Du 17 au 20 septembre
Ipsos a interrogé 1 277 adultes américains, du 17 au 20 septembre, pour l’agence Reuters.
Le verdict tient en un nombre : 32 % approuvent le travail du président.
Trente-deux pour cent. Le point le plus bas mesuré par cette enquête, premier et second mandats confondus, écrit Ipsos.
Une semaine plus tôt, il était à 35 %, selon Reuters. Dans les heures suivant son assermentation, en janvier 2025, à 47 %.
Quinze points en vingt mois. Trois en sept jours.
Pas un creux. Un plancher.
Le thermomètre qu’on a rangé
Reuters ajoute un détail cruel : sa cote est désormais plus basse que toutes celles enregistrées pour Joe Biden, son prédécesseur.
Il manque un nom à la liste des sondeurs. Gallup ne publie plus de cote présidentielle depuis février, a rapporté le Guardian.
Le thermomètre le plus ancien du pays s’est tu. La fièvre, elle, se mesure ailleurs.
Les moyennes disent la même chose, en plus doux. Celle de Decision Desk HQ, citée par The Hill, le plaçait lundi soir à 38,8 %. Sous la barre. Encore.
Trente-deux pour cent, un lundi. Le mardi, la tribune.
Le plancher a bougé. Vers le bas.
Neuf points dans son propre camp
De 82 à 73
Le chiffre qui pèse le plus n’est pas celui-là.
C’est celui des républicains. 73 % approuvent encore leur président. Ils étaient 82 % la semaine précédente, selon Reuters.
En janvier 2026, ils étaient 86 %, précise Ipsos.
Neuf points en sept jours. Pas chez l’adversaire. À la maison.
Ce n’est pas une révolte. C’est une fissure.
Le coût de la vie, ligne par ligne
Sur le coût de la vie, l’appui républicain est passé de 70 % à 44 % depuis janvier, selon Ipsos. Sur l’économie, de 80 % à 56 %.
Pour la première fois, les républicains qui désapprouvent sa gestion du coût de la vie dépassent ceux qui l’approuvent, 51 % contre 44 %, écrit Reuters.
La base tient encore sur l’immigration : 79 % des républicains le suivent, toujours selon Reuters.
Chez l’ensemble des Américains, l’immigration ne le sauve pas : 36 % approuvent son approche, 55 % la rejettent, selon Reuters.
Et la base décroche sur le portefeuille. Là où ça fait mal.
Qui, dans son camp, le dira le premier à voix haute ?
La base pardonne tout, sauf le relevé bancaire.
Ce que vous appelez une mauvaise semaine
La Cour, la Fed, un juge
La semaine d’avant New York, NPR l’a racontée comme une liste de refus.
La Cour suprême a bloqué son décret qui restreignait le vote par la poste pour les élections de mi-mandat.
La Réserve fédérale, dirigée par Kevin Warsh, qu’il a lui-même choisi, a relevé son taux directeur juste sous 4 %. En meeting, lui réclamait 1 % ou moins.
Un juge fédéral a empêché le Kennedy Center de remettre son nom sur l’édifice. Il a répliqué qu’il pourrait le démolir. Un autre juge a exigé un préavis d’au moins 30 jours.
Trois institutions. Trois refus. En quelques jours.
Puis une voix de son propre parti. Maria Elvira Salazar, élue républicaine de Floride, a diffusé une publicité contre sa politique d’immigration, selon NPR.
La porte fermée aux micros
Il y a ajouté le sien : l’interdiction d’accès à la Maison-Blanche pour CNN, MS NOW et Politico, que les trois médias contestent désormais devant un tribunal fédéral.
Voilà la semaine. Voilà l’homme qui monte à la tribune.
Il ne recule pas. Il change de décor.
Je le dis net : ce texte est du côté de celui qui paie le plein, contre une présidence qui joue la diplomatie comme une scène de campagne, parce qu’une signature à New York ne rentre dans aucun réservoir.
Trois refus en une semaine, puis la tribune.
Il compte en victoires
2017, 2018, 2025
À sa première Assemblée générale, en 2017, il a menacé de détruire totalement la Corée du Nord, rappelle NPR.
En 2018, il a vanté un bilan supérieur à celui de toute autre administration. Des dirigeants ont ri dans la salle.
L’an dernier, il a lancé aux pays présents qu’ils couraient à leur perte.
Il a déjà affirmé que la seule limite à son pouvoir était sa propre morale, rappelle NPR.
Cette année, il s’est présenté en faiseur de paix. L’Amérique agit, a-t-il dit, pendant que les autres hésitent.
Le comptable des victoires
Il compte en bases militaires, deux de plus sur la carte.
Il compte en poignées de main : Zelensky, le Britannique Andy Burnham, la Japonaise Sanae Takaichi.
Il compte en accords de paix, ceux qu’il a annoncés un peu partout et vantés à la tribune.
Il compte en couverts, jeudi soir, à la table de Xi Jinping.
Il compte en barils. Plus de 60 % du pétrole mondial, a-t-il affirmé, en additionnant les États-Unis et le Venezuela.
Une colonne manque à ce registre.
Celle du plein.
Tout se compte, sauf la facture.
Le faiseur de paix et le butin
L’autoportrait de la tribune
Il a ouvert son discours sur l’économie, l’immigration et la baisse de la criminalité violente, rapporte NPR.
Le monde entier serait soulevé par la richesse et l’élan d’une Amérique rechargée, a-t-il dit.
Puis il a présenté l’invasion du Venezuela comme une victoire, et lâché une vieille maxime : « au vainqueur, le butin ».
Le mot est lâché. Le butin.
Un faiseur de paix qui parle de butin. Le portrait se complique.
NPR note que la phrase rompt avec des décennies de discours américain, qui évitaient de lier une intervention à la prise de ressources.
Ce qu’il a dit à l’institution
Dans le même souffle, il a sommé tous les membres de la Cour pénale internationale de la quitter immédiatement.
Sur l’intelligence artificielle, il a promis d’encourager la superintelligence, pas de la freiner.
Ce n’est pas un écart de ton. C’est une doctrine, prononcée devant l’institution qu’elle contredit.
Ce n’est pas l’Occident qui gagne quand la force devient un titre de propriété. C’est l’argument du Kremlin qui y trouve un précédent.
Le butin ne fait pas une alliance.
La meilleure objection
Un président qui obtient
L’objection forte, la voici, et elle mérite d’être dite entière.
Un président qui décroche en une semaine des bases arctiques, trois heures avec Téhéran et une visite d’État de Xi travaille. Le sondage retarde sur les résultats. La diplomatie paie tard.
Je l’avoue : sur l’accord de mardi, je n’ai rien à retirer. Tenir Pékin et Moscou loin de l’Arctique renforce l’Occident, et c’est un bon coup.
Annoncé le 18, fermé le 20
Et pourtant, le calendrier répond à l’objection. Les chiffres aussi.
L’accord a été annoncé le vendredi 18 septembre, selon CNBC. Le sondage Reuters/Ipsos tournait du jeudi 17 au dimanche 20.
L’annonce est tombée en plein terrain. Le sondage a fermé à 32 %.
Je ne prétends pas que l’un explique l’autre. Je constate qu’ils ont cohabité.
Deux faits. Même semaine. Aucun lien prouvé. Aucun effet visible non plus.
Seulement 17 % des Américains approuvent sa gestion du coût de la vie, selon Reuters. Or le coût de la vie est l’enjeu qui décidera du vote, disent les Américains à Reuters.
Le reproche ne porte pas sur l’Arctique. Il porte sur le réservoir.
Le résultat est à New York. La facture est chez soi.
Le plein ne lit pas les traités
Un record, cette semaine-là
Cette semaine-là, le prix du diesel a atteint un record, selon NPR.
La guerre contre l’Iran, lancée en février, a fait grimper l’essence et le diesel, écrit Reuters.
En janvier 2025, il revenait pourtant en promettant de dompter l’inflation et de mettre fin aux guerres à l’étranger. Vingt mois plus tard : une guerre. Et un record à la pompe.
Le traité se signe une fois. Le plein se paie chaque semaine.
Le plein ne lit pas les traités.
Le plein ne connaît ni Pituffik ni Narsarsuaq.
Le plein ne vote pas. Celui qui le paie, oui.
Le bip du terminal
Le pistolet froid dans la main. Les chiffres qui défilent plus vite que prévu. L’odeur qui reste sur les doigts. Le bip du terminal, puis ce petit calcul qu’on refait dans l’auto avant de repartir.
Personne n’a besoin d’un nom pour connaître ce geste. Il se répète chez les camionneurs, chez les livreurs, chez ceux qui roulent loin pour travailler.
Dix-sept pour cent. La part des Américains qui approuvent sa gestion du coût de la vie.
Dix-sept.
À la caisse, aucun traité ne fait la monnaie.
Kyiv, quarante minutes
Une trêve de l’énergie
Avec Volodymyr Zelensky, la rencontre a duré une quarantaine de minutes, selon CNBC.
Trump y a poussé une trêve énergétique entre la Russie et l’Ukraine. Emmanuel Macron, après l’avoir vu, a promis de défendre un moratoire sur les frappes contre le réseau électrique ukrainien.
Si elle tient, une trêve qui épargne le réseau épargne un hiver à des foyers ukrainiens. C’est un bon coup en puissance.
Si elle ne tient pas, elle offre au Kremlin une pause dont il fixera seul la durée.
Quarante minutes. Assez pour une photo. Trop peu pour un hiver.
Kyiv ne demande pas une photo. Kyiv demande un réseau qui tient l’hiver.
Le diesel, encore
Le même jour, selon CNBC, il appuyait l’idée d’interdire les exportations de diesel américain, alors que le carburant battait des records avant le scrutin.
Même à la table de Kyiv, la pompe s’invite.
Devant l’Assemblée, il avait réduit l’Iran à un choix entre un accord et l’anéantissement de la République islamique, avant d’annoncer trois heures de discussions avec des émissaires iraniens.
La menace le matin. La table l’après-midi. Le réservoir, toujours.
Même la paix passe par la pompe.
Regardez où se fait le travail
Le couloir plutôt que la salle
Richard Fontaine, du Center for a New American Security, l’a dit à NPR : l’essentiel de la diplomatie se jouera dans les rencontres privées.
Pas au Conseil de sécurité. Pas à l’Assemblée générale.
Le Conseil de sécurité peine d’ailleurs à s’entendre sur les grands dossiers, rappelle NPR.
Dans la salle, chacun livre son discours d’apparat, sa vision du monde, a résumé Heather Conley. Les dirigeants de l’Inde et de la Russie ne sont même pas venus, selon CNBC.
La liste des rendez-vous
Pendant qu’il signe, les rendez-vous s’empilent. Le Royaume-Uni. Le Japon. Les dirigeants du Golfe.
Pendant qu’il signe, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, attend son tour, selon NPR.
Pendant qu’il signe, l’ONU tient le décor, et le décor tient la caméra.
Un président qui fait sa diplomatie dans les couloirs n’a pas besoin de la salle…
Sauf pour la photo.
La vraie diplomatie se fait porte fermée. La photo, porte ouverte.
La salle sert de fond. Le couloir sert de bureau.
Xi à la table, jeudi
479 militaires
Xi Jinping ne vient pas à New York. Il vient à Washington.
Selon la Maison-Blanche, Trump l’accueille le mercredi 23 septembre à la base Andrews.
Le jeudi 24 septembre, cérémonie d’arrivée d’État avec 479 militaires, puis dîner d’État dans l’East Room.
Survol prévu : un bombardier B-2 et quatre F-22.
Le vendredi, thé dans le Salon rouge, puis visite des Archives nationales. Plus d’une décennie après la dernière visite de Xi à la Maison-Blanche, précise le communiqué.
Le plus grand décor de la semaine
Heather Conley, de l’American Enterprise Institute, l’a dit à NPR : cette semaine, le monde ne regardera pas New York, il regardera Washington.
Derrière le faste, selon le South China Morning Post, des dossiers lourds : une trêve commerciale qui expire en novembre, les terres rares, le fentanyl, des étrangers détenus.
Une trêve qui expire en novembre. Le mois du vote.
Le chef du parti qui menace Taïwan reçoit donc la plus grande mise en scène de la semaine.
Mardi, une île fermée aux adversaires. Jeudi, l’adversaire principal sous les trompettes.
Qui, de ce dîner, repartira avec la meilleure photo ?
Mardi, une porte fermée. Jeudi, un tapis déroulé.
La scène a une date
Le 3 novembre
Tout converge vers un mardi de novembre.
Selon Reuters, les électeurs inscrits choisissent les démocrates plutôt que les républicains pour le Congrès, 43 % contre 35 %. Le plus grand écart de l’année dans ce sondage.
Les républicains défendent des majorités étroites. Perdre une chambre compliquerait les deux dernières années de son mandat, écrit Reuters.
Il lui reste un peu plus de deux ans de mandat, note NPR. Après novembre, un nouveau Congrès pourrait lui résister davantage.
Deux ans. Une élection. Six semaines de campagne.
C’est tout ce qui reste.
La diplomatie comme meeting
Tout indique que la semaine new-yorkaise sert aussi de scène. La tribune, la signature, les couloirs, le dîner de jeudi : autant de plans larges pour un électorat qui regarde surtout son relevé de carte.
Ce n’est pas illégitime. Tout président en campagne se sert de la politique étrangère.
Et pourtant, la scène a une limite que la photo ne franchit pas. Elle ne fait pas baisser le prix du litre.
Une tribune n’a jamais rempli un réservoir.
Ce que nous jugerons, nous aussi
La photo et la facture
Trente-deux pour cent, puis un mardi de signatures.
Une île arctique fermée à Pékin. La Cour pénale sommée de se vider. Trois médias à la porte. Xi attendu sous les trompettes.
Une signature. Un sondage. Un plein. Trois unités de mesure, un seul électeur.
Et pourtant, dans l’isoloir, le plein aura sa voix.
Le plein ne signe rien. Il se paie, chaque semaine, sans cérémonie.
Je l’écris avec une certaine fatigue. On connaît la chanson des présidents qui cherchent au loin ce qu’ils perdent chez eux. On la réécoute quand même.
Un président qui signe beaucoup n’est pas un président qui livre.
La question
Et nous, devant nos propres élus en campagne, jugerons-nous la photo de la signature ou ce qu’elle change dans nos comptes ?
Le 3 novembre, les Américains répondront pour eux.
La question, elle, traverse la frontière.
Des signatures à New York, des pleins partout ailleurs.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Maison-Blanche — texte de l’accord de défense États-Unis, Danemark, Groenland, 22 septembre 2026
Maison-Blanche — programme de la visite d’État de Xi Jinping, 23 au 25 septembre 2026
Sources Secondaires :
NPR — Trump à l’ONU en quête de victoires après une semaine difficile, 22 septembre 2026
Reuters — l’approbation de Trump tombe à 32 %, plus bas de sa carrière, 21 septembre 2026
CBS News — l’accord sur le Groenland signé à l’ONU, 22 septembre 2026
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