Elle n’en élit pas un autre.
Le référendum freine le PQ. Il ne pousse personne.
Duhaime monte sans un seul député
Dix-huit pour cent, un sommet
Segma place le Parti conservateur à 18 %. Un sommet, écrit Le Soleil, pour un parti qui n’a jamais fait élire un député.
Ses partisans sont les plus convaincus : 65 % disent leur choix définitif.
Zéro siège. Des sondages à deux chiffres.
Léger en fait le deuxième choix le plus cité, à 17 %, en hausse de trois points.
Le 22 septembre, l’ex-ministre libéral Marc Bellemare a signé une lettre d’appui à Duhaime, rapporte Radio-Canada. Le chef promet 47 milliards de dollars d’économies en cinq ans.
Ghazal, le vote qui flotte
Québec solidaire ferme la marche chez Segma, à 12 %. Plus de la moitié de ses électeurs pourraient changer d’idée.
Ruba Ghazal a pourtant le solde le moins négatif des cinq chefs chez Pallas : moins 2.
La plus appréciée. La moins choisie.
Elle promet 50 000 logements sociaux, rapporte Radio-Canada. Mardi, elle avait à l’horaire une promenade sur l’avenue Fleury, à Montréal, avec sa candidate de Maurice-Richard.
Deux partis opposés sur presque tout, et un même carburant : le refus du gouvernement sortant.
Le changement a plusieurs adresses.
La marge avale l'écart
Plus ou moins 4,5
Le sondage Nanos repose sur 537 répondants, dont 485 électeurs décidés. Sa marge : 4,5 points, 19 fois sur 20.
L’écart entre le PLQ et la CAQ y est de 2,1 points. À l’intérieur de la marge.
Pallas interroge par appels automatisés, marge de 2,9 points. Léger sonde en ligne, marge de 3,10 points. Segma a joint 5 572 électeurs inscrits, par téléphone et en ligne, du 8 au 17 septembre.
Deux points d’écart. Une marge de quatre et demi. Rien n’est tranché.
Que vaut un sondage de 537 répondants à côté d’un sondage de 5 572 ?
Et pourtant, une firme a vu l’inverse. Le 15 septembre, Mainstreet plaçait la CAQ en tête, pour la première fois en près de trois ans, selon la firme.
Ce que le chiffre ne dit pas
Segma compte 13 % d’indécis. Nanos, 9,5 %.
Un indécis sur dix, chez Nanos. C’est plus que l’écart entre le deuxième parti et le quatrième. Les indécis ne sont pas une marge. Ils sont l’élection.
Pour la CAQ, Qc125 projette 7 sièges. Sa fourchette va de zéro à 29.
Zéro à vingt-neuf. Pour un parti sortant.
Une fourchette aussi large ne décrit pas un parti. Elle décrit un vote qui ne s’est pas encore posé.
Un point de trop, et la carte bascule.
Trois scénarios, aucune prophétie
Le PQ à 64, ou sous la barre
Ce qui suit n’est pas une prédiction. Ce sont trois chemins que les chiffres du 22 septembre laissent ouverts.
Premier chemin, la majorité péquiste. Qc125 lui donne 34 % de probabilité. La moyenne projetée, 62 sièges, reste à deux sièges des 64.
Deux sièges. Encore eux. Petits. Décisifs.
Deuxième chemin, un PQ minoritaire.
Dans ce scénario, St-Pierre Plamondon gouvernerait avec le vote d’un autre parti.
Dans ce scénario, la consultation promise deviendrait le premier test de chaque budget.
Dans ce scénario, Québec solidaire pèserait lourd, et Ghazal a déjà prévenu que son appui ne serait pas inconditionnel, selon Le Devoir.
La lutte à trois déborde
Troisième chemin, la surprise. La lutte à trois pour la deuxième place remonte vers la première. Le PLQ, la CAQ et le PCQ oscillent entre 16 % et 24 % selon les firmes.
Probable ? Qc125 donne au PQ 99 % de chances de remporter le plus de sièges. Possible ? Mainstreet a déjà montré, le 15 septembre, une CAQ devant.
Nous ne savons pas qui gagnera. Aucune firme ne le sait non plus. Une projection n’est pas une promesse.
Le vote par anticipation, les 27 et 28 septembre, figera une partie des bulletins avant même la fin de la campagne.
Un scénario n’est pas un résultat.
Ce que la course révèle
Mercredi soir, le dernier débat
Mercredi 23 septembre, Radio-Canada diffuse le dernier débat des chefs. Mardi, la CAQ et le PQ n’avaient aucune activité publique à l’horaire.
Le Soleil le notait : Segma ne pouvait pas encore mesurer l’effet des deux premiers débats.
Le double refus
Cette course révèle un Québec qui veut changer de gouvernement : 65 %, selon Léger.
Cette course révèle un Québec qui ne veut pas changer de pays tout de suite : 26 % d’appui à la souveraineté, selon Segma.
Cette course révèle une génération qui a quitté le parti sortant : 4,4 % chez les 18 à 34 ans, selon Nanos.
Cette course révèle une droite qui s’installe à Québec sans avoir encore un seul député.
Cette course révèle surtout un premier parti qui ne franchit pas 29 %.
Le vote ne dit pas oui. Il dit non, deux fois. Non au gouvernement sortant. Non au pays maintenant.
Deux refus. Aucun projet commun.
Personne n’a encore construit la majorité de ce double non. On sait ce qu’on refuse. On ne sait pas encore ce qu’on choisit.
Le 5 octobre, choisirons-nous un gouvernement, ou seulement l’absence du précédent ?
Treize jours. Un débat. Deux jours de vote par anticipation.
Et 41 % d’électeurs qui peuvent encore changer d’idée.
Treize jours encore, et 64 sièges sans preneur.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Léger — intentions de vote au Québec, terrain du 18 au 21 septembre, 22 septembre 2026
Pallas Data — sondage québécois du 19 septembre, 21 septembre 2026
Noovo Info — sondage Nanos commandé par Noovo et Crave, 16 septembre 2026
Sources Secondaires :
Le Soleil — sondage Segma, Radio-Canada et Coops de l’information, 21 septembre 2026
Radio-Canada — jour 27 de la campagne, sondages régionaux et vérification SIFA, 22 septembre 2026
Qc125 — projection du Parti québécois, mise à jour du 22 septembre 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.