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CHRONIQUE : 213 accrochages, et la première leçon de l’année dans un abri
Crédit: Adobe Stock

213

Le bulletin de 9 heures

Deux cent treize.

Le 2 septembre 2026, à 9 h, Ukrinform a repris le décompte de l’état-major des Forces armées d’Ukraine pour la veille : 213 accrochages au combat, le 1er septembre.

Le 1er septembre, c’était la rentrée.

En Ukraine, on l’appelle le Jour du savoir. Des premières années avec un sac trop grand, des parents qui prennent la photo devant la porte, une cloche.

Cette année, la première leçon s’est donnée dans les abris. C’est la présidence qui l’écrit, le jour même : à cause des attaques aériennes, les cours ont commencé sous terre.

Un chiffre pour le front. Un chiffre pour le ciel. Et une cloche qui sonne à l’étage du dessous.

Gardons les deux dans la même main. Le front et la cloche. C’est la même journée, et le bulletin ne le dit pas.

Ce que le chiffre contient

213 accrochages, ce n’est pas une bataille. C’est une journée où le front n’a pas eu de trou.

Le même bulletin compte 93 frappes aériennes, 313 bombes guidées, 11 511 drones kamikazes et 2 969 bombardements, dont 57 au lance-roquettes multiple. Une frappe de missile.

Trois cent treize bombes. Sur une journée d’école.

On les lit en diagonale. On a déjà lu 231 il y a dix jours. On lira 200 et quelques la semaine prochaine. Le chiffre bouge de quelques unités, et l’œil ne bouge plus.

Deux cent treize, et une première leçon sous terre.

28 sur 213

Le secteur qui prend le plus fort, encore

L’état-major nomme l’axe. Kostiantynivka : 28 attaques, le plus fort de la journée. Près de Kostiantynivka, Illinivka, Novoselivka, Stepanivka, Sofiivka, Novopavlivka, Vilne.

Sept villages. Vingt-huit assauts. Un nom de ville qui revient en tête de bulletin comme un abonné.

Pokrovsk : 25. Houliaïpole : 13. Lyman : 9. Le sud slobodien : 7. Le nord slobodien et Koursk : 6. Koupiansk : 6. Sloviansk : 3. Orikhiv : 2. Kramatorsk : 1.

Sur le Dnipro et vers Oleksandrivka, rien. Pas une trêve. Une économie.

Sept de moins

Le 23 août, Kostiantynivka avait pris 35 assauts sur une journée à 231 accrochages. Le 1er septembre, 28 sur 213.

Sept assauts de moins. Dix-huit accrochages de moins.

Un lecteur pressé appellera ça une baisse. Un communiqué pourrait appeler ça une accalmie.

Vingt-huit assauts sur une seule ville, un mardi de rentrée. Une ville qu’on cogne toutes les cinquante minutes. Vingt-quatre heures durant. Sans qu’un seul de ces assauts fasse une ligne ailleurs que dans une liste.

La baisse existe dans la colonne. Elle n’existe nulle part ailleurs.

Sept assauts en moins. Personne, là-bas, ne dort sept fois mieux.

Entre 16 h et minuit

Deux comptes pour une journée

L’état-major publie deux fois. Un rapport à 16 h, un bilan le lendemain matin.

Le premier, ce jour-là, repris par l’agence UNN : 178 accrochages, 68 frappes aériennes, 211 bombes guidées, 7 132 drones. Et 21 assauts repoussés à Kostiantynivka.

À minuit : 213, 93, 313, 11 511. Et 28.

Ce n’est pas une contradiction. C’est le soir.

Le souper compté

Entre le rapport de l’après-midi et la fin de la journée, l’état-major a donc ajouté 35 accrochages, 25 frappes aériennes, 102 bombes guidées et 4 379 drones.

Une soirée.

Le temps qu’on soupe, ici, qu’on vide le sac d’école sur la table, qu’on signe l’agenda. Là-bas, sept assauts de plus sur Kostiantynivka, et cent deux bombes guidées quelque part sur le front.

Cette soirée n’est pas inventée. Elle est soustraite de deux rapports publics. Le reste, c’est de l’arithmétique, et l’arithmétique n’a pas d’heure de fermeture.

Un chiffre de 16 h rassure. Un chiffre de minuit corrige. Le lecteur d’ici ne verra jamais que le premier, parce que le second sort pendant qu’il dort.

Entre le souper et minuit : cent deux bombes de plus.

Onze mille cinq cent onze

Le chiffre qui dépasse la main

11 511 drones kamikazes en une journée. C’est le chiffre de l’état-major ukrainien. Un chiffre de belligérant, tenu pour tel, jamais arrondi.

Il ne faut pas le confondre avec l’autre. La nuit d’avant, la Russie avait lancé 218 drones de longue portée et des missiles balistiques sur le pays, note l’ISW le 1er septembre; la défense aérienne dit en avoir neutralisé 187, avec cinq balistiques, deux Banderol et cinq Kalibr.

Deux cent dix-huit, c’est la nuit, les villes, les Shahed. Onze mille, c’est le jour, le front, les petits engins qui cherchent un homme, un camion, une porte.

Même si le vrai nombre était moitié moindre, il resterait au-dessus de cinq mille. Par jour.

Le bois

Kostiantynivka n’a plus de rentrée. Elle n’a plus d’école ouverte à mettre dans un bulletin.

Ce qu’elle a, un photographe du New York Times l’a rapporté, et le festival Visa pour l’Image l’accroche cette année aux murs de la caserne Gallieni, à Perpignan. Le texte du festival dit ceci : les derniers habitants risquent leur vie chaque fois qu’ils sortent chercher du bois ou de quoi manger.

Du bois. Le 1er septembre. Dans une ville industrielle du Donetsk.

Les drones russes, écrit encore le festival, visent sans distinction civils, volontaires et soldats. Onze mille machines par jour sur tout le front. Et, quelque part dans ce total, celles qui attendent un vieux avec une brassée de branches.

Onze mille machines, et du bois à ramasser.

Le dépôt de Darnytsia

Le quart de nuit

Kyiv, nuit du 31 août au 1er septembre. Des missiles balistiques sur les districts de Darnytsia et de Holosiïv.

Un dépôt ferroviaire. Un atelier détruit. Sept morts.

Six d’entre eux étaient des employés d’Ukrzaliznytsia, écrit le président de la compagnie, Oleksandr Pertsovskyi. Ukrinform, le matin, en compte sept. Les deux chiffres restent ici, faute de liste.

Des hommes de quart. Des gens qui réparent des trains la nuit pour que les trains partent le matin, le matin de la rentrée.

Huit, puis douze

À Kyiv, le bilan est monté à huit morts et sept blessés. Parmi les blessés, deux adolescents de 13 et 15 ans, dans une maison sur laquelle un drone est tombé, et un garçon de 10 ans, dans une autre.

Des âges de rentrée.

À Boryspil, quatre morts et treize blessés dans un immeuble de cinq étages, cinquante personnes évacuées. Dans le pays, douze morts pour la nuit, dont un citoyen indien, selon le président ukrainien. Près de 350 secouristes dehors.

Le bulletin des 213 ne compte pas ces morts-là. Ce sont deux listes, deux ministères, deux heures de publication. Et un seul pays qui s’est levé ce matin-là avec les deux.

On dit qu’on s’habitue. On ne s’habitue pas à un quart de nuit qui ne finit pas. On le remplace.

Le train du matin est parti. Six de ceux qui le réparent, non.

La cloche d’en bas

La cour, un étage plus bas

Le président ukrainien est allé dans une école de la région de Kyiv, le jour de la rentrée. L’école avait été détruite en mars 2022. Reconstruite à l’automne 2025. Avec un abri, une autonomie énergétique, une cantine où le repas chaud est gratuit pour tous.

La présidence écrit la phrase sans la commenter : en raison des attaques aériennes russes, les premières leçons ont eu lieu dans les abris des écoles.

La première leçon de l’année. La première de leur vie, pour les enfants de six ans. Une leçon nationale sur la langue de la dignité, dit le programme, pour les classes de première à quatrième année.

Donnée en descendant.

Ici, la rentrée, c’est la boîte à lunch, le nom écrit au feutre dans le manteau, la file d’autobus jaunes. C’est la même journée. Le même 1er septembre sur le même calendrier. Avec un escalier en plus, vers le bas.

Ce qu’un enfant apprend le premier jour

Le président a dit une chose qui tient en une ligne : même entre ennemis, on sait que les enfants sont des enfants; les Russes en font des participants à la guerre.

Ce n’est pas une figure. C’est un emploi du temps.

Le lendemain, 2 septembre, à Kramatorsk, le service d’État des situations d’urgence signale trois immeubles, un commerce et un établissement d’enseignement endommagés. À une trentaine de kilomètres de Kostiantynivka. Un établissement d’enseignement, le deuxième jour de l’année scolaire.

À Kostiantynivka même, on ne parle plus d’école. On parle de bois.

Il y a une cour d’école à Kyiv, un étage sous le sol. Une cour d’école à Kramatorsk, avec des vitres en moins. Et plus de cour du tout à une trentaine de kilomètres de là. Trois villes, une seule matinée, le même bulletin qui n’en cite aucune.

La première leçon de l’année : descendre.

Ce que le bulletin ne compte pas

Des colonnes sans noms

Le bulletin a des colonnes. Accrochages. Frappes. Bombes. Drones. Tirs. Il a des axes et des villages. Il n’a pas de noms.

Il ne dit pas qui sont les six employés du dépôt. Il ne dit pas qui a dormi à Kostiantynivka, ni dans quel sous-sol. Il ne dit pas combien d’enfants ont fait leur premier jour en bas plutôt qu’en haut.

Ce n’est pas un reproche à l’état-major. Un état-major compte ce qui se compte. Le reste nous revient.

L’inventaire des absences

Ce dossier n’a pas de liste des morts du dépôt. Il n’a pas de bilan civil du Donetsk pour cette journée. Il n’a pas de réponse du Kremlin à Berlin, on y revient plus bas. Il n’a pas les dates exactes d’un festival de photo.

Je préfère écrire les trous que les boucher.

Parce que la manière la plus sûre de refroidir cette journée, c’est de la rendre complète. De lui donner une forme finie, un tableau, une conclusion. Une journée de 213 accrochages n’a pas de conclusion. Elle a un lendemain à 9 h.

Ce qui manque au bulletin n’est pas un défaut du bulletin. C’est notre part.

Le bulletin a des colonnes. Les noms, c’est à nous.

Une drone à Leipzig

Le 4 août

Le 4 août 2026, à l’aéroport de Leipzig-Halle, une drone chargée d’explosifs est retrouvée dans la zone de sécurité, entre des avions-cargos ukrainiens. Des appareils qui servent à acheminer des munitions vers l’Ukraine. Le détonateur avait été retiré. Le parquet fédéral allemand a parlé d’une attaque grave contre l’infrastructure de transport et de logistique.

Un autre engin a été retrouvé plus tard, rapporte ZDF.

Leipzig-Halle n’est pas un aéroport comme un autre. NPR rappelle qu’il héberge le dispositif de transport stratégique de l’OTAN, et qu’un engin incendiaire y avait déjà été retrouvé en 2024.

Vingt-huit jours plus tard

Le 1er septembre, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt et le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul ont nommé la Russie. Enquête policière, mode opératoire, renseignement : les trois, mis ensemble, établissent la responsabilité russe, disent-ils.

Les mesures suivent.

Le consulat général de Russie à Bonn fermé au 18 septembre. Le contrat de la Maison russe de Berlin résilié. Des contrôles renforcés à l’entrée, une pression accrue sur la flotte fantôme, des noms de plus sur les listes de sanctions de l’Union.

Le chancelier Merz s’est coordonné avec le secrétaire général de l’OTAN et la présidente de la Commission. L’Union et l’Alliance ont publié leur solidarité. Le 2 septembre, au téléphone avec Zelensky, Merz a promis de nouveaux paquets de défense aérienne ce mois-ci.

Dobrindt a résumé la position de Berlin : l’Allemagne n’est pas en guerre, mais elle est chaque jour la cible d’une guerre hybride.

Une drone qui n’a pas explosé a fermé un consulat.

Le même mardi

Deux échelles

Le mardi 1er septembre, Berlin a nommé Moscou pour une drone, retrouvée quatre semaines plus tôt, qui n’a pas explosé.

Le même mardi, l’état-major ukrainien a compté 11 511 drones lancés sur son pays, 313 bombes guidées, 213 accrochages, et six cheminots.

Berlin n’est pas moqué ici. Berlin a fait, en vingt-huit jours, ce que beaucoup de capitales n’ont pas fait en quatre ans : nommer, dater, fermer quelque chose. C’est une réponse. Elle a un nom, une date, une adresse à Bonn.

On compare seulement les unités.

Ce que vaut une drone

Une drone en Saxe vaut un consulat, une maison de la culture, des visas, une déclaration de l’OTAN et des entretiens de haut niveau le lendemain.

Onze mille drones dans le Donetsk valent une ligne dans un bulletin de 9 h, reprise par deux agences, puis rien.

Ce n’est pas que l’Europe ne voit pas. C’est qu’elle voit son propre sol, et pas plus loin. Une drone sur son tarmac, et le mot hybride sort, et la machine diplomatique s’allume. Onze mille sur le tarmac d’un autre, et le mot qui sort, c’est bulletin.

Il y a une phrase honnête dans la position allemande, et c’est la plus dure : pas en guerre, mais cible quotidienne. L’Ukraine, elle, n’a pas cette phrase. Elle n’a que la seconde moitié.

Berlin parle de ce mois-ci, pour la défense aérienne. Kyiv parle de ce matin, pour 313 bombes. Les deux phrases sont vraies. Elles ne sont pas à la même heure.

Ce mois-ci, dit Berlin. Ce matin, dit Kyiv.

Ce que l’ISW a compté en août

Personne n’avance

L’Institute for the Study of War écrit, pour le 1er septembre, que ni les forces russes ni les forces ukrainiennes n’ont avancé ce jour-là.

Deux cent treize accrochages. Vingt-huit assauts sur un axe. Et une carte qui ne bouge pas.

Sur le mois, l’institut note que le rythme d’avance russe a légèrement augmenté en août, mais que l’offensive de printemps-été n’a pas atteint la manœuvre opérationnelle. Et que les pertes russes sont restées élevées, un deuxième mois de suite.

L’état-major ukrainien chiffre ces pertes à 42 020 soldats en août, 124 170 pour l’été.

1 390 pour la seule journée de la rentrée. Ce sont les chiffres de Kyiv, non recoupés à ce jour par personne d’autre.

Le flanc qui ne ferme pas

Le 31 août, l’ISW citait l’observateur ukrainien Kostiantyn Mashovets : les Russes peinent à envelopper la zone Kostiantynivka–Droujkivka par les flancs, mais avancent frontalement, par petites prises tactiques. Des infiltrations près de Sofiivka, Novomykolaïvka, Novohryhorivka. Quelques soldats passent. Ils ne développent pas.

Sofiivka est dans la liste des sept villages du 1er septembre.

Mashovets juge improbable que Sloviansk ou Kramatorsk tombent d’ici la fin de 2026. Improbable aussi que l’enveloppement se ferme.

Voilà donc la forme de cette guerre à Kostiantynivka : des assauts quotidiens pour une carte qui ne bouge pas. Des hommes envoyés par petits groupes contre une ville qui ne tombe pas.

Le calcul n’est pas fou. Il est patient. C’est pire.

Vingt-huit assauts par jour pour ne pas avancer.

Dix concentrations

Ce que Kyiv a frappé

Le même bulletin dit ce que l’Ukraine a renvoyé ce jour-là : dix zones de concentration de personnel, six postes de commandement de drones, cinq canons, une autre cible.

Sur l’axe de Pokrovsk, le rapport de 16 h parlait de 45 soldats russes tués et 23 blessés, six véhicules et deux dépôts de munitions.

Ce n’est pas un défilé. C’est une armée qui rend coup pour coup, le jour de la rentrée, pendant que les enfants sont en bas.

Rendre n’est pas dormir

Six postes de commandement de drones en moins, c’est six endroits d’où on ne pilotera plus les machines qui cherchent un camion sur une route du Donetsk. Pour un jour. Peut-être deux.

Onze mille cinq cent onze drones quand même.

Il faut tenir les deux vérités sans en lâcher une. L’Ukraine frappe, avance parfois, tient Kostiantynivka contre 28 assauts. Et le ciel de Kostiantynivka ne s’est pas vidé d’une seule machine pour autant.

Une armée debout, ce n’est pas une ville qui dort. C’est une ville qui a encore quelqu’un entre elle et la route.

Six postes de moins. Onze mille machines quand même.

Caserne Gallieni

Une ville sur un mur

Kostiantynivka est exposée cette année à Perpignan. Visa pour l’Image, caserne Gallieni. Le titre du travail de Tyler Hicks, pour le New York Times : une ville dans la zone de mort.

Le festival résume ce que montrent les images : une crise humanitaire aiguë; des bombardements aériens, des drones et de l’artillerie qui réduisent la ville en cendres; des derniers habitants qui sortent au risque de leur vie pour du bois et de la nourriture.

Les tirages, on ne les voit pas d’ici. Le cartel, oui.

L’image ne commente pas

Le cartel date. Il dit qu’une ville de l’Est a été photographiée en train de mourir, et que ces photos sont accrochées dans une caserne du sud de la France, en même temps qu’on la cogne vingt-huit fois par jour.

On visite la ville sur un mur. Elle, on la vise du ciel.

Il n’y a rien à reprocher là-dedans. Un festival qui montre Kostiantynivka fait exactement ce qu’un bulletin ne peut pas faire : donner un visage à un axe. Hicks a fait le trajet. Les visiteurs feront le leur, jusqu’à la caserne, et repartiront avec quelque chose dans la gorge.

Ce qu’on peut demander est plus petit et plus dur. Que le chiffre du matin fasse le même travail que la photo. Qu’on lise 28 comme on regarde un homme avec du bois dans les bras.

Elle est sur un mur en France. Sous le ciel, elle prend 28 assauts.

La deuxième leçon

Le prochain bulletin

Demain matin. Un autre décompte. Presque les mêmes axes. Kostiantynivka encore en tête, ou Pokrovsk, ou Houliaïpole, qui monte.

Le nombre sera 200, ou 220, ou 190. Il baissera ou montera de quelques unités, et quelqu’un, quelque part, y verra une tendance.

Il n’y a pas de tendance dans une ville qu’on cogne toutes les cinquante minutes. Il y a une ville.

Ce qu’on doit à une matinée

Berlin a mis vingt-huit jours à nommer Moscou pour une drone. Elle l’a fait, et c’est plus que la plupart. La question n’est pas de savoir si l’Europe peut réagir. Elle vient de le prouver, pour une drone, sur son propre tarmac.

Alors combien de premières leçons faudra-t-il donner sous terre avant qu’une capitale traite onze mille drones sur le Donetsk comme elle a traité une seule drone en Saxe ?

La rentrée d’ici est faite. Les sacs sont vidés, l’agenda est signé.

Là-bas, la deuxième leçon se donne au même endroit que la première. Un étage plus bas. Et le bulletin, lui, remonte à 9 h.

Deuxième leçon : le même abri.

Signé Maxime Marquette, chroniqueur

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur, expert et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. La règle de méthode est constante : une information factuelle n’est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous Sources, jamais ici.

Familles de sources primaires retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues.

Familles de sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d’institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l’institution exacte est nommée sous Sources.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n’est promise d’avance; lorsqu’un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

Sources :

Sources Primaires :

Présidence de l’Ukraine, le président avec des élèves d’une école de la région de Kyiv, Jour du savoir, 1er septembre 2026

Présidence de l’Ukraine, entretien Zelensky–Merz sur l’attaque de Leipzig et la défense aérienne, 2 septembre 2026

Visa pour l’Image 2026, Tyler Hicks / The New York Times, « Kostiantynivka, une ville dans la zone de mort », caserne Gallieni, Perpignan

Sources Secondaires :

Ukrinform, bulletin de l’état-major : 213 accrochages, Kostiantynivka secteur le plus dur, 2 septembre 2026

Ukrinform, bulletin de l’état-major : 231 accrochages, 35 assauts sur Kostiantynivka, 24 août 2026

UNN, rapport de l’état-major au 1er septembre 16 h : 178 accrochages, pertes russes d’août, 1er septembre 2026

Ukrinform, frappe balistique sur le dépôt ferroviaire de Kyiv, sept morts dont six employés d’Ukrzaliznytsia, 1er septembre 2026

Ukrinform, Kyiv : huit morts et sept blessés, dont des enfants de 13, 15 et 10 ans, 1er septembre 2026

Ukrinform, attaque de la nuit : douze morts dans le pays, Boryspil, défense aérienne, 1er septembre 2026

Ukrinform, frappes sur Sloviansk et Kramatorsk, un établissement d’enseignement endommagé, 2 septembre 2026

Kyiv Post, Institute for the Study of War, évaluation du 1er septembre 2026

Critical Threats / Institute for the Study of War, évaluation du 31 août 2026, axe Kostiantynivka–Droujkivka

ZDF, Berlin attribue à la Russie la drone de Leipzig, mesures annoncées, 1er septembre 2026

NPR, l’Allemagne accuse la Russie pour la tentative d’attaque de drone à Leipzig, 2 septembre 2026

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